L'Ecclésiastique
250 LES OCClDEî^TAUX
Dans ces conditions, je te prie, lecteur de ne point considérer mon travail comme un blâme à Tadresse des anciens. Pour la construction du tabernacle de Dieu, chacun apporte ce qu'il peut : les uns, de l'or, de l'argent, des pierres précieuses ; les autres, du Ijn fin, de la pourpre, des tissus de prix ; pour nous, nous serons bien contents de pouvoir offrir les peaux de chèvres qui le couvrent. D'ailleurs l'Apôtre ne juge-t-il pas que ce doi^ moins honorable est cependant le plus nécessaire. Toutes ces richesses du tabernacle, qui figuraient et l'ÉgHse présente et l'Église future, sont mises à l'abri sous les peaux de chèvres et les tissus grossiers ; et ces viles couvertures les défendent contre l'ardeur du soleil et les injures de la pluie. Lis donc d'abord mon livre de Samuel et mon livre des Rois ^ ; le mien, dis-je, le mien. Car ce que l'on a traduit avec patience, corrigé avec tant de soin, cela est bien nôtre. Et quand tu découvriras dans ces livres ce qu'autrefois tu n'y lisais pas, si tu es reconnaissant, remercie le traducteur, si tu es ingrat accuse-le de paraphrase, bien que je sois tout à fait conscient de n'avoir absolument rien changé à la vérité du texte hébreu. Et si tu ne le crois point, lis les manuscrits grecs et latins, compare-les au présent texte, et puis, partout où tu percevras une divergence, interroge le premier juif venu, puisque tu as plus confiance en lui qu'en moi. Et s'il traduit comme moi je pense bien que tu ne vas pas dire qu'il a deviné ; il serait bien extraordinaire que sur le même point nous devinions de la même manière. Quant à vous, servantes du Christ, Paule et Eustochium, vous qui répandez sur la tête du Christ à table le parfum très pur de la foi, vous qui ne cherchez pas le Sauveur au Sépulcre, puisque pour vous il est monté vers son Père, je vous démande d'opposer le boucher de vos oraisons
i. Ce prologue a été rédigé comme préface aux livres do Samuel et des Rois.
Étui chien» àboyeurs, qui la bouche pleine de bave, é'excitent contre moi, parcourent la cité en tous sens, et se croient savants s'ils peuvent calomnier les autres. Pour moi qui connais ma misère, je me souviendrai toujours de cette parole du Psaume : « 7'ai dit : Je veillerai sur mes voies, de peur de pécher par ma langue. Je mettrai un frein à ma bouche, tant que le pécheur sera devant moi. Je me suis tu et me suis humilié, et fai gardé le silence. «^