‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 31 sur 150 · I. SAINT IRÉNÉE · texte numérisé non relu

I. SAINT IRÉNÉE

Saint Irénée est le plus représentatif de ces grands évêques xjui opposèrent la fermeté de leur enseignement aux entreprises des gnostiques. Né à Smyrne, vers 140, il a grandi dans l'entourage de l'évêque Polycarpe,un des derniers survivants de l'âge apostolique. A quelle époque a-t-il quitté l'Asie pour

r Occident, on l'ignore ; mais en 177, lors de la persécution de Marc-Aurèle, on le trouve dans l'Église de Lyon, prêtre et même chargé d'une mission auprès du pape Éleuthère. A son retour de Rome, il remplace sur le siège de Lyon l'évêque martyr saint Pothin, et lutte avec succès contre les hérétiques. Il retournera à Rome vers 190, intercéder auprès du pape saint Victor pour les églises d'Asie que celui-ci voulait séparer de sa communion. Après quoi on perd sa trace ; il n'est pas certain qu'il soit mort martyr. Son œuvre principale est le livre intitulé : « Exposition et réfutation de la prétendue Gnose ». Aux systèmes gnostiques qu'il étudie et expose largement, Irénée oppose avant tout la tradition apostolique conservée par l'Église infaillible.

L'Église et son Credo. {Hœres., i, 10.)

L'Eglise, aujourd'hui dispersée jusqu'aux extrémités de la terre, a reçu des apôtres et de leurs disciples la foi en un seul Dieu, le Père tout-puissant, qui a fait le ciel, la terre, les mers et tout ce qu'ils renferment ; et en un seul Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui s'est fait chair pour notre salut ; et au Saint-Esprit qui a prédit par les prophètes l'incarnation du bien-aimé Jésus-Christ Notre- Seigneur, et son double avènement, à savoir sa naissance de la Vierge, sa passion, sa résurrection d'entre les morts, son enlèvement corporel dans les cieux, et aussi son retour glorieux quand il descendra du ciel dans la gloire de son Père pour remettre toutes choses en l'état et ressusciter le genre humain tout entier. Alors devant le Christ Jésus, notre Seigneur, notre Dieu, notre Sauveur, notre Roi, selon qu'il a plu au Père invisible, tout genou fléchira au ciel, sur la terre et dans les enfers, et toute langue le confessera. Alors il rendra sur tous un juste jugement. Les esprits de méchanceté, les anges prévaricateurs et apostats, il les enverra au feu éternel, en même temps que les hommes impies, injustes, iniques, blasphémateurs. Quant aux justes, aux saints, à ceux

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qui ont gardé ses commandements et persévéré dans son amour, soit depuis le début de leur vie, soit depuis leur conversion, il leur donnera la ^^e, il leur accordera l'immortalité, il leur dispensera la splendeur éternelle. Tel est l'enseignement que l'Église a reçu, telle est la foi qu'elle garde avec un soin jaloux, bien qu'étant dispersée dans le monde entier, comme si elle habitait une seule maison. Elle croit à tout cela comme si elle n'avait qu'une seule âme, qu'un seul cœur ; c'est conformément à cette croyance qu'elle prêche, qu'elle enseigne, qu'ello instruit, comme si elle n'avait qu'une seule bouche. Les langues que l'on parle dans le monde sont diverses, mais la force de la tradition est partout la même. Les Églises établies dans les Germanies ne croient pas, n'enseignent pas autrement, ni autrement colles des Ibères, des Celtes, celles de l'Orient, d'Egypte, de SjTie, m celles qui sont établies au centre du monde (en Palestine). De même en effet que le soleil, cette créature de Dieu est le même dans tout le monde, de même la prédication de la vérité brille partout la même, et illumine tous les hommes qui veulent arriver à la connaissance de la vérité. Le plus habile, le plus disert de ceux qui sont à la tête des Églises (et il n'y a personne au-dessus du docteur) ne dira point autre chose que cela, et semblablement le plus faible, le moins intelligent n'altérera point dans ses paroles la tradition. Car, puisqu'il n'y a qu'une seule et même foi, le plus habile discoureur ne saurait l'amphfier, le moins disert ne saurait l'amoindrir.

Primauté de TÉglise Romaine. [Hsercs., m, 3.)

La tradition apostolique, répandue dans le monde entier, s'offre dans toute Église à la vue de ceux qui cherchent vraiment la vérité. Nous pouvons donner les noms de ceux qui furent institues évêques par les apôtres,

la liste de leurs successeurs jusqu'à nous. Aucun d'eux n'a enseigné, aucun d'eux n'a cru rien de semblable aux rêveries extravagantes de ces hérétiques. Si les apôtres avaient eu connaissance de mystères secrets, à enseigner secrètement et en cachette à des parfaits, ils les auraient certes livrés à ceux-là surtout qu'ils chargeaient du soin de leurs Églises. Car ils les voulaient parfaits et irréprochables en tout, ceux qu'ils laissaient com.rne successeurs, en les constituant maîtres à leur place ; leur bonne conduite serait pour les fidèles d'une grande utilité, comme aussi leur chute eût été la calamité suprême.

Mais il serait beaucoup trop long, dans un livre comme le nôtre, de faire le tableau des successions épiscopalos dans toutes les Eglises. Il nous suffira d'indiquer celle de la plus grande, de la plus ancienne de toutes les Églises, de la plus connue, fondée et établie à Rome par les deux glorieux apôtres Pierre et Paul. En indiquant la tradition que cette Église tient des apôtres, la foi qu'elle a annoncée à tous les hommes, et que la succession de ses évêques a fait parvenir jusqu'à nous, nous confondons tous ceux qui, pour quelque motif que ce soit, par complaisance en leurs idées, par vaine gloire, par aveuglement ou perversion de l'esprit ont ramassé des doctrines diverses en dehors de l'enseignement officiel. C'est à cette Église en effet, à cause de son autorité particulière, que doit aller toute autre Eglise, c'est-à-dire les fidèles, dispersés en tous lieux, toute Éghse où se conserve, par les soins de ceux qui viennent de toutes parts, la tradition apostolique.

En effet après avoir fondé et édifié l'Église, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de la gouverner: c'est ce Lin dont Paul fait mention dans les épîtres à Timothée. Il eut pour successeur Anaclet, après lui, au troisième rang depuis les apôtres^ Clément obtint l'épig-

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