‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 82 sur 150 · Tout le texte est un commentaire suivi de Jean, un · texte numérisé non relu

Tout le texte est un commentaire suivi de Jean, un

vérité que je me suis fait votre serviteur. Vous êtes mes disciples, et c'est moi qui vous ai choisis avant qu'existât le monde avec ceux qui l'habitent. Et le Père céleste me rend témoignage et affirme que je suis votre Dieu et votre maître. Je veux que vous gardiez mes commandements et que vous imitiez mes actions. Si je vous ai lavé les pieds, si j'ai exigé que vous fussiez à table pendant que moi je vous servais, ne faut-il pas, à plus forte raison, que chacun de vous lave les pieds à son frère et soit son serviteur ? Je vous ai donné ce souvenir, cet exemple pour vous montrer que le serviteur n'est pas plus grand que son maître, que l'apôtre n'est pas plus grand que celui qui l'a envoyé. Si vous comprenez tout ceci, heureux êtes-vous. Et pourtant ce que je dis là, je ne le dis point de vous tous, je sais qui j'ai choisi. Mais il faut que s'accomphsse l'Ecriture : « Voici que le traître mange à ma table. » Je vous le dis avant que cela n'arrive, afin qu'en voyant s'accomplir mes paroles vous croyiez à ce que je suis. »

Quand donc furent accomplies les Écritures, suivant lesquelles Jésus devait prendre la forme de l'esclave, quand il se fut fait le serviteur des apôtres et se fut abaissé au point de leur laver et de leur essuyer les pieds, quand il les eut bien persuadés qu'ils devaient apprendre pour eux-mêmes et enseigner aux autres l'humilité, alors Jésus conclut une autre alliance qui devait abolir la pâque ancienne, il institue la Pâque nouvelle pour tous les peuples jusqu'à la vie éternelle.

Jésus ^ prit entre ses mains du pain (c'est d'abord du pain ordinaire), il le bénit et le sanctifie au nom du Père et au nom du Saint-Esprit, il le rompt et le distribue par morceaux à ses disciples dans sa miséricordieuse bonté.

2. Paraphrase des récits dç l'institution de l'Eucharistie : Matthieu, XXVI, 26-29 ; Marc, xiv, 22-25 ; Luc, xxii, 17-20 ; I Corinthiens, xi, 23-26.

Ce pain il l'appelle son corps \àvant, et il le remplit de lui-même et du Saint-Esprit. Puis étendant la main il leur donna le pain que sa droite avait sanctifié : « Prenez, dit-il, mangez tous de ce qu'a sanctifié ma parole. Ce que je vous donne maintenant, ne croyez pas que c'est du pain, prenez, mangez, n'en broyez pas les miettes ; ce que j'ai appelé mon corps, l'est véritablement. La moindre parcelle peut sanctifier des millions d'hommes et elle suffît pour donner la \ie à tous ceux qui en mangent. Prenez, mangez sans aucune hésitation dans la foi, car c'est mon corps, et celui qui le mange avec foi reçoit avec lui le feu et l'Esprit-Saint. Si quelqu'un au contraire le mange avec des doutes, pour lui ce n'est plus que du pain; mais celui qui, plein de foi, mange ce pain béni en mon nom, celui-là s'il est pur se conservera pur, s'il est pécheur il sera pardonné. Quant à celui qui le méprise, le blasphème ou l'outrage, c'est vraiment, qu'il le sache, le Fils de Dieu qu'il outrage, ce Fils de Dieu qui a appelé le pain son corps et qui vraiment l'a changé en son corps. Prenez donc tous, mangez-en tous, et mangez-en lui l'Esprit-Saint, car c'est vraiment mon corps. Qui le mange, \â\Ta éternellement, car c'est le pain céleste qui est descendu du ciel sur la terre. La manne que les Israélites mangèrent dans le désert, la manne qu'ils méprisèrent, bien qu'elle leur tombât du ciel, n'était que la figure de ce pain spirituel que vous venez de recevoir. Prenez et mangez-en tous, sous le pain vous mangez mon corps, source de vie et de pardon, je suis le pain de vie. »

Hymne à la Vierge Marie.

La Vierge m'invite à chanter le mystère, que je contemple avec admiration. Fils de Dieu, donne-moi ton admirable don, fais que j'accorde ma lyre, et que je peigne l'image toute belle de ta mère bien-aimée.

La Vierge Marie met au monde son fils dans la virginité, elle allaite celui qui nourrit les nations, en son chaste giron elle soutient celui qui soutient Tunivers. Elle est vierge, elle est mère, que n'est-elle pas ?

Sainte de corps, toute belle d'âme, pure d'esprit, sincère d'intelligence, parfaite de sentiment, chaste, fidèle, pure de cœur, éprouvée, elle est remplie de toutes les vertus.

Qu'en Marie se réjouisse toute la race des vierges, car une d'entre elles a enfanté le héros qui soutient toute la création, celui qui a délivré le genre humain gémissant dans la servitude.

Qu'en Marie se réjouissse le vieil Adam, blessé par le serpent. Marie donne à Adam une descendance, qui lui permet d'écraser le serpent maudit, et le guérit de sa blessure mortelle.

Que les prêtres se réjouissent en la vierge bénie. Elle a mis au monde le grand prêtre qui s'est fait lui-même victime. Il a mis fin aux sacrifices anciens, s'étant fait la victime qui apaise le Père.

Qu'en Marie se réjouisse toute la suite des prophètes. En elle se sont accomplies leurs visions, se sont réalisées leurs prophéties se sont confirmés leurs oracles.

Qu'en Marie se réjouisse toute la suite des patriarches. De même qu'elle a reçu la bénédiction qui leur fut promise, de même en son fils elle les a rendus parfaits. Par lui en effet voyants, justes et prêtres, se sont trouvés purifiés.

Au lieu du fruit amer cueilli par Eve à l'arbre fatal, Marie a donné aux hommes un fruit plein de douceur. Et voici que le monde entier se délecte du fruit de Marie.

L'arbre de vie caché au milieu du Paradis, a grandi dans Marie. Sorti d'elle il a étendu son ombre sur l'univers, il a répandu ses fruits sur les plus lointains des peuples comme sur les plus rapprochés.

Marie a tissé un vêtement de gloire et l'a donné à notre premier père. Il avait caché sa nudité dans les arbres, il est orné maintenant de pudeur, de vertu, de beauté. Celui que son épouse avait jeté par terre, sa fille l'a relevé, soutenu par elle il se dresse comme un héros.

Eve et le serpent avaient creusé un piège, Adam y était tombé ; Marie et son royal enfant se sont penchés sur lui et l'ont retiré de l'abîme.

La vigne virginale a donné une grappe, dont le jus suave rend la joie aux affligés. Eve et Adam dans leur angoisse ont goûté au breuvage de vie, ils y ont trouvé toute consolation.

Si l'on excepte Hilaire de Poitiers, les écrivains de rOccident latin ont été mêlés beaucoup moins vivement que les Pères Grecs à la controverse arienne. Sans doute ils n'y sont point restés étrangers, mais il s'en faut que la lutte autour du consubstantiel nicéen soit l'inspiratrice de toute leur activité. Des sujets plus directement pratiques ont sollicité leur attention. Il faut défendre l'Eglise contre des schismes nombreux et puissants, créés par les dernières persécutions ; instruire dans les mœurs chrétiennes la foule des néophytes qui depuis le milieu du iv^ siècle se précipite vers les baptistères de l'EgUse ; répondre aux railleries et aux sarcasmes des attardés du paganisme ; donner de l'Écriture Sainte une explication à la fois scientifique et pratique. Il faut surtout établir victorieusement contre les tenants du naturalisme pélagien, le caractère surnaturel de la vocation chrétienne, l'indispensable nécessité de la grâce divine, élucider la difficile question des rapports entre Dieu et l'homme, entre la volonté Hbre de la créature et la toute-puissance du Créateur. Que de sujets de méditation ! Ambroise, Augustin, Jérôme s'y appliqueront tour à tour. Ambroise avec son caractère pratique d'ancien magistrat romain ; Jérôme avec la science critique qu'il a demandée aux traditions de l'Orient; Augustin enfin avec toute la maîtrise de son génie à la fois pratique et spéculatif. En ces trois grands noms s'incarne toute l'activité littéraire du iv^ siècle finissant. Ils égalent, ils échpsent peutêtre, ce que l'Orient a produit de plus remarquable. Et autour d'eux quelle pléiade d'écrivains de second ordre ! Il semble que la vieille Rome, avant de succomber définitivement sous les coups des Barbares, veuille donner une dornièro prouve do ?on admirable fécondité.

Au mois de novembre 374, la ville de Milan était en pleine fermentation. Il s'agissait de donner un successeur à l'évêque Auxence, récemment décédé. Partisan déclaré de l'Arianisme, Auxence ne s'était maintenu que par la volonté impériale : les catholiques voulaient prendre leur revanche d'une longue oppression, les ariens entendaient bien conserver à leur secte la grande ville du Nord de l'Italie. La discussion menaçait de dégénérer en lutte sanglante. Le gouverneur de la province, Ambroise, crut devoir se rendre à l'église cathédrale pour apaiser le tumrulte. Tout à coup un cri d'enfant se fit entendre: « Ambroise, évêque»! Les deux partis le répétèrent dans une commune acclamation, et voilà comme Ambroise, malgré ses protestations, fut élu évêque de Milan. Il n'était encore que catéchumène ; le 30 novembre il fut baptisé, huit jours après, le 7 décembre il était ordonné évêque.

Évêque il le fut dans toute la force du terme ; préoccupé d'extirper de l'Occident les derniers restes de l'Arianisme, il est l'âme du Concile d'Aquilée, qui forme en 381 le pendant pour l'Occident du Concile de Constantinople ; soucieux d'assurer à l'orthodoxie renaissante la bienveillance du pouvoir, il est mêlé à maintes reprises aux grandes affaires politiques ; mais avant tout il est évêque. S'instruire soi-même pour instruire ensuite le peuple qui lui est confié, telle est la tâche à laquelle il s'applique dès le premier instant et qu'il ne quittera qu'à sa mort. Le 4 avril 397, veille de Pâques, le grand évêque de Milan rendait le dernier soupir. «Dix ans auparavant dans la même solennité pascale, il avait versé l'eau sainte sur le front d'Augustin. Au moment où il mourait, son néophyte était déjà évêque d'Hippone ; une lumière succédait à l'autre. » ^Mgr Du chef ne.)

Comment dans une vie si remplie, Ambroise a-t-il trouvé le moyen d'être un écrivain fécond, c'est ce qu'il serait difiîcile de comprendre, si l'on ne remarquait que ses ouvrages ne sont autre chose que les témoignages et les vestiges de son activité épiscopale. Infatigable prédicateur, l'évêque de Milan avait expliqué à son peuple en des homélies pleines de grâce

et de mouvement les divers livres de la Sainte Écriture. La substance de ces prédications est passée dans les volumineux commentaires qui embrassent presque tout l'Ancien Testament et une partie du Nouveau. Qu'on n'y cherche point la science critique d'un saint Jérôme, ni les envolées philosophiques d'un saint Augustin! Mais l'on y trouvera l'Écriture Sainte appliquée à l'éducation de la vie chrétienne avec une bonne grâce et un charme qui ont été rarement égalés. Pratiques encore les traités de morale qu'a composés le grand évêque à l'usage des diverses portions de son troupeau : traité sur les devoirs des ministres de Dieu, imité du De offidis de Cicéron, nombreux traités sur la formation chrétienne des vierges ou des veuves consacrées au Seigneur. Pratique enfin le traité des mystères qui explique aux néophytes les divers sacrements de l'initiation chrétienne. Plus élevés d'inspirations, mais aussi moins originaux sont les écrits proprement dogmatiques de saint Ambroise. C'est à Basile de Césarée que l' évêque de Milan a emprunté la substance des arguments qu'il y développe pour réfuter l'arianisme ou démontrer la divinité de l'Esprit Saint. Qu'on joigne à tout cela les nombreux discours prononcés par Ambroise en des circonstances solennelles, les restes d'une correspondance qui fut extrêmement active, et l'on aura quelque idée de l'activité littéraire du grand évêque. Le tableau néanmoins en serait incomplet si l'on n'ajoutait que saint Ambroise fut le père du chant ecclésiastique en Occident et que plusieurs des hymnes qu'il a composées se chantent encore aujourd'hui dans l'office liturgique.

Les Préceptes et les Conseils. (De officiis, i, 11.)

Tout devoir est ordinaire, ou parfait ; c'est ce que nous pouvons également prouver par l'autorité des Écritures. Nous lisons dans l'Évangile ^ ces paroles du Seigneur : ((. Si tu ceux obtenir la vie éternelle , garde les commandements. — Lesquels ? » demanda le jeune homme. — Jésus lui répondit : « Tu ne tueras point, tu ne commet-

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