‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 129 sur 150 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

LA FIN DE L'AGE PATRISTIQUE Du Vie au IX^ siècle.

Le Concile de Ghalcédoine marque, à vrai dire, la fin de la grande époque patristique. Non, certes que la décision du Pape Léon, promulguée à Ghalcédoine, ait mis immédiatement un terme aux discussions théologiques dont était l'objet la divine personne du Sauveur. Plus que jamais au contraire, du vi© au ix® siècle, vont se multiplier les schismes, les violences, les anathèmes ; mais aucune des grandes controverses qui s'éternisent autour de la question christologique ne fait surgir en Orient des écrivains et des penseurs de la taille d'Athanase, de Basile ou de Cyrille d'Alexandrie. De plus en plus'les luttes théologiques prennent l'allure de querelles personnelles, où l'on se contente de répéter indéfiniment les textes et les arguments déjà trop usés par les controverses du passé. L'originahté est ce qui manque le plus aux écrivains byzantins Sans doute il serait mjuste de méconnaître les quelques grandes personnalités qui parurent durant cette période. Léonce de Byzance au vie siècle a renoué la chaîne de la tradition théologique de Cyrille d'Alexandrie. En face du monothéhsme triomnhant et soutenu par toute l'autorité de la cour impériale, Sophrone de Jérusalem, Maxime le Confesseur ont retrouvé l'attitude, l'énergie, et parfois la pensée d'Athanase. Au viii^ siècle, Jean de Damas, le plus grand théologien de toute cette période, fait songer par la vigueur de son style et la force de sa jpensée aux plus beaux temps de la patrologie. Mais nul de ces écrivains n'a produit ni sur les contemporains, ni sur la postérité l'impression triomphante d'un Chrysostome ou d'un Grégoire de Nazianze. Ils appartiennent tous à cette

ttérature byzantine, imposante par «a m: sse, que l'on

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consulte, mais qu'on ne lit plus guère. A peu près tout ce qu'ils disent, d'autres l'ont dit avant eux, et l'ont généralement mieux dit.

Au moment où pâlissent les lumières de l'Orient, l'Église latine, submergée par les Barbares, s'enfonce peu à peu dans la nuit du haut Moyen Age. Pendant quelque temps encore la Gaule romaine conservera en môme temps que le culte du passé, les grandes traditions théologiques de Vincent de Lérins, avec le souci de la forme et parfois le goût de la poésie. On verra passer sur le siège de Rome quelques papes qui de très loin rappelleront Léon le Grand ; en fait c'est un monde nouveau qui se prépare, et qui mettra longtemps encore à éclore ; saint Grégoire à Rome, Isidore de Séville en Espagne marquent la fin de l'âge patristique ; à vrai dire ils sont déjà du Moyen Age.

Quelques noms seulement nous retiendront durant cette longue époque, qui est loin de présenter à l'historien de la pensée chrétienne l'intérêt soutenu des deux périodes précédentes.

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