‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 71 sur 150 · I Corinthiens, xi · texte numérisé non relu

I Corinthiens, xi

sliîïT cyriLle f)È jêrûsJLlem 151

un seul sang avec lui. Oui, nous devenons vraiment des porte-Christ {christophorôs) puisque sa chair et son sang se diffusent dans nos membres. Oui, suivant l'expression du bienheureux apôtre Pierre, nous devenons participant de la nature divine.

Jadis le Christ s'adressant aux Juifs leur disait : « Si vous ne mangez ma chair^ et si vous ne buvez mon sangj vous n'aurez point en vous la vie. » ^ Eux, n'entendant point spirituellement le^ paroles de Jésus, furent scandalisés et se détournèrent de lui ; ils s'imaginaient que Jésus voulait les pousser à un acte d'anthropophagie.

Il y avait aussi dans l'ancienne alliance des pains de proposition ; mais appartenant à l'ancienne alliance, ils ont pria fin. Mais dans la nouvelle alliance il y a un pain céleste, une coupe de salut, qui sanctifient l'âme et le corps. De même en effet que le pain est fà'ît pour le corps, la parole de Dieu est faite pour l'âme.

Dès lors ne regarde point comme des éléments ordinaires ce pain et ce vin (consacrés) ; è'est \Taiment le corps et lè sang du Christ suivant l'affirmation même du Maître. Si les sens te su'ggèrènt îa première idée, que la foi au contraire te donne pleine assurance. Ne juge point la réahté d'après le goût, mais que la foi te persuade qu'en toute vérité tu as été jugé digne du corps et du èang du Christ.

D'ailleurs le àaint roi David t'indiquera lui aussi la force de ces paroles (du Christ) quand il dit : « Seigneur^ tu dresses devant moi une table en face de mes ennemis, » ^ Et voici ce que cela signifie : Avant votre avènement, Seigneur, les démons avaient préparé pour les hommes une table contaminée, souillée, toute pleine des maléfices démonîaqueê ; mais depuis que Vous êtes Venti, Seigneur, c'est vous-même qui avez préparé devant moi une table. Quand le prophète dit à Dieu : « Tu dresses

i 1. Jean, vi, 54. — 2. Psaume xxii, 5.

devant moi une table », que veut-il indiquer sinon cette table mystique et spirituelle que Dieu nous a préparée à rencontre de celle que les démons avaient dressée ? Et à bon droit ; celle-ci nous faisait communier avec les démons, celle-là nous fait communier avec Dieu. « Tu répands V huile sur ma tête », continue le psalmiste. Oui, Dieu a oint ton front de l'huile sainte, par le sceau que tu as reçu ^, afin de devenir l'image de ce sceau, le saint de Dieu. « Et ton calice qui nCenivre^ combien il est doux ! » Ne vois-tu pas qu'il s'agit de ce calice que Jésus prit dans ses mains et sur lequel, après avoir rendu grâces, il dit : « Ceci est mon sang qui est répandu pour beaucoup en vue de la rémission des péchés. »

Aussi bien Salomon indique lui aussi cette grâce, quand il dit dans l'Ecclésiaste : « Viens ^ mange dans la joie ton pain », ^ le pain spirituel sans doute : « Viens ». C'est l'appel de salut et de bénédiction : « Bois ton vin dans V allégresse de ton âme », le vin spirituel, s'entend ; « que V huile se répande sur ta tête », tu vois comme Salomon lui aussi indique l'onction mystique. « Et que toujours tes vêtements soient blancs^ car Dieu prend maintenant plaisir à tes actions. » Car avant que tu ne fusses venu à la grâce tes œuvres étaient vanité des vanités. Et maintenant que tu as dépouillé tes anciens vêtements et pris les vêtements blancs symboliques ^, il faudra toujours rester habillé de blanc. Et je ne veux pas dire que tu devras toujours être revêtu d'habits blancs, mais que tu devras être vêtu de pureté, de blancheur en ce qui regarde l'âme, afin de pouvoir dire avec le bienheureux prophète Isaïe : « Que mon âme soit ravie d^ allégresse en

1. Il s'agit de la confirmation dont l'auteur a traité dans l'instruction précédente. — 2. Ecclésiaste, ix, 7-8. — 3. En sortant de la piscine baptismale les néophytes recevaient un vêtement blanc, qu'ils continuaient à porter durant toute la semaine de Pâques jusqu'au dimanche suivant, qui est encore appelé dans la liturgie le « Dimanche en blanc ».

le Seigneur, car îl m'a revêtu du vêtement de salut, il m'a couvert du manteau d'allégresse. » ^

Et maintenant que tu as appris et que tu es convaincu que ce pain n'est plus du pain, quoi qu'il en soit du témoignage du goût, mais bien le corps du Christ ; que ce vin n'est plus du vin, quoi qu'en disent les sens, mais bien le sang du Christ, maintenant que tu comprends ces paroles que prononçait autrefois David : « Le pain affermit le cœur de Vhomme, et Vhuile brille sur sa face », ^ affermis ton cœur en prenant ce pain spirituel, et que la joie brille sur le front de ton âme. Oui, que ton âme découverte reflète dans une conscience pure comme dans un miroir la gloire du Seigneur ! et puisse-t-elle devenir de plus en plus resplendissante dans le Christ- Jésus, Notre-Seigneur, à qui soient honneur, puissance et gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Explication des cérémonies principales de la Messe.

(Cat, myst. v.)

Par la miséricorde de Dieu vous avez dans les précédentes réunions appris ce qu'il est nécessaire de savoir sur le baptême, la confirmation, et la communion au corps et au sang de Jésus-Christ. Il nous faut maintenant passer à ce qui suit et poser aujourd'hui le couronnement à l'édifice spirituel que nous avons élevé pour votre plus grand profit.

Vous avez vu le diacre présenter l'eau ^ à l'évêque et aux prêtres de Dieu qui entourent l'autel. Ce n'était pas le moins du monde pour enlever les souillures corporelles ; non sans doute, tous ils étaient propres dès le commencement de la cérémonie, en entrant dans

l.Isaïe, Lxi, 10. — 2. Psaume cm, 15. — 3. Il s'agit de la cérémonie du lavement des mains par lequel débutait la messe des fidèles. Le.^ néophytes connaissaient toute la partie de la misse qui précède, puisque les catéchumènes y étaient admis.

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l'églipe. Mais cejtte ablji^tion p^t un ^ypibole qui pjogtre que vous devez être pufs de tout pécfeé, de tgute ipigu^t^. Comme les mains en elîet sont Je symbole des actions, en les lavant nouç voulons montrer la pureté et l'intégrité de nos actes. N'avez-yqus point entendu le gainjb roi Pavid nous expliquer ce mystère quand il dit : « Jç lacerai rnes v^ains au milieu, des innocents^ et f entourerai tofi autel, â Seigneur. » ^ Ainsi le lavement des mains est le signe de l'exemption di; péchç.

Ensuite le diacre s'écrie : « Prenez-vous les uns le^ autres, et donnons-nous le baiser de paix. » N'imaginez point que ce baiser ressemj^le à ceux qui se donnent sur les places publiques entre amis ordinaires ; non, cq n'est point un baiser de cette sorte. Il réconcilie les âmes entre elles et il suppose l'entier oubli par elles de toutes Içs offenses. Ce baiser est donc un signe que les âmes fusionnent entre elles et qu*elles rejettent tout souvenir des injures reçues. Aussi le Christ a-t-il dit : « Si tu présentes ton offrande à Vautel et que tu te rappelles là même que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande sur Vautel, et cours d^ abord te réconcilier avec ton frère, puis retenant, présente ton offrande. » ^ C'est donc ici un baiser de réconciliation, un saint baiser, comme s^exprime quelque part le bienheureux Paul quand il dit : « Saluez-vous mutuellement dans un saint baiser » et saint Pierre : « dans le baiser de charité ».

Après cela le célébrant s'écrie : « En haut les coeurs ». C'est bien en effet à cette heure redoutable qu'il faut élever son cœur vers Dieu, et ne point le laisser à terre en proie aux soucis terrestres. Le prêtre en quelque sorte nous commande à cette heure de laisser là toutes les préoccupations de la vie, les soucis de notre maison et de tenir notre cœur élevé vers le Dieu miséricordieux.

Vous répondez : « Nous les avons vers le Seigneur »,

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