‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 72 sur 150 · Psaum« XXV, 6. — 2. Matthieu, v · texte numérisé non relu

Psaum« XXV, 6. — 2. Matthieu, v

c'est-à-dire que par ces paroles vous déclarez oîiéir ku commandement. Qu'il n'y ait donc p^soiine pour dite de bouche : « Nous les avons vers le Seigneur », tandis qu'il conservé intérieurement son esprit attaché aux soucis de la vie. Sans iioute nous devrions eii tout temps nous souvenir de Dieu, mais si par l'huriiainé, faiblesse cela n'est point possible; il faut nous efforcer ae le faire au moins à cette hciire-là.

Puis le célébrant dit : « Rendons grâces au Seigneur ». Vraiment oui nous deVons rendre grâces à Dieu, de ce que, tout indignes que nous en étions, il nous à appelés à une si grande grâce, de ce que nous qui étions ses ennemis il nous a réconciliés à lui, de ce qu'il nous a gratifiés dé l'adoption par . l'esprit. Vous répoiidez : « Gela est juste et raisonnable. » En remerciaiit en effet nous faisons, nous, chose juste et raisonnable ; tandis que lui, ce n'est pas en étant juste, mais en dépassant singulièrement la justice qu'il nous a comblés de biens et rendus dignes de si grands dons.

Ensuite nous faisons mention ^ du ciel, de la terre et de la mer, du soleil, de la lune et des étoiles, de toutes les créatures raisonnables et sans raison, des êtres visiBlès et aussi des archanges, des puissances, des dominations, des principautés, des vertus et des chérubins à multiple face, comme si nous disions avec David : « Célébrez tous le Seigneur avec moi. » * Nous faisons aiissi mention des Séraphins que, dans une vision de l'EspHt-Sairit, Isaïe a contemplés debout en cercle autour du trône de Dieii, se voilant la face de deux de leurs ailes, des deux outres se couvrant les pieds, des deux autres enîiii volant, tandis qu'ils disent : « Saint, $àint, saint, est le

1. Dans les liturgies orientales, la préface est beaucoup î»1us déveloi)pée que dans le rit latin ; on y invité toutes les créatures à rendre avec l'Eglise actions de grâce et remerciements à Dieu. Nous n'avons gardé dans la préfac« latin» que la mention deà angles. — 2. Psaume XXXIII, 3.

Seigneur des armées. » ^ Et nous chantons cet hymne emprunté aux Séraphins, afin de nous unir aux armées célestes par ces chants de louange.

Puis, après nous être ainsi sanctifiés par ces hymnes spirituels, nous supplions le Dieu miséricordieux d'envoyer son Esprit-Saint sur les offrandes déposées sur l'autel, afin qu'il fasse du pain, le corps du Christ, du vin, le sang du Christ. Car tout ce que touche le Saint- Esprit est sanctifié et transformé.

Ensuite quand s'est accompli le sacrifice spirituel, le culte non sanglant, sur cette hostie de propitiation,nous invoquons Dieu pour la paix commune des Églises, pour l'équilibre du monde, pour les empereurs, pour nos soldats et nos alliés, pour ceux qui sont dans l'infirmité, qui sont accablés par l'affliction ; et en général pour ceux qui ont besoin de secours, nous prions et nous offrons le sacrifice ^.

Puis nous faisons mémoire de ceux qui se sont endormis (dans le Seigneur) d'abord des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, afin que Dieu par leur prière et leur intercession reçoive nos demandes. Ensuite nous prions pour nos pères saints qui se sont endormis, pour les évêques et en général pour tous ceux d'entre les nôtres qui reposent en paix, persuadés qu'il est de très grande utilité pour leurs âmes que de prier pour elles, alors que la sainte et redoutable victime est là présente sur l'autel.

Et je voudrais à ce sujet vous persuader par un exemple. Car je sais que beaucoup disent : « Que sert à une âme sortie de ce monde, avec ou sans péché, que l'on fasse mémoire d'elle au moment de la prière ? » Or voici un roi qui a exilé des gens qui l'avaient offensé ;

1. Isaïe, VI, 2. — 2. Dans la plupart des liturgies orientales la commémoraison des vivants avait lieu après la consécration et non point avant comme dans le rit latin.

par la suite les parents des bannis viennent offrir au souverain une couronne qu'ils ont tressée, en demandant la grâce de ceux qui sont punis ; le roi ne se rendrait-il pas à leurs prières ? Eh bien, nous, de même, en offrant nos supplications à Dieu jiour ceux qui sont morts, même s'ils furent pécheurs durant leur vie, nous lui présentons non point une couronne que nous aurions tressée, mais le Christ immolé pour nos péchés et par là nous nous rendons propice à nous et à eux le Dieu tout miséricordieux.

Après cela nous disons la prière que le Sauveur a enseignée à ses disciples, et avec une conscience pure nous appelons Dieu notre père et nous lui disons : « Notre Père qui êtes aux deux » ^. O miséricorde infinie de Dieu : A ceux qui s'étaient éloignés de lui et qui étaient tombés dans les dernières misères, il a accordé le pardon de leurs fautes et une part dans son amour, en sorte qu'ils peuvent l'appeler Père. « Notre Père qui êtes aux cieux ». Les Cieux, ce sont aussi tous ceux 2 qui portent l'image du (Père) céleste, ceux en qui Dieu habite et fait séjour.

« Que votre nom soit sanctifié ». Le nom de Dieu est saint par nature, que nous le disions ou que nous ne le disions pas. Mais comme le nom de Dieu est quelquefois profané par les pécheurs, selon ce mot de l'Écriture : « A cause de vous mon nom est chaque jour blasphémé parmi les nations »^,nous demandons que le nom de Dieu soit sanctifié parmi nous ; non certes qu'il devienne saint après avoir cessé de l'être, mais bien qu'il devienne saint en nous qui cherchons à nous sanctifier et à accomplir des œuvres de sainteté.

1. Matthieu, vi, 9-13. — 2. Et en premier lieu les nouveaux baptisés qui viennent de recevoir l'image de Dieu et en qui habite la grâce divine. Dieu n'est pas seulement dans le ciel, il est aussi dans le cœur des fidèles. — 3. ïsale, lui, 5 ; Romains, ir, 24.

J5ë ti CONTROVERèË ARIENÎSÈ

l (lue voirt règne arrive ». Cest à Tàme pure qiiUl appartient de dire en toute confiance : « Que votre règne ài'rive ». Celui qui a entendu ces paroles de Paul : « Que le péché ne domine point en cotre corps mortel i> i et qui purifie ses actions, ses pensées, ses paroles, celui-là peut dire à Dieu : « Que votre règne arrive. »

« Que cotre volonté se /^se sur la terre comme aa ciel ». Les anges de Dieu, célestes et bienheureux, accomplissent la volonté de Dieu, selon cette parole du Psalmiste David : « Bénissez le i>eigneur, vous tous sesanges,^ puissants en ^ertu et qui accomplissez sa volonté. y> » En disant les paroles du Pater, c'est donc comme si Ton disait : a De même que dans vos anges votre volonté s'accomplit, de même que sur cette terre, elle s'accomplisse en moi, ô Seigneur. »

a Donnez-nous aujourd'hui le pain nécessaire à notre subsistance ». Le pain ordinaire n'est point le pain substantiel ; le pain substantiel c'est le pain sanctijaé »,institué pour (soutenir) la substance même de l'âme. Ce pain ne va point au ventre et n'est point rejeté au heu secret ; mais il se répand dans toute la constitution pour l'utilité de l'âme et du corps. Quant au mot « aujourd'hui »,il veut dire en somme : « tous les jours » comme Paul le déclare : « tant que dure le temps appelé

aujourd'hui ». ... v

; Et paràonnez-nous hos offensés, comme nous purdonnons à ceux qui nous ont offensé ». En vérité riôus avons beaucoup de péchés, nous oiîensons Dieu par parole et par pensée, et nous faisons bien des choses dignes de condamnation, et si nous disons que nous n'avons point de péché, nous mentons comme dit saint Jean. Alors avec Dieu nous concluons un marché, nous lui demandons de nous pardonner nos offenses, comme nous-mêmes nous remettons au prochain ses dettes. 1, Romains, vi. 12. - 2. Psaum* cii, 20. - 3. L'Eucharistit.

SAINT ÇirRIl.LB DE JÉ^ÎJSA)13EM J39

Réfléchissons donc à rechange conclu, ne noup dérobons pas, n'hésitons pas à nous pardonner les uns qiux autres nos offenses réciproques. Ces offenses qu'on nous a faites sont petites, légères, faciles à oublier, celles que nous avons faites à Dieu sont graves, et ont besoifi de toute sa miséricorde. Prenons donc garde de ne point empêcher, pour de petites misères que Ton nous a faites, Iç pardon des fautes très lourdes dont nous sommes coupables envers Dieu.

« Et ne nous induisez point en tentation. Seigneur ». Le Seigneur nous enseigne-t-il de demander ^ ne jamais être tenté ? Mais comment pourrait-on lire ailleurs ; « Uhomme qui n'est point tenté, n'est point éprouvé » ^ et encore : « Ne vorjez qu'un sujet de joie mes frères, dans les tentations de toute sorte qui tombent sur vous ». ^ Mais peut-être ces mo^s « entrer en tentation » veuîentils dire : « être submergé par la tentation », la tentatipQ pouvant être comparée à un torrent difficile à traverser. Ceux qui ne sont point submergés par la tentation franchissent le torrent, comme les bons nageurs, qui ne se laissent point entraîner par le courant. Les nageurs médiocres dès qu'ils entrent sont engloutis. Juda par exemple une fois entré dans le courant de l'avarice, n'arriva plus à s'en tirer, il fut submergé et fut étouffé corporellement et spirituellement. Pierre entra dans la tentation de renier son maître, mais il ne fut pas englouti, il nagea cour^^geusement et sortit enfin de la tentation. Écoutons encore dans un autre endroit de l'Jlcriture le chœur des saints échappés au péril et qui rendent grâce au Dieu qui les a tirés de la tentation : « Tu nous a éprouvés, ô mon Dieu, tu nous a fait passer au creuset comme V argent, tu nous a fait tomber dans le filet, tu as mis sur nos reins un pesant fardeau, tu as fait mMrcher des hommes sur nos têtes ; nous avons passé par le feu

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