SAINT BARNABE
Le Christ souffrant. {Barn., v.)
Si le Seigneur a enduré que sa chair fût livrée à la destruction, c'était afin de nous purifier par la rémission des péchés, laquelle s'opère par l'aspersion de son sang. L'Écriture parle de lui à ce sujet, en partie pour Israël, an partie pour nous, et s'exprime ainsi : « Il a été blessé à cause de nos iniquités, il a été brutalisé à cause de nos péchés ; et c'est par sa meurtrùisure que nous a<,'ons été guéris. On Va conduit comme une brebis à Véuorgenwnt, et il était comme un agneau sans ç^oix datant celui qui le tond. » ^
Nous devons donc de toutes nos forces rendre grâce au Seigneur, de ce qu'il nous a fait connaître le passé, expliqué le présent, donné une certaine intelligence de l'avenir. Or l'Écriture porte : « Ce n'est pas à tort qu'on tend des filets pour les oiseaux » ^ ce qui signifie qu'on mérite de périr, lorsqu'ayant connaissance du chemin de la justice, on se tient dans le chemin des ténèbres.
Autre chose encore, mes frères : si le Seigneur a enduré de souffrir pour nos âmes, alors qu'il était le seigneur de l'univers, à qui Dieu a dit dès la fondation du monde : « Faisons Vhomme à notre inuige et ressemblance » ^, comment du moins a-t-il enduré de souffrir par la main des hommes ? Apprenez-le. Les prophètes, par une grâce qu'ils tenaient de lui, ont prophétisé sur son compte. Or comme il fallait qu'il se manifestât dans la chair pour abolir la mort et prouver la résurrection d'entre les morts, il a enduré de souffrir ainsi, afin d'acquitter la promesse faite à nos pères, afin de se préparer pour lui-même le peuple nouveau, et de montrer dès le temps de son séjour sur la terre, que c'est lui qui opère la résurrection des morts, lui qui procédera au jugement.
Enfin, tandis qu'il instruisait Israël et accomplissait