II. ALEXANDRE D'ALEXANDRIE
Alexandre est évêque d'Alexandrie (312-328), au moment où éclate la controverse arienne. Il n'a pas de peine à démêler ce qu'il y a de contraire au dogme chrétien dans les affirmations d'Arius dont plusieurs avaient l'apparence extérieure des formules traditionnelles. Il condamne et dépose Arius dans un synode alexandrin, poursuit sa condamnation devant le Concile de Nicée, où il fait définir le consubstantiel. Les lettres qui nous restent de lui se rapportent en grande partie aux débuts de la controverse arienne. On comparera avec intérêt la fermeté de leur doctrine à l'imprécision et à la terminologie flottante et dangereuse de l'évêque de Césarée.
Lettre à Tévêque Alexandre de Constantinople.
Après avoir rappelé les manœuvres d'Arius et de ses partisans dans l'Église d'Alexandrie, après avoir signalé Lurs intrigues auprès des évêques voisins peur ks convertir à leur doctrine, l'évêque Alexandre expose et réfute les enseignements d'Arius.
Il n'y a donc plus à hésiter, très chers frères, il faut que je vous manifeste clairement leur perfidie. Ils disent qu'il y eut un temps où le Fils de Dieu n'existait pas, qu'il a commencé d'être, alors qu'auparavant il n'était point ; et quand il est né, il a été produit de la même manière que le sont tous les hommes. Car, disent-ils, Dieu a tout tiré du néant. De la sorte ils comprennent le Fils de Dieu lui-même dans cette création de tous les êtres intelligents ou sans raison. En conséquence aussi ils déclarent que le Fils de Dieu était une nature soumise aux changements, également capable de faire bien ou mal. Et ayant fait cette hypothèse, qu'il a été tiré du néant, ils détruisent l'enseignement des divines Écritures qui proclament l'immutabilité du Verbe, la divinité de la Sagesse, du Verbe, c'est-à-dire du Christ.
« Certes nous pouvons aussi, déclarent ces misérables,