F DOGME
Le nom d^ancienne littérature chrétienne est plus spécialement réservé à l'ensemble des productions clirétiennes écloses avant le Concile de Nicée en 325. Cette littérature anténicéenne débute avec les dernières années du premier si'^cle, s'épanouit vers le milieu du second, se développe vigoureusement à la fin de ce siècle, pour jeter tout son éclat au cours du troisième. Des caractères assez nets la séparent de celle qui fleurira après le triomphe de l'Église. Plus spontanée, moins apprêtée, la littérature anténicéenne reflète avec plus de fidélité la vie intérieure, morale ou intellectuelle des primitives communautés. Préoccupés surtout de former à la vie chrétienne les nouveaux convertis du paganisme, les premiers écrivains, ceux que l'on nomme les Pères apostoliques nous renseignent, dans des productions, hélas trop peu nombreuses, sur ce qui se passe au sein des premières chrétientés. Les Apologistes du second siècle attireront surtout l'attention sur les périls que crée pour 1 Eglise naissante sa situation extra légale dans 1 empire romain. Les Docteurs de l'âge suivant auront fort à faire pour conjurer des dangers non moins graves, que crée, au sein même de la chrétienté, l'intempestive démangeaison de tout savoir, de tout critiquer, de tout démontrer. C'est à l'hérésie surtout qu'ils auront affaire, parfois au schisme. Rien de plus instructif pour l'histoire du dogme chrétien que ces premières réfutations des nouveautés hétérodoxes, que ces premières synthèses opposées par nos docteurs aux vastes constructions de certaines dissidences. — Il s'en faut d'aifleurs que ces essais de théologie dogmatique se coulent toujours