Hébreux, xi, 24-26. — 2. II Corinthiens, xiii
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saire, avant d'aborder l'examen des autres questions, d'établir sur tous ces points une règle de foi fixe et précise. Beaucoup parmi les Grecs et les Barbares nous promettaient la vérité, mais nous les avons abandonnés, malgré leurs promesses captieuses, depuis que nous avons cru au Christ Fils de Dieu, et c'est à lui que maintenant nous demxandons de nous instruire. De même à présent nous nous trouvons en présence de gens qui se piquent tous, malgré leur désaccord, de posséder la véritable pensée du Christ. Mais, puisque l'enseignement ecclésiastique, transmis par les apôtres selon l'ordre de la succession légitime, se conserve jusqu'à ce jour dans les Églises, on ne doit recevoir comme article de foi, que co qui ne s'écarte en rien de la tradition ecclésiastique et apostolique.
Car il faut savoir que les saints apôtres, en prêchant la foi du Christ, manifestèrent à tous, même aux moins avancés dans l'intelligence de la science divine, les points jugés nécessaires, réservant le soin d'en rechercher les causes profondes à ceux qui auraient reçu les dons excellents de l'Esprit et particulièrement ceux de discours, de sagesse et de science. Ils se contentèrent d'expliquer le reste, sans en expliquer la cause, ni le mode pour laisser aux amis passionnés de l'étude et de la sagesse, dans les temps à venir, une matière où ils pourraient s'exercer avec fruit.
Or les points clairement enseignés dans la prédication apostolique sont les suivants :
Premièrement, il n'y a qu'un seul Dieu, créateur et ordonnateur de toutes choses, qui a tiré l'univers du néant. Dieu de tous les justes depuis l'origine du monde, Dieu d'Adam, d'Abel, de Seth, d'Énos, d'Enoch, de Noé, de Sem, d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, des douze patriarches, de Moïse et des prophètes. Ce Dieu, à la fin des temps, comme il l'avait auparavant promis par
ses prophètes, a envoyé Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour appeler à lui Israël d'abord, et ensuite les Gentils, à défaut du perfide Israël. Ce Dieu juste et bon. Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, est l'auteur de la Loi et des Prophètes, de l'Évangile et des apôtres, bref de l'Ancien et du Nouveau Testament.
En second lieu, Jésrus-Christ, le même qui est venu dans ce monde, est né du Père avant toute créature. Lui qui avait été le ministre du Père dans la création du monde — car tout a été fait par lui^ — il s'est anéanti à la fin des temps, en s'incarnant, tout Dieu qu'il était, et il s'est fait homme, tout en restant Dieu. Il a pris un corps, en tout semblable au nôtre, à cette différence près qu'il est né de la Vierge et de l'Esprit Saint. Ce Jésus est né et a souffert en toute vérité et non en apparence ; il a souffert la mort comme tous les hommes, il est vraiment mort ; il est vraiment ressuscité des morts et, après avoir conversé avec ses disciples, il est monté au ciel.
Ensuite la tradition apostolique associe au Père et au Fils, en honneur et en dignité, le Saint-Esprit. Mais de savoir s'il est engendré ou non, s'il doit ou non être considéré comme Fils de Dieu, c'est un point qui n'apparaît pas clairement ; et c'est une question qu'il convient de résoudre par l'étude attentive de la Sainte Écriture et par l'effort du raisonnement. Mais ce que l'Église enseigne manifestement, c'est que cet Esprit a inspiré chacun des écrivains sacrés, prophètes ou apôtres, et qu'il n'y a point à distinguer un Esprit qui se soit manifesté dans l'x^ncien Testament et un autre qui se serait produit dans le Nouveau.
L'Église enseigne aussi que l'âme est une substance douée d'une vie propre, qui, au sortir de ce monde, ser^