‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 105 sur 150 · Psaume lxxvi · texte numérisé non relu

Psaume lxxvi

n'est pas en considération de leurs mérites, mais par la miséricorde divine. Si toutefois on veut appliquer ces paroles du Psalmiste à tous les hommes, on ne doit pas aller jusqu'à croire qu'il y aura une fin pour le supplice de ceux dont il est dit ; Ils iront au supplice éternel^ car il faudrait croire aussi qu'il y aura une fin au bonheur de ceux dont l'Évangile a dit au contraire : Mais les justes iront à la vie éternelle. On peut, toutefois, si l'on veut, penser que le supplice des damnés sera de temps en temps suspendu, comme un adoucissement apporté à leurs tourments. Tout en comprenant la chose de cette manière, on n'en doit pas moins croire que la colère de Dieu, c'est-à-dire, non une perturbation de son esprit divin, mais la condamnation qu'il aura prononcée contre les méchants, ne cessera de peser sur eux, mais que cette colère, tout en restant sur les impies, n'arrêtera pas les effets de sa miséricorde, non en mettant une fin à leur condamnation, mais en l'adoucissaiit par la suspension momentanée de leur supplice. — Le Psalmiste ne dit pas, en effet, que la colère de Dieu aura une fin, ou qu'après la colère viendra la miséricorde, mais que dans sa colère^ Dieu n'arrêtera pas les effets de sa commisération. Quand bien même cette colère serait considérée dans ses effets les moins rigoureux, c'est-à-dire à n'avoir aucune part au royaume de Dieu, à être exilés de la cité de Dieu, à être exclus de la vie de Dieu, à être privés de l'abondance des délices qu'il tient en réserve pour ceux qui le craignent, et qu'il réserve à ceux qui mettent leur espérance en lui ; cette punition cependant est si grande, qu'on ne saurait la comparer à aucun tourment que nous puissions imaginer, dussent ces tourments se prolonger pendant une suite innombrable de siècles, si cette colère ou cette punition du Seigneur devait être étemelle.

La mort des réprouvés, c'est-à-dire leur privation de

la vie de Dieu, sera donc étemelle et leur sera commune à tous, quelque opinion qu'on se fasse, selon les mouvements d'humanité qu'on éprouve, de la variété de leurs supplices, des soulagements et des intervalles de repos accordés à leurs souffrances, comme la vie éternelle des saints Jeur sera commune à tous, quelle que soit la différence des honneurs dont ils brilleront.

Les doctrines de saint Augustin, principalement en ce qui concerne la prédestination et la grâce prévenante, ne trouvèrent pas en tous lieux un accueil favorable. C'est surtout dans le midi de la Gaule qu'elles soulevèrent une vive opposition, dont le centre se trouvait au célèbre monastère de l'île de Lérins, foyer de la vie intellectuelle et religieuse en Provence au début du V siècle. C'est à un moine de ce monastère, Vincent, qu'il faut attribuer un petit écrit intitulé Commonitorium, V Avertissement, paru d'abord sous le voile de l'anonyme, et qui a joui dans l'Église occidentale d'une réputation méritée. Préoccupé des nouveautés religieuses que les controverses christolôgiques ont fait naître en Orient, inquiet aussi de l'allure que prennent certains développements de la théologie augustinienne, Vincent de Lérins s'efforce de résoudre le problème complexe que pose la vie du dogme chrétien. Comment peut-on concilier la nécessaire fixité de l'enseignement ecclésiastique avec le développement indispensable de ses diverses parties ? En plus d'une rencontre, Vincent de Lérins a trouvé sur ce point des formules singulièrement nettes qui ont fait le succès de son petit livre, et lui ont valu en ces derniers temps un regain de popularité.

Le dépôt de la foi est un dépôt intangible. (Commo/iiïormm

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