‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 132 sur 150 · II. MAXIME LE CONFESSEUR · texte numérisé non relu

II. MAXIME LE CONFESSEUR

L'abbé Maxime (580-662) doit le glorieux surnom de Confesseur au courage qu'il a montré dans la lutte contre une forme nouvelle du monophysisme : le monothélisme. Né à Constantinople en 580, il occupe jusqu'à l'âge de cinquante ans une situation importante à la cour de Bj'zance ; en 630 il renonce aux honneurs, et se retire en un couvent dont il va devenir l'abbé. S'il était venu pour y chercher le calme, la Providence se chargea de lui montrer qu'elle avait sur lui

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d'autres desseins. Depuis 622 d'obscures négociations avaien^ lieu entre la cour impériale et les principaux chefs des église^ monophysites ; il s'agissait de rallier ces derniers à une for" mule d'union qui réprouvait en fait la doctrine de Chalcé" doine ; il ne serait plus question d'une ou de deux natures dans le Christ, on parlerait seulement d'une seule action, d'une seule volonté ; le monophysisme se voilait sous le monothélisme {monos une seule, thelesis volonté). Le pape de Rome, Honorius, circonvenu par les astucieuses manœuvres du patriarche de Constantinople Sergius et de la cour impériale se déclarait d'accord avec les Orientaux sur la formule proposée. Sans y voir malice, il abandonnait le terme de deux opérations, et par le fait même les expressions si nettes proposées par saint Léon au concile de Chalcédoine.

Mais l'Occident toujours attentif à maintenir la foi chalcédonienne se leva comme un seul homme pour la défense de l'orthodoxie, et dans l'Orient domestiqué des voix courageuses se firent entendre pour protester contre l'abandon de la foi traditionnelle. La plus écoutée était celle de l'abbé Maxime, Inlassablement à Alexandrie, à Carthage, à Rome, il réfutait l'hérésie nouvelle. Il eut son jour de triomphe, quand, au concile de Latran en 649, le pape Martin I prononça l'anathème contre le monothélisme et ses chefs. Cette courageuse confession de foi allait mener au martyre et le Pape Martin et Maxime son conseiller. En 653, par ordre de l'empereur Constant, le pape fut enlevé de Rome, conduit à Constantinople et après des tourments indicibles déporté en Chersonèse. Le martyre de Maxime fut plus terrible encore ; après une cruelle flagellation, le confesseur eut la main droite coupée et la langue arrachée, et ainsi mutilé fut déporté à Lazika, sur la côte orientale de la mer Noire, il ne survécut guère aux tourments endurés, il mourut le 13 août 662. Mais dix-huit ans plus tard, en 680, le sixième concile œcuménique, réuni à Constantinople, condamnait solennellement le monothélisme, et proclamait le dogme des deux volontés pour lequel avait si énergiquement combattu Maxime le Confesseur.

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