LS DOGME
322 LA SECONDE ÉCOLE d'aNTIOCHE
Er. : Les Juifs étaient aveuglés par leur incrédulité, et c'est pourquoi ils tenaient ce langage.
Orih. : Si vous découvrez que les apôtres avant la résurrection parlaient de la même manière, accepterezvous mon explication ? Or je les entends dire dans la barque, après le grand miracle de la mer apaisée: « Quel est donc cet homme, pour que les cents et la mer lui obéissent ? » ^
Er. : C'est démontré. Mais, dites-moi, le divin apôtre déclare bien que le Verbe est i>enu dans la ressemblance de V homme.
Orih. : Ce que le Verbe a pris, ce n'est point la ressemblance, mais la nature de l'homme. La forme de l'esclave, c'est la nature de l'esclave, comme la forme de Dieu, c'est la nature de Dieu. Ayant donc pris cette forme de l'esclave, il est devenu semblable aux hommes, il s'est montré sous l'apparence de l'homme. Étant Dieu, il paraissait être un homme à cause de la nature qu'il avait prise. Or l'évangéhste exprime cette idée qu'il est devenu semblable aux hommes en disant simplement : il s^est fait chair. Et si vous voulez savoir dans quel esprit sont les disciples qui virent la réalité de la chair du Sauveur, écoutez ce que dit le grand apôtre Jean dans l'épitre cathoUque : « Tout esprit qui confesse que Jésus est venu dans la chair, est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas que Jésus est venu dans la cnair^ n'est pas de Dieu, c^est V esprit de V Antéchrist. «^
Er. : Vos arguments ne manquent pas de force ; mais je serais curieux de savoir comment les anciens Pères ont compris la formule : le Verbe s^est fait chair.
Orth. : Il fallait d'abord vous convaincre par une démonstration empruntée aux apôtres et aux prophètes. Mais puisque vous réclamez les explications données par ,