‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 113 sur 183 · Prael. theol . , 24, p · texte numérisé non relu

Prael. theol . , 24, p

-2. Prael. theol. , 23, p. 587.

Ce système, comme on Fa vu, comprend deux parties, qu'il faut avoir présentes à l'esprit lorsqu'on veut porter un jugement sur sa valeur. Sans doute la critique y tient la place principale ; mais elle est provoquée par une conception particulière, à qui d'ailleurs elle sert de véhicule et que Socin veut substituer à la doctrine communément reçue. Ces deux parties ont reçu de la critique un accueil diversement favorable.

La théologie proprement socinienne de la Rédemption compte aujourd'hui peu d'admirateurs : orthodoxes et libéraux s'accordent à la trouver faible. Au nom de la foi traditionnelle, E. de Pressensé écrivait il y a près d'un demi- siècle :

Lesocinianisme... bat en brèche le dogme de l'expiation avec une singulière habileté de dialectique, mais sans réussir à déguiser tout ce que sa conception religieuse et morale a de superficiel; car il méconnaît, en définitive, les besoins profonds de la conscience auxquels la théorie juridique essayait de donner satisfaction... Habile pour renverser, le socinianisme était incapable de reconstruire ' .

Un théologien récent de Torthodoxie reproduit presque à la lettre le même jugement : « La partie positive de leur système est des plus maigres... Hal)ilcs à démolir, ils le sont moins à reconstruire et à rendre compte des faits religieux^ . » Même note chez les théologiens libéraux. Sans doute

I. E. DE Pressensk, Essai sur le dorjtne de la Rédemption, Paris, i8(J7, p. 31 el3-2.

i. .T. UovoN, Do(/aiali(jiie chrrlienne, Lausanne, 1896, t. II, p. U-'S,

I i: HATIONALISMI.; SOCINIKN. 413

Kéviih* lie s.ivail rrpitMluT à la goU'rioloj^io so(!inioniic que son (Irlaiit dr roliésioii : « A cAté du iiHTih' iFH'ontcsIahIr (jur lui vaut sa leudaiuMî toujours «'tlii(|iH' et rali(unn'lle, le syslcuie sociïiien de la Ue(l< inption manque duii centre qui en fasse un tout oPLCiiïiin^ï*' '• » Niais SahaticT n^couiuiît le? délicit (lu fond lui-Uièiue : <( Sociii, dit-il, est moins heureux dans la reeonslruction d'une doctrine nouvelle ([ue dans la criti(|ue de Tancicnne*^ . »

Une seule considération sullit au croyant pour le fixer sur la valeur de cette doctrine : c'est qu'elle est radicalement contraire à la loi traditionnelle. Car il ne s'agit pas ici d'une simi)le explication théolog'ique — sur cette matière les divergences sont permises et toute innovation n'est pas, à la ri^^ueur, téméraire — mais.au premi(Tchef, d'une vérité rév<''lée, que le rationalisme socinien sape par la base.

Non pas que Socin prétende s'écarter de la révélation biblique; au contraire, devant Jacques Covet il vante sa connaissance des Écritures et sa tidélité à suivre leur enseignement.

Sache bien que tous les témoignages que tu as accumulés et bien d'autres encore, je les ai vus depuis longtemps et examinés avec attention. Bien loin que j'aie oublié tout cela, il n'est rien dans les livres, soit de l'Ancien soit du Nouveau Testament, qui ne soit cru vrai par moi et reçu avec un souverain respect 3.

Défait, soit pour critiquer ses adversaires, soit pour exposer ses propres vues, il tient à s'appuyer sur la Bible : sa théologie n'est le plus souvent qu'une

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