‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 50 sur 150 · I Corinthiens, xi · texte numérisé non relu

I Corinthiens, xi

/ >nn A D\l

Décision de saint Cyprien dans la question du baptême des hérétiques. (Epist. 70.)

Cyprien et ses collègues de la province d'Afrique à Januarius et à ses collègues de Numidie, salut. Réunis en concile, nos très chers frères, nous avons lu les lettres que vous nous avez adressées au sujet de ceux qui ont été baptisés par les hérétiques ou les schismatiques. Quand ils reviennent à l'Église catholique, qui est la seule, la vraie Église, doivent-ils être baptisés de nouveau ? Sur ce point vous tenez ferme chez vous à la vérité de la règle catholique ; puisque néanmoins, eu égard à notre commune charité, vous avez jugé bon de nous consulter, nous vous exprimons notre avis, qui d'ailleurs n'a rien de nouveau, et nous joignons avec pleine unanimité au vôtre le suffrage déjà exprimé par nos prédécesseurs et gardé par nous. Donc nous sommes d'avis, et nous tenons pour certain que nul ne peut être validement baptisé en dehors de l'Église, parce qu'il n'y a qu'un seul baptême établi dans la sainte Église, et qu'il est écrit : « Ils nCont abandonné^ dit le Seigneur^ moi la source d''eau ciVe, et ils se sont creusé des citernes crevassées^ qui ne peuvent garder Veau. » ^ Et ailleurs la sainte Écriture nous avertit : « Abstiens-toi de Veau étrangère, ne va pas boire à la source des eaux profanes, ^ ^

Il faut donc que l'eau soit purifiée et sanctifiée par le prêtre, pour qu'elle puisse, dans le baptême, laver les péchés de l'homme qu'on baptise. C'est ce que dit le Seigneur par la bouche du prophète Ezéchiel : « Je vous aspergerai d'eau pure et vous serez purifiés de toutes vos souillures ; je vous purifierai de toutes vos idolâtries, je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un nouvel esprit, » ^ Mais comment pourrait-il Durifier et sanctifier l'eau, celui qui est lui-même souillé, et chez qui n'habite point le Saint-Esprit ? le Seigneur

1. JéFémie, ii, 13.— 2. Proverbes, ii, 15-17.- 3. Ezéchiel, xxxvi, 25-26.

ne dit-il pas dans les Nombres : « Tout ce que touchera celui qui est impttr^ sera souillé ? ^ » Ou comment le baptiseur pourrait-il accorder à un autre la rémission des péchés, lui qui, se trouvant en dehors de l'Église, ne peut déposer ses péchés ? D'ailleurs l'interrogation que Ton fait au baptême nous est témoin de la vérité de ce que nous affirmons. Quand nous disons au catéchumène : « Crois-tu à la vie éternelle et à la rémission des péchés par la sainte Eglise ? » nous entendons bien que la rémission des péchés n'est donnée que dans l'Église, tandis que chez les hérétiques, où il n'y a point d'Église, il n'y a point non plus de rémission des péchés. Que ceuxlà donc qui prétondent que les hérétiques peuvent baptiser validement, changent cette interrogation, ou bien qu'ils proclament comme une vérité, que ces hérétiques, à qui ils accordent le baptême, ont aussi une Église.

Il faut aussi que le baptisé reçoive l'onction, afin que ayant reçu le chrême, o'est-à-dire Tonction, il puisse être l'oint de Dieu, et avoir en lui la grâce du Christ. Or c'est pendant l'eucharistie qu'est consacrée sur l'autel l'huile dont les baptisés sont oints. Mais celui qui n'a ni Egli^,e, ni autel n'a pu consacrer l'huile sainte. Dès lors ne peut exister chez les hérétiques l'onction spirituelle, puisqu'il est bien clair que l'huile ne peut chez eux être bénite, ni l'eucharistie consacrée. D'ailleurs nous devons nous souvenir de ce qui est écrit « que Vhuile du pécheur n^ oigne point ma tète ». ^ C'est un avertissement donné à l'avance par l' Esprit-Saint dans les Psaumes, de ne point sortir du chemin de la vérité en allant demander T onction sainte chez les hérétiques et les adversaires du Christ*

Et quelle prière peut bien faire pour le baptisé le prêtre sacrilège et pécheur, alors qu'il est écrit : « Dieu rCécoute pas le pécheur^ mais si quelqu'un Vhonore et fait sa colonie, celui-là il V écoute,))^ Qui donc peut donner

Page 1