IIL L'ARBITRAGE DE L'ÉGLISE ROMAINE
Cyrille était à peine mort que la paix religieuse, assurée par l'accord de 433 entre Alexandrie et Antioche, était dé nouveau compromise. Un des plue chauds partisans de Cyrille dans sa lutte contre Nestorius, le moine Eutychès, prétendait abriter sous l'autorité du grand patriarche alexandrin un«
1. On remarquera que Cyrille dans le 11* anathématîsme avail condamné ceux qui parlaient de la chair cérame de la demeure de la divinité. En souscrivant la profession des Orientaux il montre que cette expression est susceptible d'une interprétation orthodoxe.— 2. Le 40 anathématisme est certainement visé ici. On reconnaît qu'il est légitime de distinguer entre les expressions qui visent la nature, divine et celtes qui visent la nature humaine, à condition de ne pas les rapporter à deux personne!! distincte». Au fend Ojriùi n avait pas dit autre c^ose.
hérésit tout opposée à celle de Nestorius, mais non moins inquiétante ; sous prétexte de relever le Christ autant que possible, Eutychès finissait par faire de lui un êtfe absolument étranger à l'humanité. Jésus était consubstantiel à son Père céleste, il ne l'était pas à sa mère, ne lui devait rien, n'avait rien tiré d'elle ; son corps, son âme, son esprit, tout cel4 appartenait à la di\inité.
Condamné par l'archevêque de Gonstantinople, Flavien, Eutychès avait su intéresser à sa cause le successeur de Cyrille, Dioscore, toujours trop heureux de dresser Alexandrie contre Antioche ou contre Gonstantinople. La cour impériale avait pris également son parti. Il fut décidé qu'un concile général serait tenu à Éphèse dansl.espremiersjoursd'août449; le Pape Léon, qui gouvernait alors l'Église Romaine, y fut convoqpié. Il se borna à envoyer des légats, porteurs d'une série de lettres, dont la plus considérable est celle qui est adressée à Flavien. Avec la précision d'un juriste et l'habileté d'un théologien, le Pape y exprimait d'une manière admirable la doctrine de l'Incarnation : deux natures, dans l'unité d'une seule personne ; deux vraies natures, agissant chacune pour son compte, mais d'accord et en coopération. Nettement le Pape se plaçait sur le terrain de l'acte d'union de 433 ; il était même beaucoup plus explicite, n'ayant à compter avec les répugnances de qui que ce fût. Ce lumineux document qui fait tant d'honneur à la science théologique du pape saint Léon, aurait dû rallier tous les amis véritables de l'orthodoxie. Les légats du Pape avaient pour consigne d'en exiger la souscription pure et simple. La rude poigne de Dioscore les empêcha d'accomplir leur mandat , le conciie réuni à Éphèse se transforma en un guet-apens, que le Pape Léon flétrira du nom de Brig?indage. Flavien y est déposé, Théodoret condamné ; Eutychès déclaré orthodox' . Il ne faudra rien moins qu'un changement d'empereur pour amener le triomphe des idées romaines. Le Concile de Chalcédoine 451 fera de la lettre de Léon à Flavien le signe de ralliement de l'orthodoxie ; la formule de Léon a une seule personne en deux natures » sera dorénavant l'expression authentique de la foi catholique
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L'union des deux natures dans l'unité de personne
(Lettre à Flavien ; S. Leon.^ epist. 28).
Votre lettre que nous nous étonnons d'avoir reçue si tard, et les actes synodaux qui l'accompagnent, nous ont fait connaître enfin le scandale qui vient de se produire chez vous à l'encontre de la vraie foi. Ce qui jusqu'à présent était dissimulé, est devenu maintenant tout à fait clair. Eutychès, que son titre de prêtre semblait recommander, a fait preuve dans cette affaire de beaucoup d'imprudence et d'ignorance, en sorte qu'on peut lui appliquer la parole du prophète : Il rCa pas voulu comprendre^ afin de bien agir ; il a médité le mal sur sa couche. ^ Or qu'y a-t-ildeplus inique que d'entretenir des pensées impies et de ne pas céder à plus sage et à plus savant que soi ? C'est dans cette foHe que tombent ceux qui, empêchés par quelques obscurités de connaître la vérité, ne recourent point aux paroles des prophètes, aux lettres des apôtres, aux démonstrations de l'Évangile, mais à eux-mêmes. Ils deviennent ainsi des maîtres d'erreur, pour n'avoir point été' disciples de la vérité. Quelle connaissance peut-il avoir de l'Ancien et du Nouveau Testament, celui qui ne comprend même pas le commencement du Symbole. Ce que, dans le monde entier, professe la voix des néophytes, le cœur de ce vieillard ne peut encore le comprendre...
L'ensemble des fidèles déclare: « je crois en Dieu le Père tout-puissant, et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur qui est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie ». Ces trois propositions suffisent presque pour vaincre toutes les hérésies. Car celui qui croit en Dieu le Père tout-puissant reconnaîtra que le Fils est coéternel au Père, dont il ne diffère en rien, puisqu'il est Dieu de Dieu, tout-puissant du tout-puissant, coéternel de
i. Psâiime XXXV, 5.
l'éternel, n'étant ni postérieur quant au temps, ni moindre quant à la puissance, ni inégal quant à la jgrJoire, ni séparé quant à la substance. Et ce Fils unique, éternel, d'un Père éternel, est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie. Cette naissance temporelle n'a rien retranché, rien ajouté à la naissance divine et éternelle ; son unique raison d'être a été le salut de l'homme trompé par le démon, le Fils de Dieu par son pouvoir devant vaincre la mort et détruire le diable, qui jusque-là avait l'empire de la mort. Car nous ne pou\'ions dominer ni le péché, ni l'auteur de la mort, si Lui, que le péché ne pouvait souiller, ni la mort retenir captif, n'avait pris notre nature et ne l'avait faite sienne. Il a donc été conçu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge, qui l'enfanta sans perdre sa virginité, de même qu'elle l'a conçu sans que cette virginité reçût la moindre atteinte. Si pourtant Eutychès ne pouvait puiser à cette source très pure de la foi chrétienne une compréhension exacte de la vérité, car son propre aveuglement avait enténébré pour lui la splendeur éclatante de la vérité, il aurait dû tout au moins se soumettre à l'enseignement de l'Évangile. Après avoir lu dans saint Matthieu : Lwre de la généalogie de Jésus-Christ^ fils de David^ filsd'' Abraham^ ^ il aurait demandé à la prédication apostolique ses enseignements. Il aurait lu dans l'Épître aux Romains : Paulj serviteur de Jésus-Christ^ appelé à Vapostolat^ mis à part pour annoncer V évangile de Dieu, qu'il avait promis autrefois par ses prophètes dans les saintes Écritures, évangile qui concerne son Fils, né de la postérité de David selon la chair ^. Il serait passé ensuite avec une pieuse sollicitude aux pages des prophètes ; il y aurait trouvé la promesse de Dieu disant à Abraham : Dans ta postérité seront bénies toutes les nations^ ; et pour ne point avoir de doute sur le caractère de cette postérité, il
i. Matthieu, i, 1. — 2. Romains, i, 1-4. — 3. Genèse, xii, 3.
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aurait écouté renseignement do TApôtre : Les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Dieu ne dit pas ses descendants, comme s'il y en avait plusieurs ; il rCy en a qu^un : dans ta postérité ; c^est le Christ ^. Il aurait compris la prophétie d'Isaïe : Voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils, et on rappellera Emmanuel, c^ est-à-dire Dieu avec nous^. Il aurait lu avec foi les paroles du même prophète : Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la domination reposera sur son épaule, et on rappellera Vange du grand Conseil, V Admirable, le Conseiller, le Dieu fort, le Prince de la paix, lé Père du siècle dufutur^. Et dès lors il n'aurait point déclaré à la légère que le Verbe s'est fait chair dans ce sens que le Christ, né du sein de la Vierge, avait forme humaine, sans avoir un corps véritable de la même nature que le corps de sa mère.
Peut-être Eutychès a-t-il pensé que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'était pas de la même nature que nous, parce que l'ange, envoyé à la bienheureuse Marie, toujours \âerge, lui a dit : Le Saint-Esprit descendra sur toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre, aussi le Saint qui naîtra de toi scra-t-il appelé Fils de Dieu\ Peut-être a-t-il cru que la conception de la Vierge étant une œuvre divine, la chair de celui qui a été conçu n'était point empruntée à la nature de celle qui concevait. Mais il ne faut point entendre cette génération singulièrement admirable, et admirablement singuhère, en ce sens que ce miracle créateur aurait fait disparaître les caractères de la race humaine. En effet, le Saint-Esprit a donné la fécondité à une vierge, mais la réalité du corps du Christ a vraiment été prise du corps de sa mère. Et de la sorte, Za Sagesse s^ étant édifié une demeure^ Je Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, c'est-à-dire dans
1. Galates, m, î6-17. — 2. Isaïe, vu, 14. — 3. Isaïe, ix, 6. — 4. Lilc, î, 35. — 5. Proverbes, ix, 1.
cette chair humaine qu'ij a prise et qu'il a animée d,']ine âme raisonnable.
Les propriétés des deux natures, des deux substance» étant donc pleinement sauvegardées, et s'étant réunies en une seule personne, la majesté s'est revêtue de bassesse, la force de faiblesse, l'éternité du caractère mortel. Pour payer notre dette, la nature impassible s'est unie à la nature passible, afin que, suivant ce qu'exigeait notre salut, l'unique médiateur de Dieu et des hommes, l'homme Jésus-Christ, d'une part pût mourir et de l'autre fût immortel. Ainsi le vrai Dieu est nç avec la nature complète et parfaite d'un homme véritable, parfait dans sa nature propre, parfait dans la nôtre. Nous disons dans la nôtre, c'est-à-dire dans cette nature, telle q^i'au commencement elle a été faite par le Créateur, et que le Christ a revêtue pour la réparer. Car ce que le tentateur a mis en nous, ce que l'homme trompé a reçu, cela n'a point laissé de trace dans le Sauveur ; et s'il a voulu subir Içs inlîrmités communes de l'humanité, il n'a point pour cela participé à nos fautes. Il a pris la forme de l'esclave, mais sans la souillure du péché ; il a relevé l'humanité, sai^s léser en rien la divinité. Car cet anéantissement par lequel celui qui était invisible devient visible, par lequel le maître et le créateur du monde voulut devenir un des mortels, cet abaissement volontaire n'est pas une abdication de la puissance, m^is bien une condescendance de la miséricorde. Lui qui, existant en forme de Dieu, avait fait l'homme, s'est fait homme lui-même en la forme de serviteur. Chaque nature conserve sans défaillance ce qui lui est propre, et de même que la condition de Dieu n'anéantit pas la condition d'esclave, de ipême la condition d'esclave ne nuit en rien à la condition de Dieu. Le diable triomphait : l'homme trompé par son mensonge était privé
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des biens célestes, dépouillé du don de Timmortalité. Le diable avait entendu prononcer contre l'homme une dure sentence de mort ; il trouverait donc dans ses malheurs une consolation, un compagnon d'infortune. Dieu poussé par sa justice avait changé de sentiment à l'égard de l'homme qu'il avait jadis comblé de tous les honneurs. Il fallait donc une organisation nouvelle du secret dessein de Dieu. Ce Dieu immuable, dont la volonté ne peut jamais complètement se dépouiller de sa bonté, voulut restaurer par une mystérieuse disposition de son amour sa première bienveillance à notre égard ; l'homme poussé dans le mal par la perversité diabolique ne périrait point contre la volonté de Dieu.
Le Fils de Dieu est donc entré dans notre pauvre monde, descendant de son trône céleste, sans pourtant quitter la gloire du Père : nouvel ordre de choses, nouvelle naissance. Nouvel ordre de choses, car celui qui est invisible par sa nature devient \âsible par la nôtre ; l'incompréhensible veut être compris ; celui qui existait avant le temps commence d'être dans le temps ; le maître de l'Univers voile l'immensité de sa gloire et prend la forme de l'esclave ; le Dieu impassible ne dédaigne point de devenir un homme sujet à la souffrance ; le Dieu immortel de se soumettre à la loi de la mort. Mais nouvelle naissance aussi, parce que la vierge sans tache, sans connaître d'ailleurs la convoitise, a cependant fourni sa chair au Fils de Dieu. De sa mère le Seigneur a pris la nature ; mais il n'a pris pour cela aucune faute ; et de ce que la naissance de Notre-Seigneur, formé au sein de la Vierge, est admirable, il ne s'ensuit pas que sa nature soit différente de la nôtre. Car celui qui est véritablement Dieu est aussi véritablement homme, et il n'y a dans cette unité aucun mensonge, car elle est formée do la bassesse de l'homme et de
l'élévation de Dieu ; de même que Dieu n'est pas changé par sa miséricordieuse condescendance, de même l'homme n'est point supprimé par la dignité divine. Chacune des deux natures opère en union avec l'autre ce qui lui est propre ; ainsi, le Verbe opère ce qui est du Verbe, et la chair exécute ce qui est de la chair ; l'un resplendit par ses miracles, l'autre succombe sous les injures. ^ Et de même que le Verbe reste toujours égal en gloire à son Père, de même la chair n'abandonne pas la nature qui lui est propre. Car ainsi qu'il faut le répéter souvent, une seule et même personne est tout à la fois véritablement Fils de Dieu et véritablement Fils de l'homme ; Dieu, dans ce sens qu'elle était au commencement le Verbe, que le Verbe était auprès de Dieu, et que le Verbe était Dieu ; homme, dans le sens que le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous ; Dieu, parce que tout a été créé par lui et que sans lui rien n'a été fait, homme parce qu'il est né de la femme, et qu'il a été sous la loi. Sa naissance charnelle est une manifestation de sa nature humaine, mais son enfantement virginal est la marque de sa vertu divine. La pauvreté de ses langes montre la faiblesse de l'enfant, mais les voix des anges manifestent la grandeur du Très-Haut. Il ressemble à tous les hommes qui entrent dans la vie, celui dont l'impie Hérode médite le meurtre ; mais il est le maître de tous, celui que les mages s'empressent d'adorer en toute humilité. Quand il vient demander le baptême à Jean son précurseur, afin que la divinité cachée sous le voile de la chair ne restât pas ignorée, la voix du Père retentit du haut du ciel : Yoici^ dit-elle, mon fils hien-aimé en qui je me suis complu ^, Celui qui, comme homme, est tenté par la ruse du démon, est, en tant que Dieu, servi par les anges. Souffrir la faim, la soif, être fatigué et dormir est évidemment de l'homme.
1. Comparer p. 342, n. 2, et p. 339, n. 2. — 2. Matthieu, m, 17.
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Mais avec cinq pains rassasier cinq mille hommes, donner à la Samaritaine une eau vive qui étanche à jamais la soif, marcher sur la mer, commander aux flots et à la tempête, c'est évidemment d'un Dieu. Une seule et même nature, pour ne citer que les faits principaux, ne peut tout à la fois pleurer de compassion sur l'ami qui vient de mourir, et le ressusciter par un simple commandement du tombeau où il gît depuis quatre jours ; elle ne peut à la fois être attachée à la croix, et au même moment changer le jour en ténèbres et faire trembler tous les éléments ; être transpercée de clous et ouvrir la porte du paradis à la foi du larron. Ce n'est point la même nature qui peut dire : Le Père et moi nous ne sommes qu^un^^ei déclarer d'autre part : Mon Père est plus grand que moi^. En effet quoique dans le Seigneur Jésus Dieu et l'homme ne forment qu'une seule personne, néanmoins l'humiliation et la gloire qui rejaillissent sur elle, proviennent l'une et l'autre d'ujfie source différente. Il a de nous l'humanité, par laquelle il est moindre que le Père, il tient du Père la divinité, par quoi il est égal au Père.
En raison de cette unité de personne en deux natures, on lit que le Fils de l'homme est descendu du ciel, quoique ce soit le Fils de Dieu qui ait pris chair dans la Vierge, dont il est né. De même on lit que le Fils de Dieu a été crucifié et a été enseveli, bien qu'il n'ait pas spuiïert dans sa divinité selon laquelle il est Fils unique du Père, coéternel et consubstantiel, mais seulement dans l'infirmité de la nature humaine. C'est pourquoi encore nous confessons tous dans le symbole que lui, le Fils unique de Dieu, il a été crucifié, et enseveli conformément à ces paroles de l'Apôtre . SHls Valaient connu^ ils n^ auraient jamais crucifié le seigneur glorieux^. Lorsque Notre-Seigneur et Sauveur voulut par ses ques-
\. Jean, x, 30. — 2. Jean, xiv, 28, — 3. I Corinthiens, li, 8.
tions instruire lui-même ses disciples sur la foi, il leur demanda : Qui dit-on que je suis ; pour qui me prend-on^ moi le Fils de V homme ^ ? Et quand on lui rapporte leâ diverses opinions des autres : Mais vous^ dit-il aux apôtres, qui croyez-vous que je sois? Moi qui suis le Fils de l'homme, que vous voyez dans la condition dé l'esclave et dans la vérité de la chair, qui dites-vous que je suis ? Alors le bienheureux Pierre, divinement inspiré, et devançant tous les peuples par sa profession de foi, répondit : Vous êtes le Christ^ fils du Dieu vivant. Et ce n'est point sans raison, qu'il fut déclaré bienheureux par le Seigneur, et tira ainsi de la Pierre par excellence, qui est le Christ, la force de son pouvoir et de son nom, lui qui, par l'inspiration du Père, confessa que le Christ était en même temps le Fils de Dieu. L'un sans Pautre, en effet, n'aurait pu opérer notre salut, et il y avait un égal péril que le Seigneur Jésus-Christ fût simplement Dieu sans être homme, ou fût simplement homme sans être Dieu.
D'autre part, après la résurrection du Seigneur (qui fut, certes, la résurrection d'un corps véritable, car c'est celui-là même qui avait été crucifié et enseveli, qui ressuscita, non un autre), qu'a fait le Sauveur pendant ces quarante jours, sinon éclairer notre foi et la préserver de toute hésitation à ce sujet ? Il a conversé avec ses disciples, il a habité et mangé avec eux, s'est laissé toucher par la curiosité scrupuleuse de ceux que le doute étreignait encore : il est entré auprès de ses disciples les portes closes, leur a donné l'Esprit- Saint par son souffle, et après leur avoir accordé la lumière de l'intelligence, leur a dévoilé les secrets des saintes Écritures. Il leur a montré la plaie de son côté et toutes les marques de sa récente passion, en leur disant : Voyez mes Tnains et mes pieds ^ c^est bien moi.