‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 107 sur 183 · DORNER, op. cit.. p · texte numérisé non relu

DORNER, op. cit.. p

u Ce fut surtout, continue Réville, contre la Trinité athanasienne et le dogme de la satisfaction que les socinicns dirigèrent un feu roulant d'objections qui devait finalement faire déloger la garnison qui occupait les deux vieilles citadelles ^ »

Pour ne parler que de ce qui concerne la Rédemption, les sociniens ont constitué contre le dogme traditionnel, tel qu'il était représenté parle protestantisme orthodoxe, un arsenal formidalDle d'arguments ; ils ont, les premiers, organisé d'une manière consistante le système rationaliste qui n'attribue à la mort du Christ que l'efficacité toute subjective d'un exemple. A cet égard, leur influence domine toute l'évolution moderne de la pensée religieuse au sein de la Réforme. L/importance historique de cette école, plus encore que sa valeur propre, lui mérite un examen approfondi.

Socin est revenu à plusieurs reprises sur la question de la Rédemption, et ceci est une preuve de l'importance qu'il attachait à cette doctrine ; mais trois de ses traités méritent une mention spéciale. J^es Praelectiones theologicaOy qui contiennent sous une forme sereine et substantielle l'enseignement du maître, se terminent précisément sur le problème de la Rédemption, qui en occupe les quinze derniers chapitres, c'est-à-dire plus de la moitié de l'ouvrage. Comme sa conception du salut trouva des adversaires, Socin fut amené à prendre la plume pour l'expliquer et la défendre : d'où son vaste traité « De lesu Christo Ser^atore^ hoc est cur et qua ratione

\. A. Rkville, o;>. cit., p. 8S.

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/rsus C/uishis /lostrr scfx'dtor .siC », <'ii réponse ;iu ministn' franrais Ja((|ii('s (iovcît, dont il rapixnU; et réluU^ les ilivcrses ohjeclions. lùiiiii l'a\Ueur se résume lui-mèmr dans sa ( liristiamn' rcli^ittnis bre^ çisssiina instiiutio, (pii iTesl autre ciinsr (|u un catéchisinc* par demandes el r<'pons(;s \

(lli.M|ue fois, et (juelle (|u<' soit la forme» ou Tocxasion de ses traites, il est remar(jual)le (jue Sociii s'attarde dans la eontroverse beaucoup plus (pn* dans l'exposition d(><j;'mati(pje. il se plaît à attatpier le doi^me orthodoxe dans son concept et dans ses preuves, il multiplie pour cela les distinctions et les analystes; mais il ne donne jamais ex /fro/bsso la synthèse de son j)ropr(» système, bien que les (démenls s'en retrouvent épars à travers toute la discussion. Sans doute ce furent les circonstances qui imposèrent à Socin cette attitude principah^ment négative et polémique ; mais il n'est pas douteux que sa pensée n'y perde en force et en ampleur. Néanmoins, de ces multiples retouches se dégagent les grands traits d'une doctrine, aussi ferme et continue dans le fond qu'elle peut sembler, au premier abord, peu cohérente dans la forme.

Très délibérément Socin s'attaque à l'opinion courante ; un chapitre de son catéchisme est intitulé : c( Ecfutntio sententiac vuli^aris de scitisfactione Christi pro pcccdtis /lostris'-. » A cet égard, et pour éclairer dès l'abord le terrain du débat, on aimerait savoir ce qu'il entend par satisfaction. Nulle part on n'en trouve une définition formelle, comme s'il s'agis-

\. Ces divers ouvrages se trouvent dans la Bibliotheca Fralruni Polonorum, Irenopoli (Amsterdam), post annum Domini 16oti : Praelectioues thcologicae, ch. xv à la fin, t. I. \i.oQ'k-i\00\Christianae religionis institutio, ihicl.. p. tRîi-GGS: De Christo servatore, t. U, p. 115-

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