‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 100 sur 150 · I Corinthiens, viii, 1. — 2. Jean, xv · texte numérisé non relu

I Corinthiens, viii, 1. — 2. Jean, xv

en nous », * dans ce sens que c'est par pure humilité que nous devons nous reconnaître pécheurs, tandis que nous ne le sommes pas en réalité : qu'il soit anathème. Car l'apôtre continue par ces mots : « Mais si nous confessons nos péchés^ Dieu est fidèle et juste pour nous Us pardonner et nous purifier de toute iniquité. » Où il paraît clairement que ces paroles ne sont point dites par un sentiment d'humilité, mais par celui de la vérité. L'apôtre en effet pouvait dire : « Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous enorgueillissons nous-mêmes, et l'humilité n'est point en nous. » Mais en disant : « Nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous », il montre assez que celui qui se dit sans péché ne dit point la vérité, mais le mensonge.

8) Quiconque dit que les saints ne prononcent pas pour eux-mêmes ces paroles du Paier : v Pardonnez-nous nos péchés », ' parce qu'ils n'ont pas besoin de faire cette prière pour eux, mais seulement pour les pécheurs de leur peuple, et que c'est pour cette raison que les saints disent : « pardonnez-nous ». et non pas : « pardonnezmoi », : qu'il soit anathème. En effet l'apôtre Jacques était saint et juste, quand il disait : « Tous^ tant que nous sommes, nous offensons Dieu en beaucoup de choses. » ' Pourquoi ajouter le mot tous, sinon pour que cette parole fût d'accord avec le psaume où on lit : « N^entrez point en compte avec votre servittur, car nul être vivant ne sera trouvé juste devant vous. » * Et dans la prière du très sage Salomon, il est écrit : « Il nhj a point dliomme qui ne pèche »,* et dans le hvre du très saint patriarche Job: ^Dieu met un sceau sur la main de tous les hommes^ afin que tous connaissent leur faiblesse. » • Aussi Daniel, saint et juste personnage, dit-il au pluriel, dans sa prière :

1. I^JeaD, I, 7-9. — 2, Matthieu, ▼!, 12. — 3. Jacques, m, 2. — 4. Psaume cxlii, 2. — 5. II Paralipomènes, vi, 3S. — 6. Job, xxxvii, 7.

« Nous avons péché, nous aidons commis Viniquitè », ^ et le reste de sa confession humble et véritable. Et pour qu'on ne pût croire^ comme le font quelques-uns, qu'il s'agissait non de ses péchés, mais de ceux 4e son peuple, il ajoute : « Alors que je priais et que je confessais mes péchés et les péchés de mon peuple^ au Seigneur mon Dieu. » Il n'a pas voulu dire « nos péchés » mais « ceux de mon peuple et les miens », car, étant prophète, il a prévu, qu'on voudrait détourner le sens de ses paroles.

9) Quiconque prétend que les saints prononcent ces paroles de l'oraison dominicale : « Pardonnez-nous nos péchés » par pur sentiment d'humilité, et non pas dans toute la vérité du mot : qu'il soit anathème. Qui pourrait en effet supporter cette idée que celui qui prie mente non point aux hommes, mais au Seigneur lui-même en disant des lèvres qu'il souhaite le pardon de ses fautes et de cœur qu'il n'a point de péchés à se faire pardonner.

La Rédemption de la mort. {Sermon 344, 3 et 4.)

Vous devez mourir un jour et vous ne voulez point mourir, et cependant vous mourrez nécessairement, bien que vous refusiez toujours de mourir. Agissez, travaillez, faites tous vos efforts pour ne point mourir, vous n'aboutissez à rien, vous, n'avez aucun pouvoir pour détruire cette nécessité de la mort. Cette mort que vous craignez, viendra malgré vous ; vous avez beau la retarder, elle viendra en dépit de tous vos efforts. Vous faites tout pour différer la, mort, faites-vaus quelque chose pour y échapper ? Si ceux^ qui sojit épris de Tamour de cette vie font tant pour en retarder le moment, que ne doiventils pas faire pour en être à jamais exempts ? Voua ne vouie» pas mourir, j*en suis certain, transformai doffic

Page 1