Jean, m
38 lï;§ apologistes
L'Eucharistie. (/ Ap., 65-67.)
Après avoir ainsi purifié celui qui a cru et adhéré à nos enseignements, nous le conduisons au lieu où sont rassemblés ceux que l'on appelle les frères ; nous faisons en commun des prières et pour nous-mêmes et pour celui qui vient d'être illuminé, et pour tous les autres qui sont en tout lieu, tout cela avec beaucoup de ferveur, afin qu'ayant obtenu la connaissance de la vérité, nous en demeurions dignes et que menant une vie de bonnes œuvres et de fidélité aux préceptes divins, nous arrivions enfin au salut éternel. La prière terminée, nous nous donnons les uns aux autres un baiser. Puis l'on apporte au président des frères du pain et un calice de vin coupé d'eau. Il les prend, fait monter louange et gloire vers le Père de toutes choses, par le nom du Fils et de l'Esprit Saint, et rend grâces longuement de tous les bienfaits dont nous avons été comblés. Quand il a fini les prières et l'action de grâces tout le peuple présent s'écrie : Amen. Amen est un mot hébreu signifiant : qu''il en soit ainsi. Et quand le président a terminé l'action de grâces, saluée par l'acclamation du peuple, ceux qu'on appelle chez nous les diacres distribuent à chacun des assistants ce pain et ce vin coupé d'eau, sur lesquels on a^ rendu grâces, et ils en portent même aux absents.
Cette nourriture s'appelle chez nous l'eucharistie ; nul ne peut y participer sinon celui qui croit à la vérité de notre enseignement, qui a été purifié par le bain qui donne le pardon des péchés et la régénération, et qui vit conformément aux traditions du Christ. Car nous ne le prenons point comme un pain commun ou comme un breuvage ordinaire. Mais, de même que par la vertu du Verbe Dieu Jésus-Christ notre Sauveur s'est incarné et a pris pour notre salut chair et sang, de même par la vertu des paroles de Jésus-Christ l'aliment sur lequel
ont été proférées les paroles d'action de grâces, et qui doit se transformer en notre chair et notre sang, cet aliment est vraiment la chair et le sang de Jésus incarné. Telle est la doctrine que nous avons reçue. Car les apôtres, dans les mémoires qu'ils ont écrits, et qu'on appelle les évangiles, nous ont rapporté l'ordre formel qu'ils avaient reçu. Jésus ayant pris du pain avait dit^ après avoir rendu grâces : « Faites ceci en mémoire de moi^ ceci est mon corps. » Scmhlahlement il avait pris le calice et avait dit, après avoir rendu grâces : « Ceci est mon sang » ^ et il le leur avait donné à eux seuls. .
Pour nous, après cette première cérémonie d'initiation, nous recommençons à faire la mémoire de ces événements ; ceux d'entre nous qui sont riches subviennent aux besoins des pauvres, et nous restons unis les uns aux autres. Chaque fois que nous mangeons, nous bénissons le créateur du monde par son fils Jésus-Christ et par le Saint-Esprit. Le jour du soleil (le dimanche) tous ceux qui habitent la ville ou les campagnes se rassemblent au même endroit. On lit les mémoires des apôtres et les écrits des prophètes, aussi longtemps qu'il est convenable. Puis, quand le lecteur a terminé, le président par ses pai'oles mvite, excite tout le monde à imiter les belles choses qu'on vient de lire. Après quoi nous nous levons tous ensemble, et nous faisons les prières. Et, comme je l'ed déjà dit, quand les prières communes sont terminées, on apporte du pain, du vin et de l'eau, et le président fait monter vers Dieu ses prières et ses actions de grâces, tant qu'il peut, et le peuple pousse l'acclamation Amen, ensuite se fait la distribution des aliments consacrés, dont on envoie également quelque chose aux absents par les diacres. Ceux qui sont riches et veulent faire quelque largesse, donnent