Par opposition aux corps célestes
392 DANS l'église latine
matériels ; Dieu les a créés immortels (éternels dit le texte) et leur a donne le pouvoir de penser, de connaître, d'aimer la divinité. Il les a créés de telle manière qu'ils aimassent Dieu plus qu'eux-mêmes, sachant qu'ils ont été créés par lui, alors qu'aucun mérite de leur part n( leur avait mérité cette faveur. Mais aussi pour que cet amour fût vraiment méritoire, Dieu leur a accordé le libre arbitre. De la sorte il leur est loisible ou d'élcA^er leur affection vers celui qui les dépasse ou au contraire de se laisser entraîner par le poids de leurs désirs vers ce qui leur est inférieur à eux-mêmes.
Tout être destiné à vivre éternellement, que ce soit pour son bonheur, que ce soit pour son malheur, possède donc par le fait même de Dieu la faculté de penser à Dieu. Cette faculté se rencontre dans les âmes humaines et les esprits angéliques. Aux anges et aux hommes seuls Dieu a donné le pouvoir de le connaître et de l'aimer. Mais à cause du libre arbitre, que la bonté du Créateur devait tout spécialement conférer à la créature raiso)*nable, il leur a donné la faculté, la volonté de le connaître et de l'aimer, de telle manière que chacun pût à son gré, la perdre ou la conserver. S'il lui arrivait d'ailleurs de la perdre par sa faute, il lui deviendrait impossible de la recouvrer par ses propres forces. De la sorte il appartient de répandre à son gré, par un don tout gratuit de sa bonté, dans les âmes où il veut restaurer le principe des saintes pensées, à celui-là seulement, qui au début de laj création, sans aucun mérite préalable de leur part, a mis esprits et corps dans l'ordre qui leur convient, suivant les règles de sa sagesse.
Ainsi donc les anges et les hommes, du fait même qu'ils sont des êtres raisonnables, reçurent au moment même de leur création le don de la béatitude éternelle. S'ils s'attachaient à l'amour de leur créateur, ils devaient rester éternellement heureux. Si au contraire ils faisaient