I Pierre, i, 19. — 2. I Jean, v
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que le Fils unique de Dieu était en deux natures avant l'union, que de prétendre qu'après Tlncarnation il n'avait plus qu'une seule nature. Afin qu'Eutychès ne puisse arguer de votje silence que sa déclaration est juste, ou tout au moins supportable, nous vous exhortons, frère bien-aimé, au cas où par l'inspiration de la miséricorde divine, il viendrait à donner satisfaction, à délivrer cet homme ignorant et imprudent de cette funeste pensée. Gomme le montrent les acte** (envoyés), il a déjà commencé, d'une manière fort louable, à renoncer à ses premiers sentiments; il a affirmé, après avoir été interrogé par tous, qu'il professait ce qu'il n'avait pas professé auparavant, qu'il croyait ce qu'il n'avait pas cru d'abord. Cependant comme il ne voulait pas anathématiser son dogme impie, votre Fraternité a reconnu par là qu'il s'obstinait dans sa fausse doctrine et méritait d'être condamné. S'il montre de nouveau un repentir véritable, s'il reconnaît, même tardivement, la justesse de la sentence épiscopalo, s'il déclare, pour se justifier pleinement, réprouver de vive voix et par écrit tout ce qu'il a pu penser de faux, nul ne peut blâmer une miséricorde, si grande soit-elle, à l'endroit de celui qui se serait corrigé. Car Notre-Seigneur, le vrai et bon pasteur, qui a donné sa vie pour ses brebis, et qui est venu sauver les âmes des hommes, non les perdre, veut que nous imitions sa bonté ; la justice doit réprimer ceux qui pèchent, mais la miséricorde ne doit pas repousser ceux qui se convertissent ; et c'est seulement quand les sectateurs d'une opinion fausse ont eux-mêmes condamné leur erreur que la vraie foi est défendue avec tout le fruit désirable. Pour mener à bonne fin toute cette affaire, nous vous envoyons à notre place, nos frères l'évêque Jules et le prêtre René du titre de Saint-Clément, et notre fils le diacre Hilaire. Nous leur avons associé notre notaire, Dulcitius, dont la probité est éprouvée, et nous
espérons qu'avec Passistance divine, celui qui s'est trompé condamnera lui-même ses erreurs et pourra se sauver. Que Dieu vous conserve, très cher frère. Donné aux Ides de Juin, sous le consulat des illustres Asturius et Protogène (= 13 juin 449). ^
Les prérogatives du siège romain. {S, Leon.^ epùu 33 ^.)
Léon, évèque, au saint Concile qui se réunit à Ephèse. Le zèle de notre très clément empereur pour la foi, sachant que son plus beau titre de gloire c'est d'empê* cher qu'aucun germe d'erreur ne lève dans l'Eglise cathoUque, a voulu rendre hommage aux institutions divines, en demandant que l'autorité du siège apostolique renforçât son impérial décret. Il désirait que Pierre lui-même exphquât ce qui, dans sa confession, lui mérita les louanges du Seigneur. Celui-ci demandait : Que dit-on du Fils de V homme ?^et les disciples se bornèrent à lui énumérer les diverses réponses faites par les uns et les autres. Mais quand il leur eut demandé ce qu'ils croyaient eux-mêmes, le prince des apôtres résumant en quelques mots la plénitude de sa foi : Vous êtes^ dit-il, le Christ^ Fils du Dieu vivant; oui, vrai Dieu vous êtes en même temps vrai homme, et tout en gardant les propriétés des deux natures, vous êtes un cependant. Si Eutychès avait bien compris cette parole de Pierre, s'il
1. Cette lettre dogmatique qui aurait dû être lue au Concile d'Éphèse de 449, fut* promulguée à la seconde session du Concile de Chalcédoine, le 10 octobre 451, après qu'on eût donné lecture du symbole de Nicée, de celui de Constantinople, et des deux lettres cyrilliennes reproduites plus haut. Quand fut terminée la lecture de cette pièce, bs évêques s'écrièrent : t C'est la foi des Pères, c'est la foi des apôtres, nous croyons tous ainsi, les orthodoxes croient ainsi. Anathème à qui croit autrement. CPest Pierre qui a parU par Léon ; c'est l'enseignement des apôtres, c'est l'enseignement de Cyrille ». — 2 Cette lettre était destinée au Concile d'Éphèse de 449. -— S. Matthieu, xvi, 13 et 19.
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y avait cru avec ardeur, jamais il n'aurait dévié du chemin de la vérité.
A cette parole de Pierre, le Christ a répondu ; Tu es heureuXy Simon^ fils de Jona, car ce n'est point la chair ni le sang qui fa révélé ceci^ mais mon Père qui est dans les deux. Et mm je te le déclare : Tu es Pierre^ et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise^ et les portes de Venfer ne prévaudront point contre elle. Il est donc tout à fait en dehors de cet édifice, celui qui ne reçoit point la confession de Pierre et contredit l'Évangile du Chiist ; il montre qu'il n'a jamais eu nul souci de connaître la vérité ; c'est donc aussi en vain qu'il paraît honorable, celui qui n'a point orné ses cheveux blancs de la maturité de l'esprit.
Mais comme il ne faut pas négliger la guérison même de tels malades, et que le pieux et religieux empereur a voulu que se réunît un concile d'évêques, afin que l'erreur pût être détruite par une sentence formelle, j'ai envoyé nos frères, l'évêque Jules et le prêtre René, mon fils le diacre Hilaire et avec eux le notaire Dulcitius, d'une fidéhté éprouvée. En mon lieu et place ils assisteront à votre assemblée, et rendront conjointement avec vous un jugement approuvé de Dieu. Il faudra commencer par condamner l'hérésie pestilentielle d'Eutychès, l'on pourra s'occuper ensuite de la réintégration de celui qui a erré avec tant d'imprudence, pourvu toutefois qu'embrassant la doctrine de vérité, il condamne pleinement, ouvertement, de vive voix et par écrit les sentiments hérétiques dans lesquels s'est embarrassée son inhabileté. C'est à quoi il s'est engagé dans un écrit qu'il nous a envoyé, promettant de suivre en tout notre décision. D'ailleurs après avoir reçu la lettre de notre frère et collègue dans l'épiscopat, Flavien, nous lui avons répondu plus amplement sur tout ce qu'il nous avait soumis, afin que, cette hérésie naissante se trouvant abolie.
il n*y ait pour la plus grande gloire de Dieu qu'une seule croyance dans le monde, une seule et même confession, et qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers, et, ' que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu son Père.
Le Pape et le Concile. {S. Léon., epist, 93 ^.)
Croyez, mes frères, que je préside moi-même par mes légats au concile, et que je m'y trouve présent avec vous dans leur personne. Et comme j'ai déjà déclaré quelle ost la foi catholique, et que vous êtes informés de ce que je crois suivant l'ancienne tradition, vous ne pouvez ignorer ce que j'attends de vous en cette circonstance. C'est, mes chers frères, qu'on rejette toute dispute sur les points que Dieu a inspirés ; que l'infidélité cesse de tenir ses vains discours, et qu'on ne permette pas de soutenir ce qu'il n'est pas permis de croire. On doit donc s'en tenir à la déclaration de foi pleine et expresse que nous avons faite dans notre lettre à l'évêque Flavien d'heureuse mémoire, touchant le mystère do l'Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, suivant l'autorité do l'Évangile, les paroles des prophètes et la doctrine des apôtres. Et parce que nous savons que l'esprit de parti a mis le trouble dans plusieurs éghses, que quantité d'évêques, pour n'avoir pas voulu recevoir l'hérésie ont été chassés de leurs sièges et envoyés en exil, et qu'on en a mis d'autres on leur place, notre intention est qu'on commence par remédier à ces maux, afin que personne ne soit frustré de ce qui lui revient et que personne ne jouisse de ce qui ne lui appartient pas. Cal* si nous voulons que tous ceux qui sont tombés dans
1. Lettre adressée au Concile de Chalcédoine, réuni ea 451 pour réparer les iniquités du o brigandage d'Éphèse ».
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Terreur, s'ils viennent à résipiscence, soient rétablis dans leurs honneurs, à plus forte raison prétendons-nous que ceux qui ont souffert pour la foi, jouissejit de cette réparation *. Au surplus les décrets établis spécialement contre Nestorius au concile d'Ephèse 2, que présidait Tévêque Cyrille d'heureuse mémoire, subsisteront dans leur force et leur vigueur, afin que cette première hérésie ne se flatte pas que la condamnation d'Eutychès lui soit favorable. Car la pureté de la foi et de la doctrine, que nous enseignons dans le même esprit que nos saints Pères, condamne et combat également ces deux hérésies avec leurs auteurs. Adieu, mes frères bien-aimés. Donné le 6 des calendes de juillet, sous le consulat d'Adelfîus (26 juin 451).
Cest en conformité avec la déclaration précédente qu'au concile de Chalcédoine le légat du Pape^ Paschasinus, après avoir rappelé les méfaits dont le patriarche Dioscore s'était rendu coupable tant à Éphèse que présentement, prononça la condamnation suivante :
« Pour tous ces motifs, Léon le très saint et bienheureux archevêque de l'ancienne Rome, déclare par nous et par le très saint concile ici assemblé, et en union avec le bienheureux apôtre Pierre, qui est la pierre et le soutien de l'Église cathohque,etlaba8e de la foi orthodoxe, que Dioscore est déchu de l'épiscopat et de toute dignité ecclésiastique. D'après cela, le très saint et grand concile décidera à l'égard du susdit Diodore ce qui lui paraîtra conforme aux canons. »
1. Il s'agit de la réhabilitation de Théodoret et des autres évêquos déposa en 449. — 2. Celui de 431.
SAIST LÉOK LS ÔRANP 359
Profession de foi du eonciie de Chalcédoine.
(25 octobre 451).
Après avoir énoncé les deux symboles de Nicée et de Constantinople, le Concile ajoute :
Ces deux symboles avaient suffi longtemps à la con« naissance de la foi et à raffermissement de la vraie piété, car ils enseignent tout à l'égard du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et au sujet de l'Incarnation du Sauveur, à ceux qui les reçoivent avec foi. Mais certains, voulant supprimer la prédication de la vérité, ont imaginé, à cause de leurs erreurs, des expressions frivoles et ont osé défigurer le mystère de l'incarnation du Seigneur, et rejeté, au sujet de la Vierge, l'expression de Mère de Dieu D'autres ont introduit une sorte de con* fusion ou de mélange des natures, rêvant cette chose monstrueuse, qu'il n'y a qu'une seule nature formée de la chair et de la divinité, et que la nature du Fils unique est devenue, par le mélange de l'humanité, capable de souffrir. Pour couper court à toutes ces machinations contre la vérité, le saint et grand concile général a décidé que la foi des trois cent dix-huit Pères ^ demeurait intacte, et que la doctrine des cent cinquante Pères de Constantinople au sujet de ceux qui s'attaquaient au Saint-Esprit, conservait toute sa valeur. Car les Pères de Constantinople n'avaient pas eu l'intention de combler une lacune du symbole de Nicée ; ils avaient simplement voulu faire connaître par écrit leur sentiment au sujet du Saint-Esprit contre les négateurs.
Quant à ceux qui cherchent à dénaturer le mystère de l'Incarnation, et qui, outrageant effrontément celui qui est né de Marie, déclarent qu'il n'est qu'un homme, lo saint Concile a adhéré aux lettres synodales des bien-
^1. C'est !• chiffre ««qoel )a tradition araH fixé le nombre des Pères de Nicée.
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heureux Cyrille, évêque d'Alexandrie à Nestorius et aux Orientaux, qui contenaient une réfutation du nestorianisme. Il leur adjoint, pour confirmer les dogmes orthodoxes, la lettre du très saint et bienheureux archevêque de l'ancienne Rome, Léon, à l'archevêque Fla- \den, de sainte mémoire, touchant l'extirpation des erreurs d'Eutychès, lettre qui concordait avec la dontrine du grand apôtre Pierre, et s'élevait comme une colonne contre les hérétiques en même temps qu'elle affermissait l'orthodoxie.
Le Concile s'oppose donc à ceux qui cherchent à diviser le mystère de l'Incarnation en une duahté de Fils, exclut d'autre part de la participation aux saints mystères ceux qui osent déclarer passible la divinité du Fils unique, et s'inscrit en faux contre ceux qui imaginent un mélange ou une confusion des deux natures dans le Christ ; il rejette ceux qui déraisonnent jusqu'à dire que la forme d'esclave que le Fils nous a empruntée est d'une nature céleste ou de toute autre nature que la nôtre. Il anathématise ceux qui ont inventé cette fable qu'avant l'union il y avait deux natures dans le Seigneur, mais qu'après l'union il n'y en a plus qu'une seule.
A la suite des saints Pères, nous enseignons tous à l'unanimité un seul et même Fils, Notre-Seigneur Jésus- Christ, complet quant à sa divinité, complet aussi quant à son humanité, vrai Dieu et en même temps vrai homme, composé d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel à nous par son humanité, semblable à nous en tout, hormis le péché ; engendré du Père avant tous les siècles quant à la divinité, et quant à l'humanité, né pour nous, dans les derniers temps de la Vierge Marie, Mère de Dieu. Nous confessons un seul et même Jésus-Christ, Fils unique, que nous reconnaissons exister en deux natures, sans qu'il y ait ni confusion, ni transformation, ni division, ni séparation entre elles, car
la différence des deux natures n'est nullement supprimée par leur union. Tout au contraire les attributs de chaque nature sont sauvegardés et subsistent en une seule personne, une seule hypostase ; et nous confessons non pas un Fils partagé ou divisé en plusieurs personnes, mais bien un seul et même Fils, Fils unique et Dieu Verbe, Notre-Seigneur Jésus-Christ, tel qu'il a été prédit jadis par les prophètes, tel que lui-même il s'est révélé à nous, et tel que le symbole des Pères nous l'a fait connaître. Ces divers points de doctrine une fois déterminés et formulés avec toute l'attention et toute la précision possible, le saint Concile œcuménique déclare qu'il n'est loisible à personne de proposer une autre croyance ou de l'enseigner aux autres. Quant à ceux qui oseraient soit constituer une autre doctrine, soit présenter, enseigner, livrer un autre symbole à ceux qui veulent se convertir du paganisme, du judaïsme ou de toute autre hérésie à la connaissance de la vérité : s'ils sont évêques ou clercs, qu'ils soient exclus, les évêques de l'épiscopat, les clercs de la cléricature ; s'ils sont moines ou laïques, qu'ils soient anathèmes.