‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 97 sur 150 · II Corinthiens, xiii, 7. — 2. Romains, viii · texte numérisé non relu

II Corinthiens, xiii, 7. — 2. Romains, viii

de parler saintement vient de Dieu, mais que parler saintement vient de nous, lorsque le Seigneur lui-même dit: Cest V Esprit de cotre Père céleste qui parle en vous? * Jésus ne dit pas en effet : ce n'est pas vous qui vous êtes donné le pouvoir de bien parler ; il dit : ce n'est pas vous qui parlez. Il ne dit pas non plus : c'est l'Esprit de votre Père céleste qui vous donne ou qui vous a donné le pouvoir de bien parler, mais c'est l'Esprit de votre Père céleste qui parle en vous. Le Seigneur ne veut point faire entendre par ces paroles d'où part et d'où vient le pouvoir, mais d'où vient la grâce qui coopère à l'efRcacité du pouvoir. Comment donc ce superbe défenseur du libre arbitre ose-t-il dire : que le pouvoir de bien penser vient de Dieu, mais que bien penser vient de nous ? L'humble prédicateur de la grâce lui répond ; Novui ne sommes point capables de penser de nous-mêmes quelque chose, comme de nous-mêmes, mais cette capacité vient de Dieu. * Saint Paul en effet ne parle pas ici du pouvoir de penser, mais de l'acte même de penser.

Que Pelage reconnaisse donc ouvertement cette grâce divine enseignée si clairement dans les saintes Écritures. Qu'une fausse honte ne l'empêche pas d'avouer son erreur, si longtemps prolongée, à ce sujet ; mais qu'un salutaire repentir lui arrache cet aveu, afin que son orgueilleuse obstination ne soit plus un sujet de trouble, mais que son retour à la vérité soit un sujet de joie pour la sainte Église. Qu'il sache bien la différence qu'il faut faire entre la science et la charité. La science enfle, dit l'apôtre, mais la charité édifie. ^ Et quand la charité édifie, la science n'enfle plus, et comme elles sont toutes deux un don de Dieu, l'un moins grand, il est vrai, l'autre plus précieux, Pelage ne doit donc pas élever notre propre justice au-dessus de la gloire de celui qui nous

1. Matthieu, x, 20, — 2. ÎI Corinthiens, in 5. — 8. I Coriii*

justifie, de manière à attribuer le m<>ins grand de ces dons au secours qui nous vient de Dieu, et !e plus précieux au libre arbitre de Thoinme. Et s'il reconnaît avec nous que c'est à la grâce de Dieu que nous sommes redevables de la charité, qu'il ne pense pas que nous recevons cette grâce en vertu de nos mérites précédents. Quels mérites en effet pouvions-nous avoir lorsque nous n'aimions pas Dieu ? Car pour recevoir cette charité qui nous fît aimer Dieu, il a fallu que Dieu nous aimât avant que nous eussions aucun amour pour lui. C'est ce que l'Apôtre saint Jean déclare ouvertement lorsqu'il dit : Ce n*est pas que nous ayons aimé Dieu^ mais c'est lui qui nous a aimés. Et dans un autre endroit : Aimons donc Dieu, puisqu'il nous a aimés le premier. ^ Ces paroles sont aussi justes que vraies. D'où recevrons-nous, en effet, l'amour que nous devons avoir pour Dieu, sinon de Dieu même, puisque c'est lui qui nous a aimés le premier ? Mais quel bien pourrions-nous faire si nous ne l'aimions pas véritablement, et si nous l'aimions nous serait-il possible de ne pas faire le bien ? Quoique la soumission aux commandements du Seigneur soit quelquefois l'effet de la crainte et non de l'amour, cepen dant, là où il n'y a pas d'amour, on ne peut s'attribuer aucune bonne œu^Te ; et aucune œuvre, à proprement parler, ne peut être appelée bonne parce que tout ce qui ne vient pas de la foi est péché, et que la foi opère par l'amour. C'est pourquoi celui qui veut véritablement confesser la grâce de Dieu par laquelle la charité est répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné, doit reconnaître que sans elle on ne peut rien faire de bien, qui appartienne à la piété et à la vraie justice. Pelage, en disant que la grâce n'est donnée à Phomme que pour lui rendre plus facile l'accomplissement des commandements de Dieu, fait assez voir ce

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