A. Sarvtier, op. cit.. p
3. De Christo servatore, u, ri: t. U, p. 151. On Yoit cependant partout que Socin subordonne le témoignai^e de l'Ecriture aux postulats de son système: voir spécialement l'aveu qu'il en fait dans De Christo servatore, m, 0, p. ;20i.
exégèse et, pour la rendre plus exacte, il unit la science du philologue à la doctrine du théologien. Cependant, malgré cette incontestable fréquentation du texte inspiré, rarement une pensée chrétienne fut moins biblique que la sienne.
L'argumentation scripturaire des sociniens fut, sur ce point comme sur les autres, pleine de liardiesse, souvent pleine de vérité, mais entachée d'arbitraire. Le socinianisme ne sut pas concilier son principe rationnel et sa foi biblique, et il tordit plus d'une fois la lettre sacrée, sous prétexte de la rendre conforme à la raison socinienne K
Il lui arrive quelquefois de rétablir le sens littéral faussé par le mysticisme de l'exégèse orthodoxe ; mais, beaucoup plus souvent, il fait violence au texte pour le plier à ses idées préconçues. Sans entrer dans une discussion de détail qui nous entraînerait trop loin, il est certain que, si les mots de rançon et autres semblables doivent être pris dans un sens métaphorique, si la formule « mort pour nos péchés » ne comporte pas nécessairement la substitution, la Bible ne reconnaît pas moins une valeur objective à la mort du Sauveur pour la réparation de nos péchés. Le chapitre lui d'Isaïe, les brèves affirmations de l'Evangile, les déclarations plus abondantes de saint Paul et des autres apôtres ont, à cet égard, une plénitude de signification que Socin n'a pas aperçue, et dans laquelle, comme du reste en conviennent tous les critiques impartiaux, la foi traditionnelle en la Rédemption trouve à bon droit son point d'appui.
De même, le rationalisme socinien se heurte à la tradition séculahv de TEglise, dont nous avons esquissé ailleurs le développement. Abélard est le seul