ACTE II
ANNE
Mais, enfin, où demeurera cet homme?
LE ROI
. Hors du palais ; il déteste la cour.
ANNE
" Louis, vous saurez cela plus tard, tout dévouement se paye, et le plus désintéressé en apparence finit souvent par être le plus cher en réalité.
LE ROI
Je suis sûr du peu d'exigence de celui-là.
' • ANNE
Et, sans doute, vous êtes aussi .sûr de sa véracité ?
LE ROI
J'ai des preuves irrécusables de l'un et de l'autre, madame.
ANNE
Tenez, Louis, je suis vraiment folle de me prêter à une plaisanterie faite, sans doute, pour amuser un écervelé comme d'Anjou, une coquette comme mademoiselle de Mancini, et un niais comme Dangeau...
LE ROI
Pardon, madame, mais veuillez croire, je vous prie, que rien n'est plus réel que ce que j'ai l'honneur de vous dire en ce moment.
ANNE
En vérité, vous affirmez cela d'un ton...
LE ROI
Du ton de la vérité, oui, madame.
ANNE
Et, depuis ce matin que cet officieux ami est près de vçus> il vous a déjà, sans doute, révélé force secrets?
LE ROI
Un seul, madame, mais assez important pour qu'il ait attiré toute mon attention.
ANNE. t .
Vraiment ?
LE ROI ? prenant Je bras de sa nière et le passant sous le sien.
Oui, et la découverte de ce secret a doublé, si c'est possible, mon respect, mon affection et ma reconnaissance pour vous, ma bonne mère !
ANNE
En quoi ?
LE ROU
En ce qu'il m'a prouvé qu'en mon absence comme en ma présence, de loin comme de près, vous n'êtes occupée que de mon bonheur.
ANNE
N'est-ce point le premier devoir d'une mère de s'occuper du bonheur de son fils ?