VI AVANT-PROPOS
secondaire pour se pénétrer de cette élémentaire vérité ; celle-ci finira bien aussi par forcer la porte de l'enseignement des sciences ecclésiastiques. Ajoutons d'ailleurs que de très louables tentatives ont été faites en ce sens durant les vingt dernières années. De fort utiles collections, au premier rang desquelles il faut citer celle de MM. Hemmer et Lejay et dans un genre un peu différent « La pensée chrétienne » publiée chez l'éditeur Bloud se sont efforcées de mettre à la portée des étudiants en théologie un certain nombre de textes patristiques spécialement intéressants.
Il nous a semblé qu'il y aurait intérêt à rassembler en un seul volume, à l'usage des commençants, des extraits de Pères de l'Église, sufïîsamm.ent copieux pour donner une idée approchée de la personnalité, de l'action, de l'œuvre de ces grands maîtres, assez courts, cependant, pour que le livre ne fût pas démesurément grossi. Notre ouvrage rentre donc dans cette odieuse catégorie de publications qui s'appellent des <( Morceaux choisis ». Toutes les critiques que l'on peut faire à ce genre littéraire, nous nous les sommes faites à nous-même ; il est inutile de nous y attarder. Mieux vaut exposer les principes qui ont dirigé un choix forcément arbitraire. Ces principes sont résumés dans le titre que porte le volume : nous avons été essentiellement préoccupé d'exposer par les textes la vie du dogme catholique. Choisir parmi les innombrables passages, importants pour l'histoire de la doctrine, les plus ancians, les plus caractéristiques, ceux qui ont joué dans les controverses un rôle particulièrement décisif, c'a été toute notre application. Tel Père de l'Église, un saint Basile, un saint Augustin, a touché dans son activité littéraire ou oratoire à presque tous les dogmes ecclésiastiques ; il ne s'agissait pas de mettre en ligne tous les témoignages apportés par lui, mais ceux-là seulement où il se révèle le maître unique, incontesté. Basile a été le théologien par excellence de la Trinité ; Augustin