Esther, v
il se trouvait alors. Et copendant Dieu changea tout à coup les dispositions du cœur du prince, et fit tourner sa colère et son indignation en douceur et en clémence. Qui ne voit qu'il faut être bien plus puissant pour faire tourner la colère et l'indignation en douceur et en clémence, que pour changer les dispositions d'un cœur qui n'est possédé d'aucune passion et qui n'est pas plus porté vers l'une que vers l'autre ? Que les adversaires de la grâce hsent donc et comprennent les saintes Écritures. Qu'ils reconnaissent et avouent que ce n'est point par la loi et les instructions qui sonnent à l'oreille, mais par une puissance intérieure et secrète, merveilleuse et ineffable que Dieu opère dans le cœur des hommes, non seulement la connaissance de la vérité, mais encore la bonne volonté.
Que Pelage cesse donc de se tromper lui-même et de tromper les autres en disputant contre la grâce. La grâce qu'il faut reconnaître n^est pas celle qui est nécessaire seulement pour acquérir la possibilité de vouloir et de faire le bien, mais une grâce qui produit en nous la bonne volonté et la force de l'accomplir... Comment peut-on dire que le pouvoir de faire le bien vient de Dieu, mais que faire le bien vient uniquement de nous, tandis que l'Apôtre dit aux Corinthiens à qui il écrivait : qu'il prie Dieu pour eux, afin qu'ils ne fassent aucun mal^ mais qu'ils fassent le bien ? ^ Il ne dit pas, en effet, nous prions Dieu pour que vous puissiez ne faire aucun mal, mais pour que vous ne fassiez aucun mal. Il ne dit pas non plus : nous prions Dieu pour que vous puissiez faire le bien, mais pour que vous fassiez le bien. Puisque l'Apôtre dit : Tous ceux qui sont mus par Vesprit de Dieu sont enfants de Dieu, ^ il est certain que pour faire le bien ili doivent y être portés par celui qui est le bien par excellence. — Comment Pelage peut-il dire que lé pouvoir