Ephôsiens, v
coulons^ non pas être dépouillés, mais revêtus par dessus, en sorte que ce qui est mortel soit absorbé par la i>ie. »* Vous ne voulez pas être dépouillé, vous le serez nécessairement ; mais ce qui doit faire l'objet de vos pensées et de vos efforts, c'est qu'après avoir été dépouillé par la mort de votre tunique de chair, on vous trouve revêtu de la cuirasse do la foi, comme l'ajoute l'Apôtre : a si toutefois nous sommes trouvés vêtus et non pas nus, »
La première mort vous dépouillera de votre chair, qui sera mise de côté pendant quelque temps, et dont vous serez de nouveau revêtu au temps marqué, que vous le vouliez ou que vous ne le vouliez pas. En effet il ne dépend pas de votre volonté de ressusciter ou de ne pas ressusciter ; et quand même vous refuseriez de croire à la résurrection, il ne s'ensuit pas que vous n'y aurez point de part. Puisque, bon gré, mal gré vous devez nécessairement ressusciter, faites donc bien plutôt vos efforts pour avoir en ressuscitant ce que vous désirez. Notre-Seigneur Jésus l'a dit en termes formels : « L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu et ils en sortiront^, les bons comme les méchants. Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et sortiront, ils sortiront de leurs retraites les plus cachées. A la voix du Créateur, auteur de la vie, aucune créature ne pourra retenir un seul |j mort. Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu, et ils en sortiront. En disant tous, il semble tout mêler et tout confondre. Mais écoutez, voici le discernement : Et ceux qui ont bien fait en sortiront pour la résurrection à la vie ; mais ceux qui auront mal fait pour la résurrection au jugement, »
Or ce jugement qui attend les impies après la résur* rection s'appelle la secorxdc mort. Pourquoi donc vous^ chrétien, craignez-vous tant cette première mort ? Elle
viendra malgré vous, elle arrivera malgré vos résistances. Vous vous rachetez des mains des barbares ; pour échapper à la mort, vous vous rachetez à grand prix, vous sacrifiez, s'il le faut, tous vos biens, et vous dépouillez pour cela vos enfants, mais à peine racheté, vous mourrez demain. C'est des mains du démon qu'il faut vous racheter ; car c'est lui qui vous entraîne à la seconde mort, où il sera dit aux impies placés à la gauche : « Allez^ maudits^ au feu éternel qui a été préparé au démon et à ses anges. » ^ C'est de cette seconde mort qu'il faut vous racheter.
Vous me demanderez comment ? Ne cherchez ni boucs, ni taureaux, ne fouillez même pas dans votre coffre, et ne dites point en vous-même : Pour me racheter des mains des barbares, j'avais de l'argent. Pour vous racheter de la seconde mort, ayez la justice. Les barbares auraient pu tout d'abord vous enlever votre argent et vous emmener ensuite en captivité, sans que vous ayez de quoi vous racheter, puisqu'ils seraient à la fois maîtres de vous et de tout ce que vous possédez ; mais pour la justice, vous ne pouvez la perdre malgré vous ; elle demeure dans le trésor intime de votre cœur ; gardezla soigneusement, qu'elle soit vraiment votre possession, par elle vous serez racheté de la seconde mort. Si vous refusez, vous ne serez point racheté, parce qu'il dépend uniquement de vous de prendre les moyens d'assurer votre rédemption. La volonté obtient du Seigneur la justice, et la puise en lui comme à sa source. L'accès de cette source n'est interdit à personne, s'il en est digne.
Considérez aussi la grandeur du secours qui vous est accordé. Votre argent vous a racheté des mains des barbares, il vous a racheté de la première mort, mais le sang de votre Seigneur vous a racheté de la seconde