‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 6 sur 150 · AVANT LE CONCILE DE NICEE · texte numérisé non relu

AVANT LE CONCILE DE NICEE

en des formules identiques à celles que nous avons accoutumé de lire. C'est par des tâtonnements successifs que s'élaboreront les formules dogmatiques en lesquelles s'incarnent les vérités révélées. Et c'est le grand intérêt de la littérature anténicéenne, que de nous faire toucher du doigt, les approximations successives par lesquelles le christianisme est arrivé à une conscience claire du contenu de la révélation.

Depuis le xviii® siècle on désigne, sous le nom de Pères apostoliques, les écrivains ecclésiastiques qui ont paru à la fin du i^^ et au début du ii^ siècle, et qui sont censés avoir reçu des apôtres ou de leurs disciples immédiats les enseignements qu'ils nous transmettent. Leur importance particulière dans l'histoire du dogme chrétien leur vient moms des situations qu'ils occupèrent ou de la grandeur des ouvrages qu'ils ont laissés, que de leur haute antiquité. Témoins des croyances et des pratiques de l'Église tout à fait primitive, ils nous renseignent sur ce qu'étaient les préoccupations, les idées, la vie morale et religieuse de ceux qui furent nos pères dans la foi.

Le titre de Pères apostoliques convient avant tout à deux évêques. Clément de Rome et Ignace d'Antioche, dont la personnalité nous est bien connue ; il s'applique ensuite aux auteurs moins connus ou même anonymes de la Doctrine des douze apôtres^ de VÊpitre dite de Barnabe^ du Pasteur, et de l'homélie dite seconde èpître de saint Clément.

l. LA DOCTRINE DES DOUZE APOTRES.

Ce petit livre anonyme, qui a joui dans toute l'antiquité chrétienne d'une vogue remarquable, avait depuis longtemps, disparu, quand un exemplaire manuscrit en fut découvert en 1883, dans la Bibliothèque de l'Hospice du Saint-Sépulcre à Constantinople. Ce n'est pas autre chose qu'un petit catéchisme à l'usage des fidèles, et qui contient sous forme d'exposition suivie les points principaux de la morale chrétienne, les règles concernant la hiérarchie ecclésiastique, les fêtes et l'administration des deux sacrements de Baptême et d'Eucharistie. C'est à cette dernière partie que sont emprun-

tées les prières suivantes qui accompagnaient la liturgie eucharistique. Elles sont certainement très anciennes, bien que la date de ce petit écrit ne puisse être déterminée avec précision (90-120).

Les prières eucharistiques. {Didaché, ix, x.)

Quant à l'eucharistie, rendez grâce ainsi. D'abord pour le calice : « Nous te rendons grâce, ô notre Père, pour la sainte vigne de David ton serviteur, que tu nous as fait connaître par Jésus ton serviteur. A toi la gloire dans les siècles ! »

Puis pour le pain rompu : « Nous te rendons grâce, ô notre Père, pour la vie et la science, que tu nous as fait connaître par Jésus ton serviteur. A toi la gloire dans les siècles ! Gomme ce pain, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli pour devenir un seul tout, qu'ainsi ton Église soit recueillie des extrémités de la terre dans ton royaume. Car à toi est la gloire et la puissance par Jésus-Christ dans les siècles ! »

Que nul ne mange, ni ne boive de votre eucharistie, sinon ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur, car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit : « Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens. »

Après vous être rassasiés, rendez grâce ainsi : « Nous te rendons grâce, Père saint, pour ton saint nom que tu as fait habiter dans nos cœurs, et pour la connaissance, la foi et l'immortalité, que tu nous as fait connaître par Jésus ton serviteur. A toi la gloire dans les siècles ! C'est toi, maître tout-puissant, qui as tout créé à l'honneur de ton nom, qui as donné aux hommes la nourriture et la boisson en jouissance, pour qu'ils te rendent grâce ; mais à nous tu nous as accordé une nourriture et un breuvage spirituels, et la vie éternelle par ton serviteur. Avant tout nous te rendons grâce, parce que tu es puissant. A toi la gloire dans les siècles. Souviens-toi, Sei-

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