‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 58 sur 150 · Is; ', LUI · texte numérisé non relu

Is; ', LUI

ÈUSEBE DE CÉSARÊE 119

ne connaît le Père^ si ce n'est le FitSy et personne ne connaît le Fils comme il convient^ hormis le Père qui Va engendré. ))'^ CqHq lumière plus ancienne que le monde, cette sagesse intellectuelle et substantielle qui a précédé les siècles, ce Verbe-Dieu qui \\t et existe au commencement dans le Père, qui le comprendrait purement, sinon le Père ? Il est antérieurement à toute création et à toute organisation d'êtres visibles et in^^sibles le premier et Punique rejeton de t)ieu, le chef de l'armée céleste des esprits immortels, l'ange du grand conseil, le ministre de la pensée cachée du Père ; il est avec le Père l'ouvrier de l'univers, la seconde cause après le Père de tout ce qui existe, le Fils engendré et unique de Dieu, le maître, îe Dieu, le roi de toutes les créatures. ^ Il a reçu de son Père la domination, la force avec la divinité, la puissance et l'honneur, car il est dit de lui, selon la mystérieuse théologie des Écritures qui traite de lui : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu ; tout a été fait par lui et sans lui rien rCa été fait. » ^

Le grand Moïse, le plus ancien de tous les prophètes, décrivant soUs l'action de l'Esprit divin la création et l'organisation du monde, enseigne que le Créateur et ouvrier de l'univers n'a accordé qu'au Christ, comme à son Verbe divin et premier né, et non pas à d'autres, la création des êtres subordonnés. Et il montre le Créateur s'entretenant avec lui de la création de l'homme : « Dieu dit : Faisons Vhomme à notre image et ressemblance. » * Un autre prophète se porte garant de cette parole ; voici comme il parle de Dieu dans ses chants :

1. Matthieu, xi, 27. — 2. Ceci a été écrit quinze ans» peut-être, avant le Goncilo de Nicée. Les différentes qualités attribuées au Verbe sont expiiraées dans un langage orthodoxe, mais un peu flottant. Il .suffirait d« peu de choses pour lui faire exprimer la doctrine officielle de r Église ; mais il suffirait aussi d'un rien pour qu'il se rapprochât des tendances ariennes. — 3. Jean i, 1-2. — 4. Genèse,i, 26.

« Il diiy et les êtres existèrent^ il ordonna, et ils furent créés.. ^^'^ Il présente ainsi le Père et créateur commandant en souverain avec un geste royal, et au second rang après lui, le Verbe divin, celui-là même qui nous a été prêché, exécutant les ordres paternels.

Tous ceux que, depuis la création de l'homme, l'on dit s'être distingués dans la justice et la vertu de religion, les disciples de Moïse, ce grand serviteur de Dieu, avant lui Abraham et ses enfants, ceux qui furent après lui justes et prophètes, tous l'ont contemplé avec l'œil pur de leur intelligence ; ils l'ont reconnu et lui ont rendu l'honneur qui convient au Fils de Dieu. Luimême, du reste, n'a jamais négligé le culte religieux de son Père, et il a été pour tous le maître de la connaissance du Père. Dieu et Seigneur, il est dit s'être laissé voir sous les traits d'un simple mortel à Abraham assis près du chêne de Mambré ^ : le patriarche se prosterne aussitôt et quoique ses yeux ne lui laissent apercevoir qu'un homme, il l'adore comme un Dieu, et le prie comme un Seigneur. ^ Il confesse qu'il n'ignore pas qui il est, lorsqu'il lui dit en propres termes : « Seigneur^ toi qui juges toute la terre, ne feras-tu pas justice? » * La raison ne peut aucunement prouver que la nature non engendrée et immuable du Dieu tout-puissant se soit changée en une forme humaine, ou qu'elle ait trompé les yeux par la vaine apparence d'une créature, ou que l'Écriture ait imaginé ce récit d'une façon mensongère. Ce Dieu et Seigneur qui juge toute la terre, et qui rend

1. Psaume cxlviii, 5. — 2. C'était une idée courante, depuis les Apologistes (voir Justin, p. 42) que les diverses manifestations de Dieu mentionnées dans l'Ancien Testament devaient être rapportées non au Père, inaccessible et invisible par nature, mais au Fils. Cette explication qui fut très en vogue au ii» et au me siècle, disparut après les controverses ariennes. Elle semblait admettre une différence de nature entre le Père et le Fils. — 3. Genèse, xviii, 2 sq. — 4. Genèse, ibid., 25.

la justice, qui a été vu sous les dehors d'un homme, quel autre nom lui donner, puisqu'il n'est pas permis de dire qu'il est la cause première de l'Univers, sinon celui de son Verbe qui existait avant la création ? Il est dit de lui dans.les Psaumes : « Il a envoyé son Verbe^ et il les a guéris et il les a délivrés de leur corruption. » ^ Moïse le présente en termes très clairs comme le second maître après le Père, lorsqu'il déclare que : « Le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe le soufre et le feu de la part du Seigneur. » ^ Lorsqu'il apparut de nouveau à Jacob sous forme humaine, la divine Écriture l'appelle Dieu ; alors il dit au patriarche : « Ton nom ne sera plus Jacoby mais Israël, car tu as été fort avec Dieu. » Alors, aussi Jacob nomma ce lieu : Vision de Dieu, « car, dit-il, fai vu Dieu face à face et mon âme a été sauvée. » ^

Qu'il s'agisse d'anges inférieurs à Dieu, dont ils sont les serviteurs, dans les apparitions ainsi décrites, c'est ce qu'il n'est pas permis de penser ; car chaque fois que l'un d'eux s'est montré aux hommes, le texte sacré ne le cache pas et il n'attribue le fait ni à Dieu, ni au Seigneur, mais il nomme formellement les anges ; il est aisé de s'en convaincre dans un grand nombre de passages.

Et semblablement le successeur de Moïse, Josué, appelle ce personnage le prince des anges célestes, des archanges et des puissances qui sont au-dessus du monde, la puissance et la sagesse du Père, celui à qui a été confiée la seconde place dans la royauté et le gouvernement de l'univers, le chef suprême des armées du Seigneur, après qu'il lui eût derechef apparu sous la forme et l'aspect d'un homme. Il est écrit en effet : « Il arriva, lorsque Josué était à Jéricho : il leva les yeux, et, ayant regardé, il vit un homme qui se tenait en face' de lui, une épée nue à la main, et Josué s'avança en

1. Psaume cvi, 20. — 2. Genèse , xix, 24. — 3. Genèse, xxxii, 28-30.

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disant : « Es-tu des nôtres ou des ennemis ? » Il lui répondit : « Je suis le chef suprême de la puissance du Seigneury et maintenant me voici. » Et Josué tombant la face contre terre dit : « Maître qu"* ordonnes-tu à ton seri>iteur ? » Et le chef des armées du Seigneur dit à Josué : « Qaiite tes sandales-, car le lieu où tu"j-e tiens est un lieu sacrée »^ Il ressort évidemment de ce langage, que celui qui P^rle en cet endroit n'est pas différent de celui qui s'est nommé à Moïse, car l'Écriture se sert des mêm^es termes pour celui-ci : « Comme le Seigneur le ç>it qui s"" approchait pour contempler la çision, le Seigneur Vappela du buisson : « Moise^ Moïse / — Qu^y a-t-il ? » demanda celui-ci. Et le Seigneur reprit : v N'' approche pas ainsi-, mais quitte tes sandales-^ car le sol que tu fçules est une terre, sainte^ » Et il ajouta : « Je suis le Dieu de ton père y le Dieu d^ Abraham^ le Dieu d'Isaac^ le Dieu de Jacob. » ^

Qu'il ait existé avant le monde une substance \'ivante et subsistante qui a aidé le Père et Dieu de l'univers dans la création de tous les êtres, qu'elle soit appelée Verbe de Dieu et Sagesse, en outre des preuves déjà apportées, on peut l'inférer de ce que cette Sagesse divine dit elle-même, lorsqu'elle déclare très nettement par la bouche de Salomon : « Je suis la Sagesse^ fhabite dans le conseil^ et je m'appelle science et intelligence. Par moi les rois régnent et les puissants écrivent la justice. Par moi les grands dominent et les tyrans commandent à la terre. » Et elle poursuit : « Le Seigneur m^a formée comme commencement de ses voies , en vue de ses œuvres ; il m'a établie avant les siècles. Avant de créer la terre, avant de faire couler les sources des eaux, avant d'asseoir les montagnes sur leurs bases, avant toutes les collines il m'a engendrée. Lorsqu'il préparait le ciel, frétais avec lui ; lorsqu'il établissait les sources constantes sous les deux, j''étais assise et fagissais avec

1, Josué, V, 13-lG. — 2. Eîfoëç m, 4-6.

EUSÈBE DE CESÀRÉE 123

lui. J^étais assise là où il se réjouissait chaque jour, et j^exultais devant lui à toute occasion, tandis qu'il s^ applaudissait d^ avoir créé la terre. » ^

Le Verbe divin existait donc avant l'univers et il s'est manifesté à certains, sinon à tous, ainsi que je viens de l'exposer brièvement. Pourquoi ne fut-il pas annoncé autrefois à tous les hommes et dans toutes les nations, comme il l'est aujourd'hui ? Voici l'explication qu'oA en pourrait donner : le genre humain dans l'antiquité n'était pas capable d'atteindre la doctrine du Christ, parfaite en sagesse et en vertu. Tout d'abord le premier homme vécut au sein du bonheur, mais il transgressa le précepte de Dieu et tomba dans l'existence corruptible et méprisable qui est la nôtre. Il reçut en partage la terre maudite que nous habitons, à la place des déhces divines d'autrefois. Ses descendants la peuplèrent dans son entier, mais tous, sauf un ou deux, se montrèrent beaucoup plus méchants que lui et s'abandonnèrent à une vie brutale et déréglée...

Alors que le vertige de la malice était intense et sévissait sur tous, ou peu s'en faut, alors que semblable à une affreuse ivresse il aveuglait et enténébrait les âmes de presque tous les hommes, la Sagesse, première fille et première œuvre de Dieu *, le Verbe préexistant luimême, dans l'excès de son amour pour les hommes, se manifesta à ceux qui étaient au-dessous de lui ; tantôt il se servit d'apparitions angéhques ; tantôt, ainsi qu'il était loisible à la puissance d'un Dieu sauveur, il se montra lui-même dans ces temps anciens à un ou deux amis de Dieu : il prenait la forme humaine, car il ne pouvait en être pour eux autrement.

1. Proverbes, viii, 12, 14-16, 22-30. — 2. C'est dans celte insistance à employer ce passage du livre des Proverbes, objet de tant de contestations, que se révèle le mieux lô subordinatianisme latent d'Eusèbe. Loin de le contenir, les controvefôes ariennes ne feront que reiagérer.

Ceux-ci jetèrent des semences de religion dans la multitude des hommes, et, sur la terre, la nation qui descend des anciens Hébreux se rallia tout entière à ce culte divin. Dieu lui donna alors par le prophète Moïse, comme à une multitude encore imbue des anciennes mœurs, des figures et les symboles d'un sabbat mystérieux, les initiations de la circoncision et d'autres préceptes spirituels, mais non pas l'intelligence claire des secrets contenus dans tous ces mystères. Lorsque la législation des juifs fut connue, elle se répandit dans le reste du monde comme une brise chargée de parfums ; les Hébreux furent ainsi cause que la plupart des peuples s'efforcèrent par leurs législateurs et leurs philosophes d'adoucir leurs mœurs et changèrent en douceur leur barbarie sauvage et brutale. Ce fut le règne de la paix profonde, de l'amitié et des bons rapports entre les hommes : alors tous les autres hommes et les nations de la terre, ainsi préparés devinrent capables de recevoir la notion du Père, Alors de nouveau, le maître des vertus, le ministre du Père en tout bien, le Verbe divin et céleste de Dieu parut lui-même dans un corps humain, qui ne différait en rien du nôtre, au commencement de l'Empire romain ; il réalisa et souffrit ce qu'avaient annoncé les prophètes. Hs avaient prédit qu'il viendrait au monde Dieu et homme, pour faire des œuvres surprenantes et qu'il paraîtrait à tous les peuples comme le maître qui enseigne la religion du Père. Hs avaient annoncé le prodige de sa naissance, la nouveauté de sa doctrine, les merveilles de ses œuvres, puis le genre de mort qu'il devait subir, sa résurrection et enfin son divin retour dans les cieux.

Quant à son règne final, le prophète Daniel l'a connu par l'illumination de l'Esprit divin ; il raconte ainsi sa vision, l'accommodant à la capacité de l'homme : « Je regardais^ dit-il, jusqu'à ce que des trônes fussent placés

et que V Ancien des jours fût assis. Et son çêtemenl étincelait comme la neige^ et les cheveux de sa tête ressemblaient à une toison éclatante de blancheur ; son trône était une flamme de feu, et les roues étaient un feu brûlant ; un fleuve de feu coulait devant lui ; mille milliers le servaient et dix mille myriades se tenaient devant lui ; il commença le jugement et les livres furent ouverts.^ Et un peu plus loin : « Je regardais, dit-il, et voici qu^avec les nuées du ciel vint comme un fils de Vhomme et il alla jusqu'à V Ancien des jours et il approcha en face de lui ; et à lui fut donné le commandement, Vhonneur, la royauté, et tous les peuples, tribus et langues le servent ; son pouvoir est un pouvoir éternel, qui ne passera pas, sa royauté ne sera pas détruite. » ^ Il est clair que ceci ne s'applique à personne autre qu'à notre Sauveur ; il était auprès de Dieu, au commencement, comme Verbe-Dieu : plus tard, son incarnation fit de lui le fils de l'homme. J'ai du reste rassemblé dans des commentaires spéciaux un choix de prophéties qui concernent notre Sauveur Jésus-Christ et j'ai montré en d'autres écrits d'une façon plus étendue qu'elles s'appliquent à lui ^ : je me contenterais donc à présent de ce qui vient d'être exposé.

La prééminence de Jésus- Christ. {Hist. EccL, 1. 1, ch. m.)

Les Hébreux n'honoraient pas seulement du nom de Christ les souverains pontifes sur qui, à cause du symbole, avait coulé l'huile consacrée, mais aussi les rois que les prophètes divinement inspirés avaient oints et présentés comme des figures du Christ ; ceux-ci portaient en effet en eux l'image du pouvoir royal et

1. Daniel, vu, 9-10, 13-14. , — 2. Allusion à la Préparation et la Démonstration évangélique dont la dernière surtout est une apologie du Christianisme par les prophéties.

i26 LA CONTROVERSE ARIENNE

suprême du seul et vrai Chiist, du Verbe divin qui règne sur tous les êtres. Nous avons appris encore que certains prophètes sont eux-même-s devenus, par l'onction, des Christs figuratifs ; parce que tous ceux-ci avaient une ressemblance avec le véritable Christ, le Verbe divin et céleste, le seul souverain prêtre de l'univers, le seul roi de toute la création, le seul chef des prophètes de son Père*

Cela montre clairement que, de tous ceux qui ont autrefois reçu l'onction symbolique, pas un, prêtre, roi ou prophète n'a possédé la force de la vertu divine à un aussi haut degré que notre Sauveur et Seigneur Jésus, Tunique et vrai Christ. Aucun de ces hommes, si illustres dans leur patrie par leur dignité et l'honneur qu'ils tiraient de la longue suite de leurs ancêtres, n'a emprunté au nom figuré de Christ qu'il portait le nom même de ses sujets ; aucun ne les a appelés chrétiens ; aucun n'a reçu d'eux un culte quelconque ; après la vie aucun n'a excité un amour tel qu'on fût prêt à mourir pour lui ; pour aucun d'eux il ne s'est produit un tel ébranlement de toutes les nations de la terre ; la force du symbole qu'ils portaient était impuissante à enfanter des prodiges comme la présence de la vérité qui parut dans notre Sauveur. Lui, il n'a reçu de personne les symboles et les insignes du souverain sacerdoce ; il n'était pas de race sacerdotale, il n'a pas été élevé sur un trône par la main des soldats, il n'a pas été prophète à la façon de ceux d'autrefois et il n'a dû aux Juifs absolument aucune charge ni aucune dignité ; cependant son Père les lui a toutes données, non en symbole, mais d'une façon tout à fait véritable. Quoiqu'il n'ait aucun des titres que nous venons de citer, il est pourtant appelé Christ à meilleur titre que tous les autres, et parce qu'il est le seul et vrai Christ de Dieu, il a rempli le monde entier du nom vraiment vénérable et sacré que tirent de lui

les Chrétiens. Il n'a pas transmis à ses adhérents des allégories, ni des figures, mais la réalité des vertus et une vie céleste par les dogmes mêmes de la vérité. L'onction qu'il a reçue n'a rien d'une préparation matérielle ; c'est l'onction divine par l'Esprit de Dieu, par la parti-» cipation de la divinité inengendrée et paternelle. Isaïe nous l'enseigne encore lorsqu'il s'écrie par la bouche du Christ : « L'Esprit da Seigneur est sur moi; c^est pourquoi il nCa oint, il rrUa envoyé éçangéliser les pauvres et annoncer aux prisonniers la liberté, aux aveugles le retour à la lumière. » ^

Et non seulement Isaïe, mais David dit à son tour^ s'adressant au Christ : « Ton trône, 6 Dieu, est pour les siècles des siècles et c'est un sceptre de droiture que le sceptre de ta royauté. Tu as aimé lo, justice et haï Viniquité ; voilà pourquoi Dieu, qui est ton Dieu, Va oint d'une huile d allégresse de préférence à tes compagnons. » ^ Ainsi le texte l'appelle Dieu dans le premier verset ; au second, il l'honore du sceptre royal, et dans le troisième, après lui avoir attribué la puissance divine et royale, allant plus loin, il le montre devenu Christ, consacré par une onction non point matérielle, mais par l'onction divine de l'allégresse ; l'Écriture indique sa grandeur et son excellence et le place bien au-dessus de tous ceux qui jadis ont reçu l'onction corporelle et symbolique. Dans un autre passage, le même David dit encore du Christ : « Le Seigneur dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis V escabeau de tes pieds » et « Je t'ai engendré avant V aurore ; le Seigneur a juré et il ne se repentira pas de son serment ; tu es prêtre pour V éternité selon Tordre de Melchisédech. » ^ Ce Melchisédech est présenté par les saintes Écritures comme un prêtre du Dieu très

r 1. Isaïe, LXi, 1-2 ;^cf. Luc/'iv, 18-19. — 2. Psaume xliv, 7-8. — 3. Psaume cix, 1-4.

haut, qui n'a pas été sacré par ronction des hommes, et n'a pas obtenu le sacerdoce des Hébreux par droit de succession. C'est selon l'ordre de ce patriarche, et non selon celui des autres prêtres qui n'ont reçu que des symboles et des figures, que notre Sauveur est proclamé aVec l'assurance d'un serment. Christ et prêtre. Voilà pourquoi il n'a pas reçu l'onction corporelle des Juifs, selon le témoignage de l'histoire ; il n'est pas issu d'une tribu sacerdotale ; mais avant l'aurore, c'est-à-dire avant la constitution du monde, il reçoit son être de Dieu même et possède un sacerdoce éternellement impérissable et

indéfectible.

Une preuve sohde et manifeste qu'il porte en lui cette onction incorporelle et divine, est que, seul entre tous les autres qui ont été jamais jusqu'ici, il est appelé Christ par tous les hommes dans tout l'univers ; tous le reconnaissent pour tel, et tous, grecs et barbares, s'accordent pour lui rendre témoignage par ce nom. Aujourd'hui même, par ses disciples répandus dans la terre entière, il est révéré comme un roi, admiré plus qu'un prophète, glorifié comme le vrai et unique souverain prêtre de Dieu, et par-dessus tout cela, parce qu'il est le Verbe divin préexistant, subsistant avant les siècles, parce qu'il a reçu du Père l'honneur le plus . auguste, il est adoré commue Dieu. Mais ce qui est plus merveilleux encore, c'est que nous-mêmes qui lui sommes dévoués, nous ne le célébrons pas seulement des lèvres et par de vaines paroles, mais nous lui sommes attachés par toute l'affection de l'âme, prêts à donner notre vie elle-même pour confesser son nom.

ALEXANDRE d'aLEXANDRIE 129

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