‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 119 sur 150 · I Timothée, m · texte numérisé non relu

I Timothée, m

driez pas d*avoir employé cotte image. Tout d'abord, en déclarant que c'est par la chair que se manifeste la nature invisible, l'Apôtre permet de considérer la chair comme le voile de la divinité ; mais de plus il s'est servi expressément de ce mot dans l'Épitre aux Hébreux. K Ainsi donCj mes frères, puisque nous aQons par le sang de Jésus libre entrée dans le sanctuaire par la route noucelle et vii^ante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire de sa chair, et puisque nous avons un grand-prêtre établi sur la maison de Dieu, qui s"* approche avec vérité, avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi ^, etc. »

Er. : Démonstration irréfutable, puisqu'elle est fondée sur le témoignage apostolique.

Orth. : Ne nous accusez donc plus d'innover.

L'Orthodoxe apporte ensuite un certain nombre de textes scriptur aires, qui prouvent V existence dans le Christ d^une nature humaine.

Er. : Vous venez d'apporter nombre de témoignages tirés des apôtres et des prophètes ; mais moi je m'en tiens à l'évangéhste qui dit : le Verbe s^est fait chair ^

Orth. : Et moi aussi, je crois ce divin enseignement ; mais je l'interprète selon la piété ; c'est en prenant une chair et une âme raisonnable que le Verbe s'est fait chair. Si le Verbe divin n'a rien pris de notre nature, les promesses, faites avec serment aux patriarches par le Dieu de l'Univers, ne sont plus vraies ; la bénédiction donnée à Juda est incompréhensible, menteuse la promesse faite à David, inutile enfin la Vierge elle-même, puis-

1 Hébreux x, 19 sq. — 2. Les monophysites entendaient ces mots dans le sens que la nature divine s'était transformée en une nature nouvelle humano-divine ; les orthodoxes au contraire prétendent que l'immutabilité divine s'oppose à une telle transfotmation.

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qu'elle n'a rien donné de notre nature au Verbe incarné ; les prédictions des prophètes tombent dans le vide ; et donc aussi notre prédication est vaine, vaine notre foi, vaine aussi l'espérance de la résurrection. L'apôtre ment quand il déclare que Dieu nous a ressuscites et fait asseoir dans le ciel en la personne du Christ Jésus^\Ca.T si le Christ notre maître n'a rien de notre nature, il est faussement appelé le premier-né du genre humain ; la nature de son corps n'est point vraiment ressuscitée des morts, elle ne siège point dans le ciel à la droite du Père. Si le Christ ne possédait rien de tout cela, comment Dieu nous a-t-il ressuscites avec le Christ, étabhs dans le ciel avec lui, puisque nous ne participons en rien de sa nature ? Mais quelle impiété que de parler de la sorte! Car le grand apôtre, avant même que soit accomplie la résurrection générale, avant même que le royaume des cieux soit donné aux croyants, s'écrie : Dieu nous a ressuscites et nous a fait asseoir dans le royaume céleste^ dans le Christ Jésus. Il veut nous montrer par là que, les prémices de l'humanité étant ressuscitées et assises à la droite de Dieu, nous aussi nous aurons part à la résurrection, et que ceux-là participeront à la gloire des prémices qui participent à la même nature et qui ont reçu la foi.

Er.: Voilà une longue^déduction, et fort véritable; mais je voudrais connaître le sens de la parole évangélique.

Orth, : Il n'est nul besoin d'une explication étrangère au texte, car l'évangéhste a pris soin d'expliquer luimême sa parole. Après avoir dit : le Verbe s'' est fait chair^ il ajoute : et il a habité parmi nous. C'est-à-dire : ayant planté sa tente parmi nous, et s'étant servi pour ainsi dire de notre chair qu'il avait prise, comme d'un temple, il est dit s'être fait chair. Et pour montrer que le Verbe était resté immuable, l'Évangile continue : Et nous avons contemplé sa gloire^ gloire que le Fils unique tient du Père^

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