‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 110 sur 150 · III Rois, xvin, 19.38, X r^^^^^J^ ~~^^^i^x · texte numérisé non relu

III Rois, xvin, 19.38, X r^^^^^J^ ~~^^^i^x

sont appelées à radministration des choses du ciel, à l'exercice d'un pouvoir que Dieu n'a donné ni aux anges, ni aux archanges. Car ce n'est pas à ceux-ci qu'il a été dit : a Ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel ; ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » K Les puissants de la terre ont, eux aussi, le pouvoir de lier, mais seulement les corps ; le lien dont parle l'évangile est un lien qui saisit l'âme et qui s'étend jusqu'aux cieux : tout ce que font ici-bas les prêtres, Dieu le ratifie là-haut ; le Maître confirme la sentence de ses serviteurs. Il leur a donné pour ainsi dire la toute-puissance dans le ciel. Il dit : « Ceux à qui vous remettrez les péchés^ ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus y>KEst-ï\un pouvoir plus grand que celui-là? Le Père a donné au Fils tout jugement^; et je vois le Fils remettre ce même pouvoir tout entier aux mains de ses prêtres. Ne dirait-on pas que Dieu les a d'abord introduits dans le ciel, qu'il les a élevés au-dessus de la nature humaine et délivrés de la servitude de nos passions pour les revêtir ensuite de cette autorité suprême ? Si un roi admettait un de ses sujets à partager sa puissance, et lui accordait le privilège d'emprisonner ou d'élargir qui bon lui semblerait, un tel honneur attirerait à cet homme l'envie et la considération du monde ; et celui qui reçoit de Dieu une puissance aussi supérieure à celle-là que le ciel est supérieur à la terre, et l'âme au corps, n'aura reçu, au jugement de certaines personnes, qu'une dignité médiocre, une dignité telle enfin qu'on pourra soupçon* ner quelqu'un d'en avoir méprisé l'honneur et le don ? Quelle fohe ! Mépriser une fonction sans laquelle il n'y a pas de salut pour nous, ni d'accomphssement des promesses divines ! Nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu, s^il ne renaît de Veau et V Esprit- Saint, Qui ne fnange pas la chair du Seigneur et ne boit pas son sang,

1. Matthieu, xviii, 18. ~ 2. Jeart, JtXj 23. -' 3. Jean, v, 22.

300 LA SECONDE ÉCOLE d'aNTIOCHE

est exclu de la vie é/er/icWei. Tout cela ne peut être conféré que par des mains sanctifiées, donc par celles des prêtres ; et dès lors quel moyen y aurait-il, sans leur ministère, d'éviter le feu de Tenfer, ou de parvenir aux couronnes qui nous sont réservées.

L'enfantement spirituel des âmes est leur privilège ; eux-seuls les font naître à la vie de la grâce par le baptême ; par eux nous sommes ensevelis avec le Fils de Dieu, par eux nous devenons les membres de ce chef divin. Aussi devons-nous non seulement les respecter plus que les princes et les rois, mais encore les chérir plus que nos propres parents. Ceux-ci nous ont fait naître du sang et de la volonté de la chair^; les prêtres nous font naître enfants de Dieu ; nous leur devons notre régé*nération, la vraie liberté dont nous jouissons, notre adoption dans l'ordre de la grâce.

Les prêtres juifs avaient seuls le droit de guérir la lèpre, ou plutôt ils ne guérissaient pas, ils jugeaient seulement si l'on était guéri ; et tu sais avec quelle ardeur on briguait chez les Juifs la dignité sacerdotale. Pour nos prêtres, ce n'est pas la lèpre du corps, mais la lèpre de l'âme, dont ils ont reçu le pouvoir, non de vérifier, mais d'opérer l'entière guérison. Ceux qui les méprisent sont donc plus sacrilèges que Dathan et ses compagnons, et dignes d'un plus sévère châtiment. Ceux-ci, en prétendant à une dignité qui ne leur appartenait pas, témoignaient du moins l'estime particulière qu'ils en faisaient par l'ambition même qui les portait à la vouloir usurper...

Mais je reprends mon sujet où je l'ai laissé. Qu'il s'agisse de punitions à infliger, ou de grâces à distribuer, les prêtres ont reçu de Dieu un plus grand pouvoir que nos parents dans l'ordre de la nature. Entre les uns et les autres la différence est aussi grande qu'entre la vie présente et la vie future. Nos parents nous engendrent

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