‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 142 sur 150 · SAINT FULGENCE DE RUSPE · texte numérisé non relu

SAINT FULGENCE DE RUSPE

esprits, que Dieu a unis à des corps terrestres et mortels, il n'y a point sans doute de mouvement local ^; mais la variété des pensées introduit en eux du changement, du mouvement. Ils ignorent, puis ils savent ; ils veulent ou ne veulent pas, ils sont sages ou ils déraisonnent ; de méchants ils deviennent justes ou de justes méchants ; tantôt ils sont éclairées par la lumière de la piété, tantôt ils se dépravent dans les ténèbres de l'erreur et de l'impiété.

Et pour les esprits angéliques que n'alourdit point le poids d'un corps matériel et terrestre, qui ne voit qu'eux non plus ils ne sont pas de la même nature que Dieu, mais qu'ils sont tirés du néant ? Leur nature est soumise au changement, ce qui se voit au fait que plusieurs d'entre eux ont passé au mal. Ceux mêmes qui ne se sont point dépravés, et qui par le don gratuit de leur créateur puisent incessamment dans le parfait amour et la contemplation de Dieu d'inefïables délices, sans crainte de déchoir de leur condition, ceux-là, bien qu'on ne rencontre plus chez eux mutation, ni changement, car attachés à Dieu pour toujours ils ne risquent plus de le perdre, sentent néanmoins en eux-mêmes le terme, les bornes de leur nature, qui fait qu'on les distingue les uns des autres. Aucun d'entre eux n'est dans un autre ; une mission est confiée à l'un, une autre à son compagnon, et ainsi de suite. Tout ceci montre bien que les saints anges eux-mêmes sont une création de la sainte Trinité, dont apparaît, à travers toutes les choses qu'elle a faites à sa volonté, et l'admirable sagesse et le pouvoir opérant

Ainsi donc Dieu a créé certains esprits pour qu'ils existassent toujours ; d'autres au contraire cesseront un jour d'exister (les âmes des animaux). Mais les esprits supérieurs n'ont aucun contact naturel avec les éléments

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