‹ Le Doctorat en Médecine: De l'emploi du Phosphate de ChauxChapitre 6 sur 13 · NO · texte numérisé non relu

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Cependant, bien que le terme de sueurs de sommeil soit en général acceptable, il est bon de tenir compte d’un autre élément, c’est l'existence de la fièvre ; et même le professeur Peter, dans une des ses cliniques à l’hôpital de la Pitié, décrit, parmi les sueurs des phthisiques une variété qu'il appelle sueur fébrile. Nous ne pouvons d’ailleurs faire mieux que de citer ses paroles (1):

« On rencontre chez les phthisiques dessueurs bien différentes dans leur nature, on peut même les diviser en sueurs /ébriles, sueurs fuberculeuses, sueurs colliquatives. Les premières sont celles qui surviennent avec, accès de fièvre que l’on observe surtout dans certaines formes. Les sueurs colliquatives sont celles que l’on observe surtout à la dernière période alors que l'organisme suecombe. Quant aux sueurs tuberculeuses, ce sont celles que l’on pourrait appeler aussi sueurs de sommeil, car elles se produisent non seulement la nuit, mais dans le jour si le tuberculeux dort.

Elles sont liées à l’état général qui engendre le tubercule, et non à l’état du poumon lui-même. Elles sont d’ailleurs malfaisantes, et il importe de les combattre. »

En dehors de ces sueurs fébriles et des sueurs de sommeil, il y a aussi des sueurs qui paraissent chez certains tuberculeux au moindre effort, à la moindre tentative de travail manuel et dont l'apparition

(1) Peter. Bulletin de thérapeutique, t, LXXVIIL p. 565, 187.

&re

s'accompagne chez le malade d’une sensation pé-

nible d’anéantissement et de déchéance vitale.

En résumé : la sueur, presque toujours nocturne, accompagne habituellement le sommeil; mais souvent aussi elle est fébrile, ou peut survenir à l’occasion d’un léger travail musculaire. Ce sont là des

notions utiles à enregistrer pour la thérapeutique de

ce sÿmptôme.

De l’abondance de la sueur nous ne tirerons aucune indication. La quantité varie depuis une simple moiteur jusqu’à traverser « deux ou trois matelas » (1). F'YAl

Un dernier point est à signaler, c’est dans certains cas, la localisation spéciale de ces sueurs, du moins pendant un certain temps. On note, en effet, une prédilection toute particulière des sueurs pour la partie antérieure de la poitrine.

Avant de terminer ce chapitre, il est une question que. nous devons trancher. On sait qu’il a été dit qu’il se produisait chez les tuberculeux un balancement entre les sueurs et la diarrhée et que supprimer la sueur c'était exagérer la diarrhée, en un mot changer un mal pour un autre.

S'il en était ainsi, tout en reconnaissant que les sueurs des phthisiques sont nuisibles, autant vaudrait ne point les traiter.

Certains auteurs vont même plus loin, et accusent la suppression des sueurs d'activer le processus tuberculeux, et d’occasionner des hémoptysies.

(1) Laennec, Traité de l’auscultation, t. Il, p. 230. Rebory, 2

PPT nn):

Ne lit-on pas dans Morton (1) que : les sueurs modèrent la toux; ou elles empêchent l'apparition d’autres symptômes plus graves, et cela est tellement vrai, dit-il, que, tant qu’elles sont modérées, elles ne doivent pas être supprimées par le médecin, sous peine de voir avec leur disparition survenir la diarrhée ou quelque chose de plus grave encore, et même quelque symptôme mortel. »

Graves aussi admettait cette suppléance entre la diarrhée et les sueurs ; demême Kennedyet Hayden. Andral avait signalé une relation entre la sueur ét les hémoptysies. « Souvent, dit-il, les hémoptysies amènent la sueur et cette sueur cesse avec le crachement de sang où après lui. » Mais Andral ne disait pas que la suppression de la sueur amenait l'hémoptysie ; bien au contraire, il admettait, ce qui rentre plus complètement dans les idées exposées plus haut, que les sueurs accompagnent l’hémoptysie, c’est-à-dire qu’elles sont l'indice d’une marche malfaisante de la maladie.

Dans aucune des observations que nous avons lues, chez aucun des malades qu’il nous a été donné d’observer dans le service de M. le professeur Potain, à l'hôpital Necker, jamais nous n'avons relaié cette alternance des sueurs et de la diarrhée, et nous avons toujours noté que, loin de se trouver incommodés de la diminution ou de la suppression des sueurs, les malades s’en sont toujours montrés contents et soulagés, et que s'ils ont été débarrassés

(1) Morton. Phthisiologia, liber secundus, Caput: X,

= 49 = d'un symptôme pénible, ce n’est pas pour l'avoir vu remplacé par un autre plus pénible encore.

Nous ne saurions d’ailleurs résoudre cette question par notre trop courte expérience personnelle. Quelques observations ont été publiées où la suppléance de la sueur par la diarrhée s’est manifestée, mais les auteurs qui les rapportent n’y semblent pas ajouter une foi absolue. C’est du moins l’opinion du D' Mignot (1) qui reconnaît les deux observations qu'il cite comme peu probantes. « Le D' Legougeux (2) cite également deux observations, mais il pense que les troubles intestinaux qu’on a observés sont peut-être survenus spontanément ou sous l’influence du médicament employé (acétate de plomb).

D'ailleurs, aujourd’hui, tout le monde admet l’opinion de Louis avec Deliout, Fouquier, Andral, Fonssagrives, Hérard et Cornil et l’on peut terminer cette discussion’ en répétant avec M. le professeur Peter : « Ces sueurs sont malfaisantes et ïl importe de les combattre. »

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