‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 130 sur 150 · I. DENYS L'ARÉOPAGITE · texte numérisé non relu

I. DENYS L'ARÉOPAGITE

Le nom de Denys l'Aréopagite se lit en tête d'une œuvre considérable, comprenant quatre grands tra tés et une dizaine de iCttres dont plusieurs sont adressées à des personnalités de l'âge apostolique. Le premier traité • de '.a hiérarchie céleste traite des anges, de leur hiérarchie, de leur nature ; le second : de la hiérarchie ecclésiastique représente F Église comme une réplique de la cité céleste ; vient ensuite le trailé sur ks noms divins qui étudie l'être et les attributs divins, la manière de s'élever à Dieu par l'Écriture et l'oraison ; enfin le traité sur la théologie mystique forme le point culminant de l'œuvre ; comment l'âme peut-elle s'unir à Dieu, l'être infiniment mystérieux et qui dépasse toute compréhension ?

L'auteur se donne pour ce Denys, membre de l'Aréopage d'Athènes, converti par saint Paul lors de son séjour en cette ville (Actes, xvii, 34). Mais la question de l'authenticité de ces écrits est, à l'heure présente, définitivement résolue dans le sens de la négative. L'auteur, un grec de la fin du ve ou des débuts du vi® siècle, a, par une audacieuse fiction, abrité ses élucubrations théologiques sous l'autorité vénérée d'un converti de saint Paul. Son œuvre, dont la trace apparaît soudain dans les premières années du vi^ siècle, a d'abord été exploitée par les monophysites. Cent ans plus tard, l'interprétation orthodoxe qu'en donne Maxime le Confesseur, amène un revirement complet dans l'appréciation des catholiques. A partir du vu® siècle, tous la considèrent comme l'œuvre authentique de l'Aréopagite.

Les théologiens de Byzance ne l'ont guère exploitée ; mais en revanche l'œuvre du pseudo-Denys a exercé sur l'Église

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latine une influence qu'il serait difficile d'exagérer. La tliéodicée du Moyen-Age lui est redevable de plusieurs de ses thèses les plus importantes ; la théologie des anges s'est faite presque exclusivement d'après l'Arcopai^ite ; les plus belles envolées de nos mystiques ont trouvé chez lui leur point de départ.

La hiérarchie céleste : cap. vi.

Quels sont les arrangements respectifs des êtres célestes, comment les anges sont-ils hiérarchisés, celui-là seul le sait exactement qui a fondé leur divine hiérarchie. Après lui les anges eux-mêmes sont partiellement initiés au mystère de leur propre nature, de leurs attributions, de leur gToupement sacré et supraterrestre. Mais pour nous, il nous est impossible de connaître les secrets des esprits célestes, et leurs très saintes perfections, à moins que Ton appelle connaissance l'initiation que la divinité nous fournit par l'intermédiaire de ceux qui sont au courant de ses secrets. Ainsi donc, sur ce sujet, nous ne dirons rien par nous-même ; nous exposerons seulement les enseignements auxquels nous ont initié les écrivains inspirés qui furent favorisés des visions angéliques.

La théologie a distribué les substances célestes en neuf groupes, désignés chacun par un nom approprié ; ces neuf groupes notre divin initiateur (saint Paul) les partage en trois ordres comprenant chacun trois groupes. Le premier ordre comprend les esprits bienheureux qui sont sans cesse autour de Dieu, et qui lui sont de préférence à tous les autres immédiatement unis : ce sont les Trônes très saints, puis au-dessus ceux que l'hébreu appelle les Chérubins, aux multiples yeux, aux multiples ailes, et ceux enfin qu'on nomme les Séraphins, qui sont immédiatement en contact avec Dieu. Voilà, disait Paul, ce que montre l'expHcation approfondie des Écritures di^nnes. Il ajoutait que cet ordre à trois degrés

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