Romains, v
des péchés ; afin que la régénération purifie en eux ce que la génération leur a fait contracter.
3) Quiconque prétend que les paroles du Seigneur : i( Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père » ^ doivent s'entendre en ce sens qu'il existe dans le royaume des cieux ou ailleurs un lieu intermédiaire où les enfants morts sans baptême vivent heureux, tandis que sans le baptême ils ne peuvent entrer dans le royaume des cieux, c'est-à-dire dans la vie éternelle : qu'il soit anathème. Car le Seigneur a dit : « Quiconque ne renaît de Veau et de VEsprit^ n'entrera point dans le royaume des cieux ». * Dès lors quel catholique hésiterait à proclamer cohéritier du démon, celui qui n'a point mérité d'être cohéritier du Christ ? Celui qui ne sera pas à la droite de celui-ci, sera inévitablement à sa gauche ^
4) Quiconque dit que la grâce de Dieu, qui justifie l'homme par Jésus-Christ Notre-Seigneur, procure simplement la rémission des fautes déjà commises, mais ne fait pas éviter les fautes à venir : qu'il soit anathème.
1. Jean, xiv, 2. — 2. Jean, m, 5. — 3. Ce canon 3«, relatif au sort des enfants morts sans baptême, manque à plusieurs des collections canoniques, d'où nous vient le texte du concile. Mais c'est là une suppression voulue ; car le ^texte est certainement authentique. Il exprime d'ailleurs, on ne peut plus nettement, la pensée d'Augustin. Comparer ce que celui-ci écrit : « Qu'on n'aille point promettre aux ^enfants fnon baptisés un lieu qui ne soit ni le ciel, ni l'enfer, mais quelque chose d'intermédiaire, placé n'importe où et devant être pour eux un séjour de repos et d'une félicité quelconque. C'est ce qiij'avait avancé déjà l'hérésie pélagienne ; elle ne craignait point Tenf^r pour les enfanV^, qu'elle disait frxempts det toul péch^ d'originç ; mai* elle na leur, promettait pourtant pas le royaume des cieux ; s'ils n'avaient pas reçu le baplôme. <> {De anima et e/us origine, I, 9). Les théologiens postérieurs sauront apporter quelqfiie admicissement k (a sév^té de saint Augustin.
5) Quiconque prétend que cette grâce de Dieu qui nous est donnée par Jésus-Christ Notre-Seigneur ne nous aide vers Timpeccabilité, qu'en nous procurant une intelligence plus claire des commandements et en nous faisant mieux voir ce que nous devons désirer et ce que nous devons éviter ; mais qu'elle ne nous donne aucune force pour aimer et pratiquer ce que nous savons être bon : qu'il soit anathèmo. Car l'apôtre dit : « La science enflct mais la charité édifie, » * Il est donc tout à fait impie de croire que nous avons la grâce du Christ pour cette science qui enfle, que nous ne l'avons point pour la charité qui édifie ; l'une et l'autre en effet sont un don de Dieu ; l'une nous fait connaître ce que nous devons accomplir, l'autre nous le fait aimer, et quand la chaiité nous édifie, la science ne peut plus nous enfler. S'il est écrit de Dieu qu'il enseigne aux hommes la science, il est écrit aussi que la charité vient de Dieu.
6) Quiconque déclare que la grâce de la justification nous est uniquement donnée pour que nous puissions faire avec plus de facilité ce que nous sommes tenus de faire avec les forces de notre volonté libre, si bien que, sans la grâce, nous pourrions remplir, quoique avec plus de difficulté, les commandements divins : qu'il soit anathème. En effet, en parlant de l'accomplissement des préceptes divins, le Seigneur n'a pas dit : « Sans moi vous ne les accomplirez qu'avec difficulté » mais bien : a Sa?is moi vous ne pouvez rien faire. » ^
7) Quiconque entend ces paroles de l'apôtre saint Jean : « Quand nous disons que nous sommes sans péckéf nous nous trompons nous-mênwsy et la vérité n'est pas