Matthieu, v
des plus petits commandements du Seigneur, combien plus est-il défendu d'enfreindre ces préceptes si grands, si importants, qui touchent de si prés à la passion du Sauveur et à notre rédemption, ou d'échanger pour une tradition humaine ce qui a été di\ânement institué. Car si Jésus-Christ notre Seigneur et notre Dieu est luimême le grand-prêtre de Dieu le Père, et s'est offert le premier en sacrifice à son Père, s'il a ordonné de faire cela en mémoire de lui, vraiment le prêtre remplit icibas les fonctions du Christ, qui imite ce que le Christ a fait ; il offre dans l'Église à Dieu le Père le sacrifice véritable et parfait, s'il procède, dans son offrande, de la manière même qu'il a vu le Christ procéder.
Et puisque nous rappelons le souvenir de sa passion dans tous nos sacrifices, car le sacrifice que nous offrons c'est la passion du Seigneur, nous ne devons point faire autre chose que ce qu'il fit lui-même. L'Écriture dit : « Chaque fois que vous mangerez ce pain et que cous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il revienne. » ^ Chaque fois donc que nous offrons le calice en mémoire du Seigneur et de sa passion, faisons ce qu'il est évident que le Seigneur a fait.
En résumé, mon très cher frère, il convient à notre religion, à notre crainte de Dieu, au rang que nous tenons, à l'office sacerdotal que nous exerçons, de garder en mêlant et en offrant le calice la véritable tradition du Seigneur, de redresser, sous l'inspiration du Seigneur^ les erreurs que plusieurs ont commises. De la sorte, le jour où il viendra dans sa gloire, dans sa majesté céleste, il nous trouvera occupés à garder ce qu'il nous a transmis, à observer ce qu'il a enseigné, à faire ce qu'il a fait.
Je souhaite, très cher frère, que vous vous portiez toujours bien.