‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 27 sur 150 · TATIEN · texte numérisé non relu

TATIEN

est distribué suppose une dispensation volontaire, et ne produit aucun défaut dans ce dont il est tiré. Ainsi, quand un flambeau sert à en allumer plusieurs autres, cette distribution de la lumière n'en diminue pas l'intensité dans le premier flambeau ; de même le Verbe sortant de la puissance du Père ne rend pas sans Verbe (sans raison), celui qui l'a engendré. Quand je vous parle et que vous m'entendez, le passage de mon verbe, de mon esprit au vôtre, ne fait pas que moi qui vous parle je devienne sans verbe, sans raison. Le Verbe engendré au commencement, engendra à son tour l'univers que nous voyons, ayant formé lui-même la matière première. Car la matière n'est pas éternelle, comme Dieu, et par le fait même elle n'est pas l'égal de Dieu ; elle est créée et non point par un autre que Dieu, ayant été produite, comme nous l'avons dit, par l'artisan, le démiurge de l'Univers.

La résurrection de la chair, [Orat., 6.)

Nous croyons qu'il y aura une résurrection des corps, quand la fin du monde sera arrivée. Cette fin du monde n'a rien de commun avec les idées stoïciennes, suivant lesquelles après un certain nombre de révolutions les choses périssent pour renaître, et ainsi de suite, sans aucune utilité ; elle n'aura lieu qu'une fois, quand sera accompli le nombre des siècles déterminés par Dieu, et ce sera pour toujours ; elle aura lieu pour fixer définitivement le sort des hommes, pour le jugement. Et si nous vous paraissons bavards et inconsidérés dans nos paroles, parce que nous croyons à cet enseignement, peu nous importe. — Avant de naître, j'ignorais qui j'étais ; une fois né, moi qui n'existais pas auparavant, j'ai acquis la certitude de mon existence ; de même moi qui existe maintenant, \q àc%«^ovm iV^Xx^ p/vf îo nmrt. on rosaora de

me voir, mais je reviendrai à l'existence, comme autrefois, alors que je n'existais point, j'y suis venu. Et quand bien même le feu ferait évanouir ma chair, les vapeurs ainsi produites se retrouveraient dans l'univers. Si je me noie dans un fleuve, dans la mer, même si je suis déchiré par les fauves, je ne suis que caché dans les réserves du Dieu qui est souverainement riche. L'incrédule, l'athée ignorent ce qui s'y passe ; mais Dieu, le grand Souverain, saura bien, le jour où il le voudra, rendre à cette substance, que seul il connaît, son état primitif.

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