‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 70 sur 150 · l Corinthiens, 1, 20-25* — 2. Jean, yî, 3Si · texte numérisé non relu

l Corinthiens, 1, 20-25* — 2. Jean, yî, 3Si

prêtre en 347 ou en 348. On désigne sous le nom de catéchèses (équivalent de notre mot catéchisme), les instructions faites aux catéchumènes qui devaient recevoir le baptême dans la nuit de Pâques. Il s'agissait d'exposer d'une manière simple et néanmoins complète l'ensemble de la doctrine chrétienne. Les instructions commençaient le premier dimanche de carême et se continuaient ensuite tous les jours, les samedis et dimanches exceptés, jusqu'au moment du baptême. On y expliquait l'Écriture Sainte d'abord, puis le symbole. Ce n'est qu'après avoir reçu le baptême et la sainte communion que les néophytes étaient complètement instruits sur le sens des deux grands mystères chrétiens. Ces catéchèses dites mystagogiques (explicatives des mystères) se faisaient durant la semaine de Pâques. C'est à elles que nous empruntons les extraits suivants, l'exposé le plus net de la doctrine eucharistique dans l'antiquité chrétienne.

Début de la première catéchèse sur les mystères.

Je désirais depuis longtemps déjà, ô fils véritables et désirés de l'Église, vous instruire de ces mystères spirituels et célestes. Mais, sachant bien que la vue est plus fidèle dans ses renseignements que l'ouïe, j'ai attendu jusqu'aujourd'hui, afin que rendus plus faciles à conduire par l'expérience même que vous avez faite de ces mystères, je puisse vous amener comme par la main en ces prairies plus éclairées et plus suaves du paradis. D'autant que vous êtes devenus maintenant capables de recevoir l'enseignement de ces mystères plus divins, ayant été gratifiés du Baptême divin et vivifiant. Puisqu'il faut donc dresser pour vous la table de ces enseignements plus parfaits, eh bien! instruisons aujourd'hui vos âmes avec exactitude afin que vous connaissiez l'action qui s'est opérée en vous dans la nuit du baptême.

Suit V explication des principales cérémonies du baptême et de leurs effets»

3ur le Corps ej le Sang du fihrls(. {Ca\. m,yu iy.)

On commence "par la lecture d^un passage de Vépttre aux Corinthiens, relative à V institution de là sq,inte Éuçharisiiié : « j*ai reçu dii Seigneur lui-même ce que je'voùs ai trahsmjs, çi saVoir, que le Seigneur Jésus, là riiiit qu*il fjit livré, prît du pain », etc.

Ces paroles du bienheureux Paul que vous venez d'entendre suffisent à elles-seules à vous convaincre pleinement de la vérité des mystères divins auxquels vous avez été jugés dignes c[e participer et qui vouq ont unis étroitement au corps et avi sang du Christ. Paul lé proclamait tout à l'heure : « pans la nuit qu'il fut livrée Notre Seigneur Jésus-Christ prit du pain et, après avoir rendu grâces^ il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez, ceci est mon corps ». Et prenant le calice, après avoir rendu grqces il dit : « Prenez, buvez, ceci est mon sang ». ^ Puisque Jésus lui-même l'a déclaré, et qu'il a dit du pain : « Ceci est mon corps », qui donc oserait en douter plus longtemps ? puisqu'il a affirmé et qu'il a dit : « Ceci est mon sang », qui voudrait contester et déclarer que ce n'est point son sang ?

Jadis, à Cana de Galilée, jl a changé |'eau en vin par sa simple volonté, et nous ne l'estimerions point digne de foi, quand il change le vin en son sang ? Invité à des noces terrestres il accomplit ce prodige étonnant, et nous ne voudrions pas confesser qu'aux fils de l'épouse spirituelle il a fait ce présent beaucoup plus admirable, le don de son corps et de son sang ?

Ainsi donc, avec pleine conviction, venons participe^* au corps et au sang du Christ. Sous les apparences du pain c'est son corps qui t'est donné, sous les apparences du vin, c'est son sang qui est distribué, et participant ai| corps et au sang ^u Christ, tu deviens un geul corps,

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