A L'ECART DE LA CONTROVERSE ARIENNE LES AUTEURS SYRIAQUES
Dès que l'on s'éloignait d'Antioche dans la direction de l'Orient, on arrivait en des régions que n'avait guère touchées la civilisation grecque. Passé l'Euphrate, on était en plein pays s^Tiaque et bien que rattaché à l'Empire Romain depuis le milieu du m® siècle, ce pays d'Osliroène vivait tout à fait en dehors de Tinfluence occidentale. Si l'on poussait encore plus loin vers l'Est, on franchissait les limites de l'empire perse sassanide, mais les caractères généraux du pays ne changeaient pas ; de part et d'autre de la frontière politique on trouvait même race, même langue, mêmes habitudes religieuses. De bonne heure le Christianisme avait pénétré en pays syriaque. Edesse avait été la première ville où l'on eût vu l'alliance étroite entre le gouvernement civil et rÈghse cathoUque. Le passage de ces pays sous la domination romaine n'avait pas arrêté l'essor de l'Evangile. Quand commence le iv^ siècle, les documents qui se multiphent témoignent de la vitahté de cette Éghse syrienne qui va jeter pendant cent cinquante ans le plus vif éclat. Nisibe, Édesse sont les deux foyers d'où rayonne l'activité théologique : la Httérature chrétienne de langue syriaque est désormais fondée. Hélas ! elle ne restera pas longtemps au service de l'orthodoxie catholique. Les controverses brûlantes autour de l'arianisme n'avaient point pénétré dans l'Église syrienne ; alors que tout l'Orient grec prenait parti pour ou contre le consuhstantiel^ on ignorait en Syrie Euphra-
tésienne toutes les ardeurs de la polémique, et l'on se contentait de répéter avec la foi des premiers âges les vieilles formules chrétiennes. Cent ans plus tard les controverses christologiques commencées à Alexandrie et à Antioche vont au contraire avoir une répercussion profonde dans le pays de langue syriaque. Le nestorianisme d'une part, le monophysisme de l'autre se partageront à peu près complètement ce domaine ; la littérature syriaque ne sera plus une province de la littérature catholique.
Deux grands noms sont à retenir parmi ceux qui au iv® siècle furent la gloire de l'Église syrienne : celui d'Aphraates et celui de saint Ephrem.