‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 30 sur 150 · Proverbes, viii · texte numérisé non relu

Proverbes, viii

La Résurrection des morts {de Resurrect. mort., i2)j

Dieu n'a point créé l'homme en vain, car il est sage, et il n'y a point d'œuvres de la sagesse qui soit inutile. Il ne l'a point créé pour son utilité personnelle, cgï" il n'a besoin de rien, et à celui qui n'a besoin de rien, ses ouvrages ne sauraient être de quelque utilité. Ce n'est point non plus pour l'utilité de quelqu'une des créatures, qu'il a fait l'homme. Un être qui possède la raison et le jugement ne peut être créé pour l'utzlité d'une autre créature inférieure ou supérieure à lut ; il est créé pour lui-même, pour sa vie, pour sa perpétuité. Dès lors si l'homme n'a point été créé sans raison, sans but (rien n'est inutile dans les œuvres divines, pour autant du moins que cela dépend des desseins du Créateur), s'il n'a pas été créé pour l'utilité de son Créateur, ni pour l'usage d'une quelconque des créatures, il ejt bien clair que Dieu, si l'on considère la raison dernière et générale de son action, a créé l'hom^me pour faire resplendir cette bonté et cette sagesse qui se manifesta en toutes ses œuvres, et si l'on étudie la raison particulière de son action, on doit dire qu'il a fait l'homme pour que celui-ci ait la vie, et non point une vie qui s'allume pour quelques instants, pour s'éteindre définitivement. Aux reptiles, aux oiseaux, aux poissons, à tous les animaux, en un mot. Dieu a donné une vie de ce genre. Mais à l'être qui porte en lui-même l'image de son Créateur, à l'être doué d'intelHgence et de raison, le Créateur a promis une durée infinie. Il lui a donné comme destinée de connaître son auteur, sa puissance, sa sagesse, d'obéir à la loi et à la justice et par là d'arriver un jour à vivre sans souffrance, pourvu qu'il ait durant la vie courageusement supporté la lutte, dans son corps terrestre et corruptible.

Dans le temps que les apologistes s'eïïorçaient de parer aux périls extérieurs qui menaçaient l'Eglise, un autre danger surgissait, cette fois à l'intérieur du Christianisme Jamais les hérésies n'avaient manqué dans l'Éghse, mais la fin du ii® siècle en vit pulluler une incroyable variété. Sous le nom de Gnose, (gnôsis en grec veut dire science), des doctrines tendaient à se constituer, qui alhaient aux données de l'enseignement traditionnel de l'Église, les conceptions des diverses philosophies antiques, ou les rêves saugrenus des imaginations orientales. En face de cette gnose, il était indispensable d'affirmer la valeur de l'enseignement traditionnel, et de répudier toute alliance avec les nouveautés extravagantes des gnostiques ; ce fut l'œuvre des évêques. Mais il fallait en même temps que la doctrine chrétienne s'affirmât comme une science en face de cette gnose à prétentions scientifiques ; ce fut l'œuvre des docteurs. Isolés ou groupés en écoles, ils travailleront à faire la synthèse des données traditionnelles, à les organiser en un système qui pût se comparer non seulement aux extravagances des gnostiques, mais aux constructions les mieux équilibrées de la pliilosopliie antique ; ils seront les \Tais fondateurs de la théologie chrétienne.

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