Christ, rel. inst., t. I, p
sait d'une idée suffisamment connue. Défait, Socin, lorsqu'il en parle, a toujours devant l'esprit une notion bien déterminée, et qui n'est autre que la conception protestante. Qu'on en juge par cette déclaration de son catéchisme : « Nul la alia ratione dwinae iustitiae sathfieri pro peccatis potest quant si is qui peccavit poenas det peccatorum suo~ rum ^ . » Ce fait étant remarqué — et l'on verra bientôt qu'il est plein de conséquences — il reste à exposer rapidement les thèses sociniennes.
Dès le début, la question est très clairement posée. Avec tous les chrétiens, Socin admet que le salut consiste dans la justification et que celle-ci nous est obtenue par Jésus-Christ seul; il s'agit de savoir comment.
Utrum in iustificatione nostra per Christum peçcata nostra compensatione seu satisfactione aliqua deleantur, an vero remissione et condonatione? Plerique satisfactione interveniente id fieri arbitrantur : nos vero simplici condonatione 2.
La thèse ainsi posée, Socin en poursuit la démonstration avec une rigoureuse logique. Et d'abord une satisfaction n'était pas nécessaire ; Dieu pouvait nous pardonner sans cela. Car le péché est une offense commise contre Dieu, et l'offensé peut toujours renoncer à ses droits : voudrait-on interdire à Dieu l'exercice d'une miséricorde généreuse qui n'est pas refusée au moindre des hommes? Il est vrai qu'on oppose les exigences de la justice;
1. Ibid. Ailleurs Socin explique qu*ii parle de satisfaction intégrale par l'acquittement complet de la dette, non de cette satislaction incomplète, toujours et partout nécessaire, qui consiste dans le repentir etautres dispositions morales du pécheur. \oiY Praelect. theoL, 17, t. I, p. 566.