I Corinthiens, xv
OBIGENE
leur nature et leur manière d'être. Cependant la plupart sont d'avis que le diable fut jadis un ange et qu'il entraîna dans sa défection un grand nombre de ses compagnons appelés maintenant ses anges.
Un autre point de la doctrine ecclésiastique est que ce monde a été fait, et qu'il a commencé à un certain moment, et qu'il se dissoudra un jour en vertu de sa corruptibilité native. Mais on ne sait clairement ni ce qui existait avant ce monde, ni ce qui existera après lui. Sur ce point la prédication ecclésiastique n'est pas évidente.
L'Esprit Saint, auteur des Écritures, leur donne outre le sens qui est à la surface, un autre sens qui échappe au plus grand nombre. Les récits sacrés sont les types ou les figures de mystères divins. L'Église entière s'accorde à dire que toute la Loi est spirituelle, mais le sens spirituel de la Loi est connu seulement de ceux à qui l'Esprit Saint daigne accorder la sagesse et la science.
Le terme à"* incorporel^ presque inusité d'ailleurs, est absent de l'Écriture. Nous rechercherons cependant si la notion de l'être incorporel, toi que l'entendent les philosophes, n'existe pas sous un autre nom dans l'Écriture. Il faudra aussi étudier comment nous devons concevoir la divinité, si c'est avec un corps et une certaine figure ou d'une autre manière ; l'enseignement ecclésiastique en effet ne tranche pas ce point avec une pleine évidence. Nous poserons la même question au sujet du Fils et du Saint-Esprit ; et aussi à propos des âmes et de toutes les natures iiiteHigentes.
Enfin l'Église enseigne également l'existence des anges et des vertus célestes que Dieu emploie pour le salut des hommes. Quand farent-ils créés, et dans quel état, quelle est leur manière d'être, la foi ne nous l'npprend pas clairement.
68 L'ÉCOLE d'alexandrie
Pour obéir à ce précepte divin : Eclairez-vous à la lumière de la science,^ il faut prendre pour base ces principes et ces fondements, si Ton désire former de tout cela un corps suivi de doctrines. Il faut scruter chaque point particulier pour savoir ce qu'il y a de certain et d'incontestable, puis réunir en un tout ces assertions ot ces analogies, qu'elles soient fournies directement par la sainte Écriture, ou déduites comme conséquences par voie de raisonnement.
Les Fins dernières.
1) Les Preuves de la Résurrection des corps : (Commentaire sur I Corinthiens, xv. 23).
Les hérétiques qui prétendent professer la foi de l'Église et qui la ridiculisent comme une croyance de gens déraisonnables, la rejettent en fait, sinon en parole, en niant la résurrection telle que l'Éghse la croit. Essayons de les réfuter par ce texte de l'Apôtre et par une foule d'autres passages. Le Christ est-il ressuscité, oui ou non ? Sur ce point les hérétiques sont d'accord avec nous. Mais si le Christ est ressuscité des morts et s'il est le premier-né d'entre les morts, il faut que la résurrection du Christ soit du même ordre que la nôtre, puisque le premier-né ne saurait être d'une nature différente... Or Jésus est ressuscité avec son corps, puisqu'il a mangé et bu après la résurrection, comme saint Jean en fait foi... C'est donc une impudence de soutenir, comme le font certains, que le Christ est ressuscité des morts, mais que les morts ne ressuscitent pas. En disant de cœur, «iinon de bouche, que les morts ne ressuscitent pas, on nie, équivalemment la résurrection de Jésus-Christ. Car si la négation est générale, elle com-