Ibid., n. 8-i3. p
Tout cela est sans aucune valeur. Je reconnais que le Clirist n'a pas pris sur lui formellement la peine pour laquelle il a satisfait; sinon, il aurait dû endurer la peine du dam et le châtiment du feu éternel. Il a donc pris seulement les peines de cette vie, par lesquelles il a satisfait pour celles de l'au-delà. Car la satisfaction ne doit pas être cherchée dans l'identité, mais dans la proportion de la peine ; et son prix ne se mesure pas seulement d'après la qualité ou la quantité de la souffrance, mais surtout d'après la dignité de la personne et la perfection de sa charité ^
11 faudrait ajouter encore tout ce que nos théologiens ont dit pour réfuter les autres postulats ou conséquences de la Rédemption protestante : savoir, la corruption totale de la nature, la nécessité rigoureuse d'une satisfaction adéquate, la suppression des œuvres et satisfactions personnelles. Mais, à s'en tenir au point essentiel qui nous intéresse surtout ici, on voit que la théologie catholique, bien loin de partager les errements du protestantisme, les a, dès le premier jour, désavoués et combattus. 11 serait superflu d'insister davantage, puisque désormais l'accord est unanime là-dessus; mais pourquoi ne pas dire qu'on éprouve quelque satisfaction à relire chez nos auteurs ces pages vigoureuses et clairvoyantes, dont les théologiens de la Réforme ont mis deux siècles à retrouver l'accent?