‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 126 sur 150 · Matthieu, xvi, 13 et · texte numérisé non relu

Matthieu, xvi, 13 et

352 l'arbitrage de l'église romaine

Touchez et voyez^ un fantôme rCa ni chair ni os comme vous voyez que fen ai\ Tout cela afin qu'on connût que les propriétés de la nature divine et de la nature humaine demeuraient inséparablement unies ; afin que, sans identifier le Verbe et la chair, nous fussions convaincus que le Verbe et la chair ne formaient qu'un Fils de Dieu.

C'est ce mystère de la foi qu'Eutychès a complètement ignoré ; il n'a point reconnu notre nature dans le Fils unique de Dieu, pas plus dans les abaissements de sa mort que dans les magnificences de sa résurrection. Il n'a point redouté la sentence du bienheureux apôtre et évangéJiste Jean, qui déclare : Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans la chair^ vient de Dieu; mais tout esprit qui divise Jésus n'est pas de Dieu, mais c^est V Antéchrist^. Mais qu'est-ce donc que diviser Jésus, sinon séparer de lui la nature humaine, vider de son contenu, par les fictions les plus éhontées, le mystère par qui seul nous avons été sauvés. Celui d'autre part qui s'aveugle sur la nature du corps du Christ, doit nécessairement déraisonner avec le même aveuglement sur les souffrances de Jésus. Car celui qui ne doute pas de la réalité de la croix du Sauveur, qui ne doute point de la réalité du supphce qu'il a enduré pour le salut du monde, celui-là doit aussi affirmer sa chair, puisqu'il croit à la mort de cette chair ; il doit reconnaître que l'homme qu'il regarde comme passible eut un corps semblable au nôtre ; car nier qu'il ait eu une chair véritable, ce serait nier qu'il ait réellement souffert.

Celui qui professe ainsi la doctrine chrétienne, et ne refuse point d'entendre l'enseignement de l'Évangile, peut s'expliquer quelle est cette nature qui a été transpercée de clous et attachée à la croix ; il peut se rendre compte d'où proviennent le sang et l'eau qui ont coulé du côté du crucifié, ouvert par la lance du soldat, afin

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