LES GRANDES CONTROVERSES THÉOLOGIQUES
du Concile de Nicée à celui de Chalcédoine
Un grand événement religieux marque le début du ïv® siècle. Le christianisme, persécuté depuis deux siècles et demi, est d'abord officiellement toléré, (édit de Milan 313), puis favorisé par le gouvernement impérial, en attendant qu'il devienne la seule religion reconnue par l'État (392). Mais cette protection accordée à l'Église par l'empereur ne va pas sans de graves inconvénients. Les querelles dogmatiques n'avaient pas été inconnues durant les premiers siècles de l'Église ; elles recommencent avec une vigueur toute nouvelle au iv^ siècle, et la faveur même que plusieurs empereurs vont accorder à certaines tendances hérétiques, permettra aux controverses théologiques de se prolonger indéfiniment. — Ces controverses dont plusieurs furent très funestes à l'ÈgHse ne furent pas d'ailleurs sans résultat heureux. Elles ont forcé les docteurs à prendre une vue plus exacte du dogme chrétien, à en rechercher plus soigneusement les preuves, à en étudier davantage les rapports. Aussi le IV® et le v® siècle sont -ils par excellence la grande époque de la littérature chrétienne. — D'autre part, la culture classique a pénétré de plus en plus dans l'Éghse. Si l'on met à part les Africains, les anciens auteurs s'étaient peu préoccupés de la forme extérieure de leurs écrits. Formés à l'école des grands maîtres, les Pères des iv« et v® siècles y attacheront plus d'importance. Au moment où la littérature profane s'éteint à Rome et en pays grec, c'est l'Église qui continue la tradition classique. Basile et Chrysostome en Orient, Ambroise et Augustin en Occident vont prolonger de plus d'un siècle la vie des httératures grecque et romaine.