Isaïe, Lxiii
d'autre part il montre par son exemple même que dans le calice il faut mêler l'eau et le vin. En effet, la veille de sa passion, il prend le calice, le bénit et le donne à ses disciples en disant : « Buvez-en tous. Ceci est le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour beaucoup en rémission des péchés. Or je vous le déclare, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu'au jour où je boirai avec vous le vin nouveau dans le royaume de mon Père. » ^ Où nous voyons clairement que c'était un calice de vin et d'eau que le Seigneur offiit, et que c'est le vin qu'il a déclaré être son sang. Dès lors il est évident que le sang du Christ n'est pas offert, si le vin manque dans le calice ; que le sacrifice du Seigneur n'est point célébré par une consécration légitime, si notre offrande, si notre sacrifice ne correspond point à la Passion du Sauveur. Comment pourrons-nous boire le vin nouveau, fruit de la vigne, avec le Christ dans le royaume du Père, si dans le sacrifice offert au Père, nous n'offrons point le vin du Christ, si nous ne mélangeons point l'eau et le vin dans le calice du Seigneur suivant la tradition qui nous vient de lui-même.
Le bienheureux apôtre Paul élu, envoyé, constitué par le Seigneur prédicateur de la vérité évangélique, déclare la même chose dans son épître quand il dit : « Le Seigneur Jésus, dans la nuit qu'il fut livré, prit du pain, et rendant grâces il le rompit et dit : Ceci est mon corps, qui sera livré pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. Semblablement, après qu'on eut soupe, il prit le calice en disant : Ce calice est la nouvelle alliance dans mon sang. Chaque fois que vous le boirez, faites ceci en mémoire de moi. Car chaque fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. » ^ Si donc lo