‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 9 sur 150 · SAINT BARNABE · texte numérisé non relu

SAINT BARNABE

fin s'est trouvée pleine de fruit et de perfection ; ils n'ont plus à craindre que l'on vienne les expulser de la place qui leur est assignée. Car nous en voyons quelquesuns qui vivaient dignement et que vous avez destitués du nainistère qu'ils exerçaient sans reproche et avec honneur.

Vous rivalisez, frères, et avec ardeur dans les choses qui concernent le salut. Vou«; vous êtes longuement penchés sur les Écritures sacrées, véridiques, dues au Si^int- Esprit. Vous savez que rien de ce qui y est écrit n'est injuste, ni falsifié ; or vous n'y trouverez pas que des justes aient été chassés par des saints. Il y a eu des justes persécutés, mais par des pécheurs ; ils ont été emprisonnés, mais par des impies ; lapidés, mais par des criminels ; tués, mais par des hommes ayant conçu une. jalousie détestable et inique... Mais pourquoi parmi vous des querelles, des emportements, des dissensions, des schismes et la guerre ?... Votre schisme a dévoyé bien des âmes : il en a jeté beaucoup dans le doute, et nous tous dans la tristesse. Et vos dissensions se prolongent !

m. LETTRE DITE DE SAINT BARNABE.

Cette lettre, faussement attribuée à saint Barnabe, auxiliaire et compagnon de saint Paul, ressemble sinon par la vigueur des pensées et la force des expressions, du moins par ses tendances et son but, à VÉpître aux Hébreux. Elle est adressée par un auteur inconnu à une communauté chrétienne, qui semblait trop ouverte aux influence judaïsantes. Il ne manquait point à cette époque, et dans la région palestinienne, de chrétiens venus du judaïsme, qui, méconnaissant la portée de la révolution opérée dans le monde religieux par la prédication de l'évangile, considéraient volontiers le Christianisme comme une secte juive^ et voulaient imposer, même aux chrétiens venus du paganisme, l'ensemble des pratiques

juives désormais abolies. Ce danger, que saint Paul avait autrefois vigoureusement combattu, inspire à l'auteur de notre lettre une diatribe passionnée contre le Judaïsme et ses observances. Figure et préparation de la nouvelle Loi, la Loi ancienne ne saurait prétendre à s'imposer aux chrétiens, libérés par le Christ. — Comme la lettre de saint Clément, l'épître de Barnabe a trouvé place dans quelques manuscrits anciens de la Bible. Sa date ne peut être déterminée avec précision ; les critiques hésitent entre les dernières années du I®' siècle et le premier quart du second. C'est vraisemblablement à Alexandrie qu'elle -a été composée.

Les Juifs ont perdu leurs droits sur l'Ancien Testament.

{Bani.^ IV, 6-8.)

Je vous en supplie encore une fois, moi qui suis l'un d'entre vous, et qui vous aime tous d'un amour particulier, plus que ma vie ; faites attention à vous-mêmes, ne ressemblez pas à certaines gens, en accumulant péché sur péché et répétant que F (Ancien) Testament est à la fois leur bien et le vôtre. Il est nôtre à la vérité, mais eux, ils ont perdu pour jamais le testament reçu autrefois par Moïse. L'Ecriture dit en effet : « Et Moïse persista dans le jeûne, sur la montagne pendant quarante jours et quarante nuits et il reçut du Seigneur le Testament, les tables de pierre écrites avec le doigt de la main du Seigneur. » ^ Ce testament, ils l'ont perdu, pour s'être tournés vers les idoles. Car ainsi parle le Seigneur : « Moïse, Moïse, descends bien vite, car il a péché, ton peuple que tu as tiré de la terre d'Egypte. » ^ Moïse s'en rendit compte, et jeta de ses mains les deux tables, et leur testament se brisa, afin que celui du bien-aimé Jésus fût imprimé dans nos cœurs par l'espérance de la foi en lui.

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