Matthieu, xix
iras point Vadultère, tu ne voleras point, tu ne diras point de faux témoignage , honore ton père et ta rnêre, et aime ton prochain comme toi-même. » Voilà les devoirs ordinaires, auxquels il manque quelque chose encore. Car le jeune homme repartit : « Tous ces commandements, je les ai observés depuis ma jeunesse,'' que manque-t-il encore? » Jé.sus lui répondit : «^St tu veux être parfait^ va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres , et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi. » Plus haut nous lisons encore dans l'Évangile^ des conseils analogues ; le Seigneur nous invite à aimer nos ennemis, à prier pour ceux qui nous calomnient et nous persécutent, à bénir ceux qui nous maudissent. Voilà ce que nous devons faire, si nous voulons être parfaits, comme notre Père qui est dans le ciel. Celui-ci commande au soleil de verser ses rayons sur les bons comme sur les méchants ; il fait tomber sans distinction sur les champs de tous la pluie et la rosée. C'est donc là le devoir parfait, que les Grecs appellent catorthoma^ et par où est rectifié tout ce qui a pu avoir quelque défaillance.
Et la miséricorde aussi est bonne ; c'est elle qui nous rend parfaits, parce qu'elle imite le Père, qui est parfait. Il n'est rien qui recommande autant l'âme chrétienne que la miséricorde. Et d'abord la miséricorde envers les pauvres ; elle nous fait regarder comme des biens communs les productions de la nature, que la terre engendre pour l'usage de tous. Elle nous fait donner largement au pauvre, ce que nous possédons, aider celui qui est notre semblable, notre frère. Tu lui donnes une pièce, et il reçoit la vie ; tu lui accordes un secours, et il y trouve sa subsistance. Ton denier, c'est son impôt.
Mais en revanche il te donne plus que tu ne lui as donné, et tu reçois de lui une créance de salut. Tu as