‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 75 sur 150 · I Thessaloniciens, v · texte numérisé non relu

I Thessaloniciens, v

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^g2 LA CONTROVERSE ARIENNE

à qui soient gloire, honneur, et puissance avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Après Athanase, Basile, évêque de Césarée enCappadoce, est celui qui a le plus fait pour assurer Içtnomphe de lotho^ doxie nicéenne. Né en 331, il a reçu une brillante éducation mt^rarre à Césarée sa ville natale d'abord, puis a Constan- Unopîè à Athènes enfin où il s'est lié d'amitié avec Grégon-e de N zlanze. Ses études terminées, il s'est fixé à Cesaree POU y professer la rhétorique. Puis désireux de connaître la vie monastiaue il a visité les divers solitaires d'Egypte, de Palêstte âe Mésopotamie et finalement s'est retn-e luimte dans la solitude près de Néoeésarée, où >« -|0'nt son ami Grégoire de Nazianze. C'est dans le travail, la pr ère, ?obscurifé que se passe sa vie, jusqu'au moment où l'evequo de Césarée vient arracher Basile à son désert pour en faire un nrL de son Église. Six ans plus tard, à la mort du vieil évêque Basile est L pour lui succéder (370). Les dernières rr de sa vie s'emploieront à rétablir j-"- « f - -«'' nauvre Église orientale ravagée par le schisme et 1 hérésie. La débarfasser des hérétiques qui la compromettent grouper autour de lui dans la même fidélité au ConsubstanUelu^oeen îes hésitants et les timides, les réconcilier avec Rome et rLddènttelIeestlatâchesurhumainequeBasileentreprend^

Il n'eut pas la consolation de la mener a bonne fin il meurt ;„ 379 sans avoir réussi dans cette entreprise. Mais son ravail n'est pas demeuré stérile. Deux ans après sa mort, le Concile de Constantinople achèvera son œuvre ; son ami Ségoire de Nazianze, son frère Grégoire de Nysse en consa-

rreront le triomphe. .

Deux ouvragerprincipaux renferment au --« a pens^ théologique de saint Basile : La réfutation de l Apohg^ S»Li«soùil prend à partiele défenseur le P'--do»table des idées ariennes, et le traite du Samt-Esp. démonstration de la divinité du Saint-Esprit. Des nombreuses

homélies prononcées par le grand évêque, il ne nous reste qu'un nombre relativement restreint ; elles ont pour but d'expliquer diverses parties de l'Écriture Sainte, leur style à la fois imagé et populaire, brillant et solide a fait la réputation d'orateurde Basile. Mais c'est surtout la correspondance de l'évêque de Césarée qui nous le révèle tout entier ; dogme, Écriture Sainte, droit ecclésiastique, discussions personnelles, administration, ces divers sujets y sont abordés, quelquefois avec une ampleur qui fait de plusieurs de ces lettres de véritables traités.

Basile est le seul des écrivains ecclésiastiques auxquels les Grecs aient donné le surnom de « Grand ». Il mérite ce titre aussi bien par les qualités exceptionnelles de son style que par tout l'ensemble des dons qui se manifestent en ses ouvrages.

Les trois personnes de la Sainte Trinité. {Lettre 8, pass.)

Pour vous, mes très chers ^, gardez-vous des pasteurs ^ des Philistins ; que nul ne vienne boucher vos puits ni souiller la pureté de votre connaissance touchant la foi. Car le but de ces pervers n'est pas d'instruire par la Sainte Écriture, mais de défigurer la vérité par la sagesse du dehors. Celui qui introduit dans votre foi l'inengendré et l'engendré ^, qui enseigne que celui qui a toujours été n'a pas toujours été, que celui qui est Père par nature et depuis toujours est devenu Père à un moment donné, et que l'Esprit-Saint n'est pas éternel, celui-là n'est-il pas en toute vérité un Philistin, n'empêche-t-il pas les brebis de s'abreuver à la source d'eau vive. Aussi bien tous ces gens-là se sont creusé des citernes vides, cre-

1. La lettre est adressée aux habitants de Césarée ; Basile ordonné prêtre depuis quelque temps les a quittés pour se l'etirenine seconde fois dans sa solitude du Pont. — 2. C'est-à-dire des docteurs imbus de l'hérésie arienne. — 3. Les dialecticiens de Tarianisme essayaient d'embrouiller la question de la divinité du Christ prr d'interminables discussions sur la îrénéranon du Verhe.

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vassées et qui ne peuvent garder l'eau, attendu qu'il faut confesser Dieu le Père, Dieu le F.ls, Dieu le Saint- Esprit, comme l'ont enseigné les livres dmns et ceux qui les ont le mieux compris. Quant à ceux qui nous reprochent cela comme un trithéisme», qu on leur réponde que nous confessons un Dieu unique non par le nombre, mais bien par la nature. Car ce qui est dit unique par le nombre, n'est pas véritablement un^ m simple par nature ; or tout le monde confesse que Dieu est simple, sans composition. Dieu n'est donc pas un

par le nombre *.

Quant à savoir si le Fils est semblable ou non semblable au Père», nous déclarons, selon la vraie doctnne, que le Fils n'est ni semblable ni dissemblable au Père. L'une ou l'autre alternative en effet est également impossible. Car semblable ou dissemblable se disent suivant les qualités, or la divinité n'a pas de qualités * Mais en confessant l'identité de nature, nous recevons le dogme du consubstantiel et nous évitons ainsi la composition en Dieu ; celui qui par essence est Dieu et Père, engendre celui qui par essence est Dieu et Fils. Voilà ce que sigmfie le consubstantiel, car le Fils, étant Dieu par essence, est de la même substance (est consubstantiel) que le Père, Dieu par essence.

Mais examinons les textes scripturaires que nos adversaires nous opposent pour supprimer la gloire du. tUs unique. « Je m par le Père »,"> a dit Jésus-Christ. A mon axis il ne s'agit point ici de la vie du Fils avant 1 incarnation, car tout ce qui vit par un autre ne peut pas s'appeler la vie en soi et pourtant le Christ nous dit : „ C'est moi qui suis la vie ». " Mais il s'agit de la vie du

1 Crovance en l'existence de trois dieux. —, 2- En d'autres termes^ qui doit préoccuper avant tout, c'est la question de la Steité divine. -3. C'était la question que se posaient les simplicité uiviiie. Parp» nii'clie est la simplicité

diverses tractions ariennes. — 4. f arce qu eue osi lo v

ab3.i!ue. — î. Jean, vi. 68. — «. Jean, xiv, 6.

Verbe incarné, qui a eu lieu dans le temps et qu'il a vécue par le Père. C'est par la volonté du Père qu'il a séjourné dans la vie des hommes, aussi Jésus ne dit-il pas : « J'ai vécu par le Père », mais bien « je vis par le Père » désignant clairement par là le temps présent. Peut-être donc les mots en question peuvent -ils désigner la vie, dont vit le Christ, parce qu'il a en lui le Verbe de Dieu. Que ce soit bien le sens, c'est ce qui ressort du contexte, car il est dit ensuite : « Et celui qui me mange vivra par moi ». En effet, en mangeant sa chair et en buvant son sang, nous communions au Verbe de Dieu et à la Sagesse, par le moyen de son incarnation et de sa vie sensible. Car Jésus nomme chair et sang toute sa mystérieuse constitution, en même temps que l'ensemble de son enseignement *, notions morales, philosophiques et théologiques qui nourrissent vraiment l'âme et la préparent à la connaissance des êtres véritables.

« Le Père est plus grand que moi ; ^ » les méchants abusent aussi de ces paroles. Pour mon compte je crois que l'on peut s'en servir pour démontrer la consubstantiahté du Père et du Fils. Car la comparaison ne peut se faire qu'entre des êtres de même nature... Si donc le Père est dit plus grand que le Fils, par comparaison, le Fils est donc consubstantiel au Père. Mais une autre idée est également incluse dans ces mots. Qu'y a-t-il d'extraordinaire si Jésus confesse que le Père est plus grand que lui, alors que Verbe fait chair il a paru inférieur aux anges et aux hommes par ce qui paraissait de lui... Il a supporté tout cela dans son amour pour sa créature, afin de sauver la brebis perdue, d'introduire dans la patrie la brebis sauvée, afin de ramener à son

1. S. Basile interprète dans un double sens les paroles t Celui qui me mange vit par moi ». Elles signifient d'abord le corps et le sang eucharistiques, mais aussi la doctrine du Christ. — 2. Jean, xiv. 28.

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domicile l'homme, qui descendant de Jérusalem à Jéricho était tombé entre les mains des voleurs. Vraiment l'hérétique va-t-il lui reprocher cette crèche ou homme, être sans intelligence, a été nourri par le Verbe lu même ; lui objectera-t-il sa pauvreté, s. ^^nde que e fils du charpentier n'avait même pomt de ht i- L est en cela que le Fils est inférieur au Père, parce que pour toi il est mort afin de t'arracher à la mort, afin de te faire participer à la vie céleste. Reproche-t-on au médecin la mauvaise odeur qu'il a contractée en s approchant

des malades ? , ., . 7 ■^,,^

C'est à cause de toi également « quhl ignore le ,our et Vheure da jugeaient », ^ quoique rien n'échappe a celm quiest la Sagesse même, par qui tout a été fa.t. Ma s il arrange tout ceci à cause de ta faiblesse, afin que le pécheur effrayé par l'exiguïté du temps ne tombe point dans le désespoir comme s'il ne lui restait plus le temps do faire pénitence, afin que celui qui lutte ne fléchisse pas en considérant combien long encore doit être le combat. Il favorise ainsi l'un et l'autre par cette ignorance simulée. D'ailleurs dans l'Évangile il «« "«et au nombre de ceux qui ignorent, mais dans le livre des Actes, alors qu'il parle devant des parfaits, il dit en «'exceptant formellement : « A vous d ne fous appartient pas de connaître les temps que le Père a détermmes dans sa p«i..a«ce«...Voilà ce qu'on peut dire tout d abord comme première expUcation, un peu massive.il est ^v^u Mais il faut chercher un sens plus élevé, frapper a la porte de la science, pour voir si l'on ne pourrait éveiller le maître de la maison, celui qui donne les pains aux quémandeurs, car ce sont des frères aussi que nous avons

* ""s^t'une dissertation assez obscure sur le sens qu'une interprétation allégorique de ces paroles pourrait lournir. 1. Marc, xiii, S2 ; et Matthieu, xxiv, 36. - 2. Actes, i, 7.

En fidèle disciple d''Origène, Basile essaie de montrer que les mots du Saui^eur cités plus haut signifient que le Père est la source de tout être et de toute connaissance.

Mais cette recherche est suffisante, il faut nous tourner maintenant contre ceux qui attaquent le Saint-Esprit. Vous dites que l'Esprit-Saint est une créature. Or toute créature est l'esclave du Créateur. Car, dit le Psaume, « toutes choses te servent ». ^ Mais si le Saint-Esprit est esclave du Créateur, la sainteté lui est surajoutée, (ne fait pas partie de son essence). Or tout être dont la sainteté est surajoutée est capable de faire le mal. Mais le Saint-Esprit est appelé source de sanctification justement parce qu'il est saint par essence ; il n'est donc pas une créature. S'il n'est pas une créature, il est donc consubstantiel à Dieu. Comment pouvez-vous appeler esclave celui qui par le baptême vous a délivrés de l'esclavage, selon qu'il est écrit : « La loi de VEsprit de vie rrCa délivré de la loi du péché »... * D'autre part si l'on dit que l'Esprit est une créature, on affirme par là même que sa nature est limitée. Or il est écrit : « L'Esprit de Dieu a rempli toute la terre » '^ et encore : « Oà irai-je loin de ton Esprit. » * De même (en disant qu'il est une créature), on affirme par là qu'il n'est point simple par nature. Ce qui est un par le nombre seulement n'est pas simple. Si l'Esprit n'est pas simple, il est composé, on peut distinguer en lui son essence et la sanctification qui s'y est ajoutée, bref il est composé. Mais qui donc est assez insensé pour oser prétendre que l'Esprit-Saint est composé, qu'il n'est pas simple, qu'il n'est pas à cause de cette simplicité même consubstantiel au Père et au Fils.

Mais allons plus loin, et étudions un peu la puissance

1. Psaume cxviii, 91. — 2. Romains, vu, 6. — 3. Sagesse, i, 7. — 4. Psaume cxxxviii, 7.

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divine du Saint-Esprit. Nous trouvons '"«»"°"^«^f "^/^ l'Écriture trois espèces de création : celle qu. f^it pa er du néant à l'être, celle qui fait passer du ^^^^'^ enfin la résurrection des morts. Or da"^ ^^^^^^^^'^ ceuvres on trouve toujours l'Espnt assoie comm coopérateur au Père et au Fils. Il s ag^t de la pro ducLn des cieux ; comment s'exprime David ?«C e par le Verbe du Seigneur, dit-il, qv. les c^ux ont eU affermis, et par l'Esprit de sa bouche ?-^ -' «^ fldés ... '-L'homme est créé à nouveau P^r^e baptême suivant ce mot de l'Écriture -..Il y a iar^ e ^J^ nouvelle créaiion. » ^ Et que dit à ce propos le Sauveur à ses disciples ? « Allez, dit-il, et enseignez toms les n^Mons, les baptisant au nom du Père, et dnF^'^'^^^ Saint-Esprit ».=> - On voit ici encore paraître en mem temps que le Père et le Fils, le Saint Esprit. - Et que dTe de la résurrection des morts, alors que nous auron disparu et que nous serons retournés en POUssie^e : Terre nous sommes, à la terre nous retournerons mm Dieu enverra l'Esprit-Saint, il nous recréera et il renou vellera la face de la terre. En effet ce que saint Paul Ippe le résurrection, David le nomme --uvellenient crJation nouvelle. - Écoutons encore les pardes dç celui qui fut ravi jusqu'au troisième oie ;<!"«;'-''•; .Vous êtes le temple du Saint-Esprit ««^^^«''»' f ^~s Tout temple est consacré à Dieu^ Si nous sommes le temple de l'Esprit-Saint, l'E^P"t-S-nt est D.eu. On parle aussi du temple de Salomon, Par ««""Pl^- f^ "^ de celui qui l'a bâti. Si nous sommes le temple de 1 Esprit Saint dans ce sens, l'Esprit-Saint est D» u, car « «s Dieu qui a tout bâti. Et si nous somme le temple de l'Esprit, parce qu'il habite en nous et qu'il y et adore confessons donc qu'il est Dieu, car .1 est écrit . « Tu 1. Psaume xxxv.. 6. - 2. II Corinthiens, v. 17. - 3. Matthieu, XXVIII, 19. — "4. I Corinthiens, vi, 19.

adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui seul. » ^

Mais en voilà assez, pour cette fois, au sujet de l'adorable et sainte Trinité, car il nous est impossible, pour l'instant, de prolonger nos recherches. Pour vous, recevez de notre humilité cette semence, cultivez-la et faites la mûrir, car, vous le savez, nous exigerons de vous les intérêts de ce que nous vous avons donné. Mais j'ai la ferme confiance, dans le Seigneur que vous rendrez trente, soixante, cent pour un, à cause de la pureté de votre vie. « BienJieureuXj dit l'Écriture, ceux qui ont le cœur pur y parce qu'ils verront Dieu. » ^ Ne croyez pas, chers frères, que le royaume des cieux soit autre chose que la contemplation de la vérité ; et c'est là ce que les divines Écritures appellent la béatitude. « Le royaume des cieux, est-il écrit, est au-dedans de vous. » ' Et qu'y a-t-il au-dedans de l'homme sinon la contemplation. Donc le royaume des cieux est avant tout la contemplation de l'être véritable. A présent certes nous n'en voyons que l'ombre, nous ne le contemplons que comme dans^un miroir; un jour viendra où, débarrassés de ce corps terrestre, revêtus d'incorruption et d'immortalité, nous verrong en face le prototype de toutes choses. A une condition toutefois, c'est que nous ayons orienté notre vie vers le bien, et que nous nous soyons préoccupés de l'orthodoxie de la foi ; sans cela, nul ne peut voir lo Seigneur, a La sagesse, dit l'Écriture, n'entrera pas dans une âme méchante, elle n'habitera point dans un corps esclave du péché. » * — Mais rendons grâce au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et mettons fin à cette lettre, car, comme dit le proverbe, la mesure est en tout ce tju'il y a de meilleur.

l.JMatthieu, iv, 10. — 2. MatthietijVj 8. — • 8. Luc, xv*!. m. 4« Sàg«sse, î, 4. .

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Sur 1» oommunlon fréquente. (Lettre à une dame noble.) Communier chaque jour, participer au corps sacré et au sang du Christ, c'est chose bonne et extrêmement utile Car le Sauveur lui-même a dit fort clairement ! „ Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la ne éternelle »' Et qui oserait contester que participer continuellement à la v-ie soit autre chose que vivre d'une manière plus abondante. Pour nous, nous communions quatre fois la semaine : le dimanche, le mercredi le vendredi et le samedi, et les autres jours si 1 on y fait la mémoire de quelque saint. 11 peut arriver aussi qu en temps de persécution on soit forcé, en l'absence d un prêtre ou d'un diacre, de se communier soi-même de sa propre main. Il est superflu de démontrer que ce n est point là une faute, puisqu'il y a une coutume établie dans ce sens. Ceux qui pratiquent la vie ascétique dans des solitudes, où il n'y a pas de prêtres, conservent la communion à domicile, et se communient eux-mêmes. A Alexandrie et en Egypte, chacun, même dans le peuple a le plus ordinairement la commumon dans sa maison, et quand il le désire, y participe lui-même. En effet quand le prêtre a accompli le sacrifice et distribue la victime, celui qui a reçu sa provision du pain eucharistique et y participe ensuite les jours smvants doit s'imaginer qu'il la reçoit de la main du prêtre. D'aïUeurs à l'Église le prêtre distribue à chacun sa part, le communiant la garde avec un très grand soin, et se communie lui-même. Peu importe d'ailleurs que l'on reçoive du prêtre une seule portion ou plusieurs.

Profession de toi imposée par saint Basile à l'évêque Eustathe de Sébaste, qui désirait rentrer dans l'unité de l'Église, (Lettre 125.) Ceux qui, dans le passé, ont confessé une foi différente 1. Jeaft, vï, 55.

de la nôtre, et veulent passer à la communion de» orthodoxes, et ceux qui pour la première fois désirent recevoir renseignement du Verbe de vérité, doivent, les uns et le» autres, apprendre la formule de foi écrite par nos bienheureux pères, dans le synode qui s'est jadis réuni à Nicée. La même démarche serait également utile à l'égard de ceux que l'on soupçonne d'être opposés à la saine doctrine et qui abritent sous des prétextes spécieux des pensées hétérodoxes. A eux aussi il suffit de faire réciter cette profession de foi. Car de deux choses Tune : ou bien ils redresseront leurs erreurs secrètes, ou bien s'ils les conservent dans la profondeur de leur conscience, ils s'exposeront à l'accusation de tromperie, et ainsi nous rendront notre défense facile au jour du jugement, quand le Seigneur découvrira leg secrets dea ténèbres, et manifestera les desseins des cœurs. Il faut donc les recevoir s'ils confessent qu'ils croient selon les paroles formulées par nos Pères à Nicée, et suivant le sens qui sort tout naturellement de ces paroles. Car il eèt des gens qui, dans ce symbole, pervertissent l'enseignement de vérité et qui tirent à leur sentiment le sens des paroles qui y sont contenues. Nous ajoutons dono ici le symbole de Nicéo.

(Suit le texte, tel qu'il a été rapporté plus haut, p. 116.)

Parmi ces divers points de doctrine les uns ont été suffisamment définis et avec assez d'exactitude pour rétablir ce qui avait été ébranlé, et prévenir les erreurs que l'on pouvait prévoir. Mais ce qui concerne le Saint- Esprit est tout à fait sommaire, aucune exphcation n'ayant semblé nécessaire parce qu'il n'y avait point alors de question soulevée, et que la doctrine, en oe qui le concerne, n'était point attaquée dans les âmes des croyants. Toutefois, comme peu à peu les mauvaises semences jetées par l'impie Arius ont germé et grandi

par le zèle de ceux qui les ont reçues pour la désolation des Églises, comme l'impiété en est arrivée à blasphémer contre le Saint-Esprit, il est indispensable, à rencontre des hommes qui se font du dommage à eux-mêmes, et qui n'ont pas devant les yeux la terrible menace portée par le Seigneur contre ceux qui blasphèment l' Esprit- Saint, il est nécessaire, dis-je, d'ajouter ceci : Il faut qu'on anathématise ceux qui prétendent que l' Esprit- Saint est une créature, ceux qui pensent ainsi, ceux qui ne confessent pas que l'Esprit est saint par nature, comme le Père est saint par nature et le Fils saint par nature, et qui mettent l'Esprit-Saint en dehors de la nature divine et bienheureuse. La preuve que Ton est orthodoxe c'est qu'on ne sépare point l'Esprit-Saint du Père et du Fils, car il faut que nous soyons baptisés, suivant que la tradition nous l'enseigne, que nous croyions, suivant que nous avons été baptisés, que dès lors nous glorifiions suivant notre foi, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Et la preuve de l'orthodoxie c'est encore de rompre la communion avec ceux qui disent que l'Esprit est une créature, car ils sont de véritables blasphémateurs. Il reste bien entendu néanmoins (indication importante à cause des traîtres) que nous ne déclarons pas l'Esprit-Saint inengendré, car nous ne reconnaissons qu'un seul inengendré, un seul principe des êtres : le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous ne disons pas non plus que l'Esprit est engendré, car la tradition de la foi ne nous fait connaître qu'un seul engendré, le Fils unique de Dieu. Mais sachant que l'Esprit de vérité procède du Père, nous confessons qu'il est de Dieu et d'une manière incréée.

Il faut également anathématiser ceux qui nomment le Saint-Esprit, Esprit au service de Dieu ^ ; car par

1 Quelques hérétique» voulaieht attribuer au Saint-Esprit l'appellation à'esprit au service de Dieu (spiritus administratonus) que l'Épîlre aux Hébreux réserve aux anges (I, 14).

ce mot ils le rabaissent au rang des créatures, car PÉcriture nous enseigne que les esprits au ser\'icc de Dieu sont des créatures, en disant ^d'eux : « Tous sont des esprits au senties de Dieu^ envoyés en mission. » ^ Et enfin parce qu'un certain nombre de personnes brouillent tout, et ne gardent pas l'enseignement des Évangiles, il est encore nécessaire de déclarer ceci : Il faut éviter et fuir ceux qui changent l'ordre des noms que nous a li^Té le Seigneur, car ils sont en opposition évidente avec la piété, ceux qui mettent le Fils avant le Père, et l' Esprit-Saint avant le Fils. Il convient en effet de conserver immuable et intangible l'ordre des noms divins que nous avons entendus de la bouche même du Sauveur : « Allez et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » *

Moi Eustathe, évêque, je reconnais avoir lu ce document en présence de vous, Basile, je souscris à ce qui y est écrit, et j'ai signé en présence de mes frères Fronton le chorévêque. Sévère, et quelques autres clercs.

Dieu ne saurait être connu directement. (Contre Eunomius, lib. i, n. 10.)

Il n'y a point de nom qui embrassant toute la nature de Dieu suffise tout seul à l'exprimer convenablement. Plusieurs noms différents, chacun avec sa signification propre, finissent, rassemblés par nous donner une idée de lui, chétive il est vrai, et tout à fait confuse si on la compare à l'ensemble des perfections divines, mais néanmoins suffisante pour nous. Or parmi les noms que l'on applique à Dieu, il en est qui expriment des propriétés appartenant à Dieu, d'autres au contraire des choses qui ne lui conviennent pas. C'est en effet par ces deux moyens que nous nous formons quelque image de Dieu,

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