DENYS L ARE OP AGITE
était vraiment un, homogène, en fait la première hiérarchie ; nul n'est plus semblable à Dieu, nul ne reçoit plus immédiatement les illuminations primordiales de la dignité. Ensuite vient l'ordre formé par les Puissances, les Dominations, les Vertus. Enfin le troisième et dernier groupe de la hiérarchie céleste comprend les Anges, les Archanges et les Principautés.
Suit Vexplication des caractères de chacun des chœurs o.ngéliques.
Comment pouvons-nous arriver à la connaissance de Dieu : (de dwinis nominihus^ c. vu, n. 3.)
Il nous faut maintenant rechercher comment nous pouvons connaître Dieu, qui n'est ni accessible à l'intelligence, ni perceptible aux sens, qui ne ressemble absolument en rien aux êtres qui existent. Mais n'est-il pas plus vrai de dire que nous ne connaissons pas Dieu par sa nature ; celle-ci est inconnaissable et dépasse toute intelligence et toute pensée. C'est en considérant l'ensemble des êtres, qui émanent pour ainsi dire de lui, et qui contiennent dès lors en eux-mêmes l'image et la ressemblance du modèle divin, que nous nous élevons, autant que faire se peut, vers Celui qui domine toutes choses, vers Celui qui dépasse tout ce qui est créé, et dont il faut retrancher tout<) imperfection, vers Celui qui est la cause de tout. Dès lors Dieu est connu dans tout, et pourtant il est en dehors de tout ; on peut connaître Dieu et pourtant on l'ignore toujours ; on s'en fait une idée, on en parle, on en a la science, on le touche, on le sent, on en a une opinion, une image, on lui donne un nom et ainsi de suite, et pourtant on ne peut ni le comprendre, ni l'exprimer, ni le nommer. Il n'est ^point quelqu'un des êtres, il n'est connu dans aucun des êtres ; il est tout dans tout, et pourtant il n'est rien dans rien ;
^^^ DANS l'Église grecque
tous les êtres le manifestent à tous, et aucun être ne peut lo faire connaître à personne. Et nous avons raison de dire cela de Dieu, et tous les êtres peuvent servir à le célébrer parce que tous conservent quelque image de la cause suprême.
Mais il y a une autre connaissance de Dieu, elle cornmence par l'ignorance et s'accomplit pai* une union qui dépasse l'intelligence. C'est quand l'esprit, s'éloignant de tous les êtres créés, se dépouillant même de lui-même, s'unit au rayonnement de la splendeur divine, et reflète les indicibles profondeurs de la sagesse éternelle.
Pourtant, encore une fois, c'est surtout par le spectacle de l'univers que celle-ci est connaissable. Car, suivant les termes mêmes de l'Écriture, la sagesse divine est créatrice de toutes les choses ; c'est elle qui harmonise tout, qui est la cause de l'indissoluble harmonie et de Tordre de l'univers, elle qui sans cesse unit la fin d'une chose au commencement de la suivante, elle qui accompHt cette merveille qu'on appelle l'accord parfait et l'harmonie des choses.
Dieu, dans les Écritures sacrées, est célébré comme le Verbe (la raison) non point seulement parce qu'il est le dispensateur de la raison, de l'intelligence, de la sagesse ; mais encore parce qu'il conçoit en lui-même et d'un seul coup toutes les raisons des choses, parce qu'il circule à travers tout, pénétrant, comme dit l'Écriture jusqu'aux extrémités de l'Univers ; surtout enfin parce que la raison de Dieu est la simphcité même, dégagée au suprême degré de toutes les contingences. Cette raison dmne est la vérité simple ^ et subsistante, dont se préoccupe la foi divine, comme de la science pure et sans erreur ; elle est le fondement stable de ceux qui croient ; elle les affermit dans la vérité, elle affermit la vérité en
1. C'est-à-dire la règle même de la vérité ; une chose est vraie en tant qii elle est conforme à l'idée divine.
MAXIME LE COÎfFESSEUR 371
eux, car le croyant s'identifie véritablement avec la vérité même qu'il connaît. Car si la connaissance est l'union intime du connaissant et du connu, si l'ignorance est au contraire une cause perpétuelle de changement, voire de déchirement, rien ne saurait éloigner celui qui croit en vérité, comme dit TÉcriture, du fondement même de la foi, sur lequel s'appuie son union indissoluble avec la vérité. Il sait, celui qui s'est ainsi identifié avec la vérité, il sait quel bien cela lui fait, quoi qu'en pense la multitude, qui le considère comme hors de lui. C'est qu'elle ignore qu'en effet le croyant est sorti de lui-même, qu'il est sorti de l'erreur pour aller à la vérité par la foi véritable. Mais lui, il sait bien qu'il n'est point un insensé, comme on le prétend autour de lui ; qu'il a été délivré au contraire de l'instabihté, du changement continuel, de l'incessante poursuite de l'erreur sous ses multiples formes, par la vérité, simple, permanente, toujours identique à elle-même. C'est ainsi qu'on voit, chaque jour, mourir pour la vérité les maîtres de notre divine sagesse ; ils témoignent ainsi par leurs paroles et leur attitude en faveur de cette connaissance singulière du Christianisme ; ils montrent qu'elle dépasse en clarté, en simplicité toute autre connaissance, ou plutôt qu'elle seule est la vérité, la science unique et simple de la divinité.